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s’appellent auges à rompre\ Avant quede jeter les matières fermentées dans lesauges, on rejette les grosses ordures quis’y trouvent. Quand les matières sont ti-rées , on les laisse tomber dans les augesà rompre ; on lâche des robinets, & onlaisse bien imbiber d’eau les matières, en-suite on les réunit, puis on les rompt,c’est-à-dire qu’on les bat avec des pellesde bois qu’on y plonge perpendiculaire-ment, & qu’on tourne en rond. On con-tinue ce travail jufqu’à ce qu’on s’apper-çoive que les matières sont mises en bouil-lie : alors les ouvriers prennent des seauxqu’ils en remplissent, & qu’ils versent dansle moulin qu’un cheval fait tourner ; ce quiacheve de diviser la matière & de la dis-poser à être employée. La matière resteenviron deux heures au moulin, selon quele cheval marche plus ou moins vîte.
Quand la matière est moulue, elle passedans un nouvel attelier qu’on peut appeî-ler proprement la cartonnerie. L’attelierde la cartonnerie est divisé en deux par-ties ; le lieu de la presse, & celui de lacuve. Le lieu de la cuve est un grand évierentre deux auges,. qui sont élevées à peuprès à fa hauteur ; l’auge de derriere re-çoit la matière au sortir du moulin ' cellede devant où travaille le cartonnier , s’ap-pelle la cuve. Lorsque la cuve est pleinede matière préparée, l’ouvrièr prend uneforme , qui est un treillis de laiton de lagrandeur dont on veut faire le carton. IIapplique fur cette forme un châssis debois qui sombrasse exactement ; il plongedans la cuve la forme garnie de son chaf-fL,qm lui fait.un rebord plus ou moinshaut, à discrétion. La matière couvre le* wr S de laiton, & y est retenue par lechâssis. On pose la forme couverte dematière a la hauteur des bords du chastïs,fur les barres qui traversent 1 ’egouttoir :on appelle ainsi des ais assemblés les unscontre les autres, mais non pas joints tout-a-fait, sor lesquels on met les formes àcarton âpres qu’elles ont été dressées. Quel-quefois ces ais sont troués dc distance endistance. La partie la plus fluide dc la ma-tière s’échappe par les petits trous du rreit-hs, tombe dans 1 égouttoir, & sc rend dans»m tonneau qui est au bout de l’atcelier. LaTome VI.
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partie la plus grossière est arrêtée & se dé-pose fur le treillis de la forme.
Pendant que cette forme égoutte, l’ou-vrier en plonge une autre dans la cuve qu’ilmet ensuite sur l’égouttoir ; puis il reprendla premiere , enleve le châssis & renversela matière déposée fur le treillis, ou plutôtla feuille de carton qui est encore toutemolle, fur un morceau de molleton de falargeur, placé fur le fond du plateau dela presse; il étend un nouveau molletonfur cette feuille, puis il remplit fa formeaprès y avoir remis le châssis, & la metégoutter. Pendant qu’elle égoutte, il re-prend celle qui est égouttée, ôte son châs-sis & la renverse sur le molleton qui cou-vre la premiere souille de carton. II cou-vre cette seconde feuille d’un molleton ,& continue ainsi son travail, vuidant uneforme tandis qu’une autre s’égoutte, &renfermant les feuilles de carton entredeux morceaux de molleton, qui formentfur le plateau de la presse une pile qu’onappelle une prcjj'ée , quand elle contientenviron cent feuilles doubles, ou deuxcents trente feuilles simples, telles quecelles dont il s’agit ici.
L'épaisseur de la feuille de carton dé-pend de l’épaisseur de la matière & de lahauteur du châssis ; la grandeur de la feuilledépend de la grandeur de la forme. Quandle cartonnier a fait fa pressée, il luidonne le coup de presse jusqu’à ce qii’eîlene rende plus d’eau : pour lors elle estenvoyée dans un attelier appelle Ye'plu-choir. Là, des filles s’occupent à tirer lesfeuilles de carton d’entre les molletonsque les ouvriers appellent langes , & à lesvisiter les unes après les autres pour en ar-racher les grosses ordures. Si on les des-tine à former un carton plus épais, il ya des ouvriers qui ne les épluchent point,de peur qu elles ne sechent trop. Quand oaveut avoir des cartons de moulage très-forts,on peut en appliquer trois feuilles Pune furl’autre entre les mêmes langes, & n’enfaire qu’une des trois ; mais cela ne va pasjusqu’à quatre. Quand la nouvelle presséesort de dessous la presse , on Péphiche, onla rapporte fous la preste, & on IV quarrit yc’est-à-dire qu’on enleve les bords des car-tons, pour les rendre plus carres, ce qui