Band 
Tome sixième.
Seite
606
JPEG-Download
 

6o'5 ê C R

est aussi ancienne que l’églife. Cependantil n’y a point de loi divine écrite qui dé-fende d’ordonner prêtres des personnesmariées , ni aux prêtres de se marier.Jésus-Christ n’en a fait aucun précepte ;ce que S. Paul dit dans ses épîtres à Timo-thee & a Tire fur la continence des évê-ques & des-diacres, tend seulement à dé-fendre à l’évêqne d’avoir plusieurs femmesen même tems & successivement : oportetepiscopum ejje unius uxoris virum. Lapratique même des premiers siécles de l’é-glise y est formelle : on ne faisoit nulledifficulté d’ordonner prêtres & évêquesdes hommes mariés ; il étoit seulement dé-fendu de se marier après la promotion auxordres , ou de paslèr à d’autres noces ,après la mort d’une premiere femme. II yavoir une exception particulière pour lesveuves. On ne peut nier que l’esprit & levœu de l’é.qlise n’aient été que ses princi-paux ministres vécustènt dans une grandecontinence , & qu’elle a toujours travailléà en établir la loi : cependant l’usage d’or-donner prêtres des personnes mariées, asubsisté & subsiste encore dans l’églilegrecque, & n’a jamais été positivement im-prouvé par Tégliíe latine.

Quelques-uns croient que le troisièmecanon du premier concile de Nicée im-pose aux clercs majeurs, c’est-à-dire , auxévêques, aux prêtres , & aux diacres ,fumigation du célibat. Mais le P. Ale-xandre prouve dans une dissertation parti-culière , que le concile n’a point prétenduinterdire aux clercs le commerce avec lesfemmes qu’ils avoient épousées avant leurordination ; qu’il ne s’agit dans le canonobjecté, que des femmes nommées subintro-ducl.v & agXpetœ , & non des femmes lé-gitimes ; & que ce n’est pas feulement auxclercs majeurs , mais aulsi aux clercs infé-rieurs , que le concile interdit la cohabi-tation avec les agape te s : d’où ce savantthéologien conclut que c’est le concubi-nage qu’il leur défend , & non l’usage dumariage légitimement contracté avant l’or-dination. II tire même avantage de l’his-toire de Paphnuce, si connue , & qued’autres auteurs ne paroiílènt avoir réjete'ecomme une fable , que parce qu’elle n’estaucunement favorableau célibat du clergé.

G E L

Le concile de Nicée n’a donc, selontoute apparence, parlé que des mariagescontractes depuis l’ordination, & du con-cubinage : mais le neuvième canon du con-cile d’Ancyre permet expressément à ceuxqu’on ordonnoit diacres, & qui ne setoientpas mariés, de contracter mariage dans lafuite, pourvu qu’ils enflent protesté dansle tems dc l’ordination, contra l’obliga-tion du célibat. II est vrai que cette in-dulgence ne fut étendue ni aux évêques niaux prêtres, & que le concile de Néocejaréetenu peu de tems après celui d’Ancyre, pro-nonce formellement : presbyterum,Jì uxo -rem acceperit, ab or dine deponendum ,quoique le mariage ne fut pas nul, selon laremarque du P. Thomaíïìn. Le concile inTrullo , tenu l’an 692 , confirma dans sontreizième canon l’uíàge de l’église grec-que , & l’église latine n’extgea point auconcile de Florence qu’elle y renonçât.Cependant il ne saut pas celer que plu-sieurs des prêtres grecs font moines, &gardent le célibat & que l’on oblige or-dinairement les patriarches & les évê-ques de faire profession de la vie monasti-que, avant que d’être ordonnés. II est en-core à propos de dire qu’en occident lecélibat fut prescrit aux clercs par les dé-crets des papes Sirice & Innocent ; que ce-lui du premier est de l’an 385 ; que saintLéon étendit cette loi aux soudiacres ; queS. Grégoire savoir imposée aux diacres deSicile ; & qu’elle fut confirmée par lesconciles d’Elvire fur la fui du troisièmesiecle, canon trente-troisieme ; de Tolède»en l’an 400 ; de Carthage , en 419, canonstroisième & quatrième ; d’Orange, en 441,canons vingt-deux & vingt-trois ; d’Arles »en 45Ì; de Tours, en 461 ; d’Agde»en 506 ; d’Orléans , en 5 38 : par les capi-tulâmes de nos rois , & divers conciles te-nus en occident ; mais principalement p arle concile de Trente ; quoique fur les re-présentations de l’empereur, du duc “ÇBavière, des Allemands, & même du r0tde France , on n’ait pas laiílé d’v pt 0 !?^”fer le mariage des prêtres, & ae le 'liciter auprès du pape, après la tenue êuconcile. Leur célibat avoir eu long- ten^auparavant des adversaires: VigilanceJovien s’étoient élevés contre fous S. '