Band 
Tome sixième.
Seite
607
JPEG-Download
 

f C E L

ïôme. Wiclef, les Huífites, les Bohé-miens , Luther, Calvin , & les Anglicans,en ont secoué le joug ; & dans le teins denos guerres de religion , le cardinal deChâtillon, Spifame, évêque de Nevers,& quelques ecclésiastiques du second or-dre , osèrent se marier publiquement ;mais ces exemples n’eurent point de luise.

Lorsque l’obligation du célibat sut gé-nérale dans l’église catholique, ceux d’entreles ecclésiastiques qui la violèrent, furentd’abord interdits pour la vie des fonctionsde leur ordre , & mis au rang des laïques.Justinien , leg. 4Ç , cod. de episcop. ù cler.voulut ensuite que leurs enfans fussent illé-gitimes , & incapables de succéder & derecevoir des legs : enfin il fut ordonné queces mariages feroient castes , & les partiesmises en pénitence : d’où l’on voit com-ment l’intraction est devenue plus grave,3 mesure que la loi s’est invétérée. Dans lecommencement, s’il arrivoic qu’un prêtrese mariât, il étoit déposé , & le mariagesebsistoit ; à la longue, les ordres furentconsidérés comme un empêchement diri-Jpaftt au mariage : aujourd’hui un clercsimple tonsuré qui se marie , ne jouit plusdes privilèges des ecclésiastiques, pour lajurisdiction & l’exemption des charges pu-bliques. II est censé .avoir renoncé par lemariage à la cléricature & à ses droits,fïeury, Jnft. au droit ecclés. tom. I. Ane.& nouvelle discipline de f église , du P.I homastin.

s’ensuic de cet historique , dit feu M.1 abbé de S. Pierre , pour parler non cncontroversiste , mais en simple politiquechrétien , & en simple citoyen d’une fo-ejete chrétienne , que le célibat des prêtresn e _st qu’un point de discipline ; qu’il n’estPoint eísentiel à la religion chrétienne ;^ d n ’a jamais été regardé comme un desondemens du schisme que nous avons avecCs grecs & les protestans ; qu’il a été librea ns l'église latine ; que l’église ayant lePpuvoir de changer tous les points de dis-JP'/ne destitution humaine , si les étatse ' église catholique recevoient de grands,images de rentrer dans cette ancienneeffhA-V • S 0? recevoir aucun dommageectif, il seroit à souhaiter que cela fût ;** v>e la question de ces avantages est

C E L 607

moins tbéologique que politique , & re-garde plus les souverains que l’église, quin’aura plus qu’à prononcer.

Mais y a-t-il des avantages à restituerles ecclésiastiques dans l’ancienne liberté dumariage? C’estun fait dont le Czar fiit tel-lement frappé, lorfqu’il parcouru t la Pran ceincognito , qu’il ne concevoir pas que dansun état où il rencontrait de si bonnes loix& de si sages établistemens, on y eût laissésubsister depuis tant de siécles une pratiquequi d’un côté n’importoit en rien à la re-ligion , & qui de l’autre préjudicioit si fortâ la société chrétienne. Nous ne décideronspoint si rétonnement du Czar étoit bienfondé ; mais il n’est pas inutile d’analyser lemémoire de M. l’abbéde Saint-Pierre, &c’est ce que nous allons faire.

Avantages dumariage des prêtres. i°. Siquarante mille curés avoient en Francequatre-vingt mille enfans, ces enfans étantfans contredit mieux élevés, l’état y gagne-rait des sujets & d’iionnêtes gens, & l’é-glise des fideles. 2 0 . Les ecclésiastiquesétant par leur état meilleurs maris que lesautres hommes, il y auroit quarante millefemmes plus heureuses & plus vertueuses.3 0 . II n’y a guere d’hommes pour qui lecélibat ne soit difficile à observer ; d’où ilpeut arriver que l’église souffre un grandscandale par un prêtre qui manque à lacontinence, tandis qu’il ne revient aucuneutilité aux autres chrétiens de celui qui vitcontinent. 4°. D n prêtre ne mériteraitguere moins devant Dieu en supportantles défauts de fa femme & de ses enfans,qu’en résistant aux tentations de la chair.5°. Les embarras du mariage font utiles àcelui qui les supporte : & les difficultés ducélibat ne le font à personne. 6 °. Le curé,pere de famille vertueux , seroit utile àplus de monde que celui qui pratique lecélibat. 7 0 . Quelques ecclésiastiques , pourqui l’obscrvation du célibat est très-péni-ble , ne croiraient pas avoir satisfait à tout,quand ils n’ont rien à se reprocher de cecôté, 8°, Cent mille prêtres mariés forme-raient cent mille familles : ce qui donne-rait plus de dix mille habitans de plus paran ; quand on n’en compterait que cinqmille, ce calcul produirait encore un mil-lion de François en deux cents ans. D oà