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Tome sixième.
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„ difolt-il à son ami, sont íì animas contre„ moi à cause des inriocens principes de„ physique qu’ils ont vus, & tellement,, en colere de ce qu’ils n’y trouvent aucun,> prétexte pour me calomnier, que si je„ traitois après cela de la morale , ils nen me laiílcroient aucun repos ; car, puis-,1 qu’un pere jésuite a cru avoir aííèz dew sujet pour m’accuser d’être sceptique,»> de ce que j’ai réfuté les sceptiques; &» qu’un ministre a entrepris de persuader„ que j’étois athée , fans en alléguer d’au-„ tres raisons, sinon que j’ai tâché deprouver l’existence de Dieu : que ne di-n roient-ils point, si j'entreprenois d’exa-„ miner quelle est la j u île valeur de toutesy> les choses qu’on peut desirer ou crain-t) dre, quel fera l’état de l’ame après la»> mort, jufqu’où nous devons aimer lax> vie, & quels nous devons être pour n’a-,, voir aucun sujet d’en craindre la perte !» J’aurois beau. n’avoir que les opinions» les plus conformes à la religion , & les,, plus utiles au bien de l’état, ils ne laif-55 laroient pas de me vouloir faire croirej> que j’en aurois de contraires à l’un &,5 à l’autre. Ainsi je pense que le mieux„ que je puisse faire dorénavant, sera de„ m’abstenir de faire des livres, fie ayant,5 pris pour ma devise, illi mors gravis„ incubât , qui notus nimis omnibus ,,5 ignoms morimrfibi , de n’etudier plusque pour m’instruire, & ne eommuni-,5 quer mes pensées qu’à ceux avec qui jeì) pourrai converser en particulier, »

On volt par-là qu’il n’étudioit la moraleque pour íâ conduite particulière ; & c’ellpeut-être aux eîets de cette étude qu’onpourroit rapporter les désirs qu’on trouvedans la plupart de ses lettres, de consacrertoute fa vie à la science de bien vivre avecDieu & avec son prochain, en renonçanta toute autre connoiflance ; au moins avoit-il appris dans cette étude à considérer lesécrits des anciens païens comme des palaissuperbes , qui ne font bâtis que fur dufable. II remarqua dès-lors, que ces an-ciens dans leur morale, élèvent fort hautles vertus, & les font paroître estimables-an—deíïùì de tout ce qu’il y a dans le mon-de ; mais qu’ils n’enseignent pas assez à les-connaître, & que ce qu’ils appellent d’ua

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si beau nom, n’elt souvent qu’insensibi-lité, orgueil, & désespoir. Ce sut aussi àcette étude qu’il fut redevable des quatremaximes que nous avons rapportées dansl’analyí’e que nous avons donnée de fa mé-thode , & fur ldquelles il voulut régler faconduite : il n’écoit esclave d’aucune despassions qui rendent les hommes vicieux.II étoit parfaitement guéri de l’inclinationqu’on lui avoir autrefois inspirée pour lejeu, & de l’indissérence pour la perte deson tems. Quant à ce qui regarde la reli-gion , il conserva toujours ce fonds de piétéque ses maîtres lui avoient inspirée à laFléché. II avoir compris de bonne heureque tout ce qui est l’objec de la foi, nesauroit serre de b raison : il disoit qu’ilseroit tranquille, tant qu’il auroit RomeÙ lz Sorbonne de son cêté.

L’irrésolution où il sut assez long-temstouchant les vues générales de son état, netomboir point sur ses actions particulières ;il vivoit & agiíïòit indépendamment del'incertitude qu’il trouvoit dans les juge-mens qu’il faisoit sur les sciences. 11 s’étoitfait une morale simple, íelon les maximesde laquelle il prétendoit embrasser les opi-nions les plus modérées, le plus communé-ment reçues dans la pratique, se faisanttoujours assez de justice pour ne pas pré-férer ses opinions particulières à celles despersonnes qu’il jugeoit plus sages que lui.II apportait deux raisons qui i’obligeoientà ne choisir que les plus modérées d’enrreplusieurs opinions également reçues. « La» premiere , que ce font t.oujours les plus5i commodes pour la pratique , & vrai-55 semblablement les meilleures, toutes les» extrémités dans les actions morales étant5i ordinairement vicieuses ; la seconde, quÇ55 ce seroit se détourner moins du vrain chemin , au cas qu’il vînt à s’égarer ; &» qu’ainfi, il ne seroit jamais obligé de>i passer d’une extrémité à l’autre ,i. D(A-fur la. me'ch. 11 parodiait, dans toutes lesoccasions, si jaloux de fa liberté, qu’il nepouvoit dissimuler l’elóignement qu’il avoitpour tous les engagemens qui font ^capa-bles de nous priver de notre indifférencedans nos actions. Ce n’est pas qu’il préten-dît trouver à redire aux loíx qm , pourremédier à l’inconítance des esprits foib es »

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