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s’exécute avec une ratiílòire tranchante ;òn les envoie ensuite aux étenJoirs. Lesétendoirsfont de grands greniers ; les plusaérés font les plus propres pour faire sé-cher. La quantité qu’on équarrit à la foiss’appelle une réglée. Quand les feuilles fontíèches, on abat, c’est-à-dire qu’on les re-tire de dessus les perches où elles fontétendues. De ces feuilles ainsi préparées,les unes font vendues aux relieurs qui lesachetent dans cet état brut ; les autres,destinées à d’autres usages, font partagéesen deux portions, dont Tune revient deI’étendoir dans l’attelier des lisseurs, &l’autre est portée dans l’attelier des colleurs.Celles qui paííènt dans l’attelier des listèursy font trava^J|ées à la lissoire. La liíîoiredes carton mers fe meut précisément com-me celle des cartiers, par un gros bâtonappliqué par son extrémité supérieure àune, planche attachée par un bout à unepoutre, & qui fait ressort par l’autre bout.Les feuilles foyt placées les unes fur lesautres en pile, ou fur un bloc, & elles fontapplanies par le cylindre placé fous la lissoi-re , où l’on a pratiqué un canal concave quile reçoit à moitié. Ce cylindre est de ferpoli, & il fe meut fur deux tourillonsreçus dans deux pattes de fer fixées auxdeux bouts de la boîte de la lissoire. Ausortir de la lissoire, on peut les vendre.Celles qui passent dans l’attelier des col-leurs font ou collées les unes avec les au-tres pour former du carton plus épais, oncouvertes de papier blanc auquel elles fer-vent d’ame. Ainsi il y a trois fortes decarton, savoir, du, carton de pur moulage ,du carton de moulage collé, &c du cartoncouvert, auquel le carton du moulage sertd’ame. En collant ensemble plusieurs feuil-les de carton, & pressant, & séchant au-tant de fois qu’on veut doubler les cartons,on parvient à en former qui ont un pouced’épais & par-delà.
La colle qu’on emploie pour les cartonsde moulage qui font composés de plus oumoins de feuilles de gros papier gris, col-lées pour les cartouches d’artifice, fe faitavec de la parure, de la poijsonnure & deía percemure. La percemure est ce que lescorroyeurs enlevent de dessus leurs cuirsdç bœuf; b poiífotwure est b ratissuxe
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des peaux de mouton ; la parure est íaratissure des peaux d’agneau blanchies &passées chez les mégiílìers ; celle-ci estblanche, frisée, légere, douce , & donneune colle très-flnide, qui devient très-durelorsqu’elle est refroidie. Pour la faire bienbonne , on met dans une chaudière decuivre trois seaux de parure, fur cinq seauxd’eau : on ne la laisiè bouillir qu’un quartd’heure, pendant lequel on la remue con-tinuellement avec un trognon de balai debouleau, bien recoupé & ébarbé ; & pen-dant la cuisson, on ajoute deux ou troisseaux d’eau à mesure que la colle diminuede volume par I’évaporation.
Lorfqu’on la fait avec de la farine folle ,qui est celle qui ne peut point servir pourle pain, & que les boulangers & les meu-niers balaient dans leur bluttoir , on mectrois seaux d’eau fur deux seaux de farine, &on la fait à peu près de la mème façon quejapremiere, qui conserve toujours fa blan-cheur; au lieu que celle qui est de farine folledevient fort noire dès. qu’elle est faite.
Celle dont on fe sert pour les cartons depur collage, est laite avec de la farine ,de l’eau & de l’amidon, comme celle de*cartes : on la fait bouillir jusqu’à ce qu’elleait acquis une certaine consistance, & on lapasse par un tamis, afin que la brosse l’é-tende plus facilement fur le papier.
Les cartons de pur collage ne font faitsque de feuilles depapier collées ensemble, icfont composés depuis cinq feuilles jufqu’ávingt, selon la force qu’on veut leur donner,.& Tissage auquel on les destine: ils portent-ordinairement les noms des papiers qui fer-vent à les faire, comme cartons depapier aupot, de dard , de couronne , de raisin , decarte-bulle, de nom de Jésus , d 'impériale,de Robert, de Richard , de çarte-colas , degrande & de petite échelle. V. PAPETIER.
II y a un art de gaussrer le carton , soitpour les écrans, boîtes à poudre ou de toi-lette , porte-feuilles, couvertures de livres,papiers d’éventails, dorés & argentés, &c.,Pour gaussrer le, carton , on. fe sert demoules de bois, de corne ou d’autres ma-tières; on grave fur la planche le desseinen creux; on ajuste cette planche gravéeau milieu d’uneautre qu’on place entre lesrouleaux d’une presse semblable à celle des