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Tome sixième.
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poète exakoit I’excellence. Les grandsavoientà leur solde, des bardes , dont rem-ploi mercenaire e'toit de chanter leurs élo-ges & leur bienfaisance , pour augmenter lenombre de leurs cliens. II y avoir des hym-nes militaires qu’on chantoit en allant â lacharge. Le soldat marquoit la mesure, enmarchant en cadence, & en frappant sonbouclier de sa lance. On chantoit aussi lecantique de la victoire. C’e'toit toujours l’é-loge des héros morts dans les champs dePhonneur, la peinture délicieuse de la fé-licité dont ils jouiííbient dans le séjourde immortalité, où ils étoient occupés àlivrer des combats toujours suivis de lavictoire. On ne peut décider si ces versétoient blancs ou rimés. II est à présumerqu’à Pexempte de toutes les nations del’Europe, ils employoient la rime, quidistingue notre poésie de celle des Grecs& des Romains. Ces poèmes étoient lafeule étude de la jeunesse ; & c’éioicnt lesdruides qui étoient chargés de les enseigner.Les bardes compofoient de mémoire, &n’écrivoient jamais, l es étrangers n’ontpoint eu le secret de leur dérober quelques-unes de leurs productions; fans doute queles auteurs en íaisoient un mystère, pourne pas exposer au grand jour des erreursdont il eût été facile de dissiper 1 illusion.Ils difoient que leurs poèmes n’étoient faitsque pour les initier dans la religion natio-nale ; & selon ces imposteurs, c’étoit urtfacrilege de mettre la main à des penséesqui leur avoient été inspirées par les dieux ;éc persuadés que ignorance perpétuèrentleur crédit, ilscacboientau vulgaire le flam-beau qui auroit dû l’éclairer.

II ne nous reste aucun monument au-thentique de l’ancienne histoire de l’Eu-rope; c’est qu’étant liée avec la religion,eile fur ensevelie sous les mêmes ruines.Ce n est pas qu’îl n’y eût des écoles publi-ques , mais elles n’étoient ouvertes qu’à unpetit nombre d’initiés : on les appelloit dessanctuaires. Les disputes rouloient ordi-nairement fur la grandeur ou fur le mou-vement des astres, & quelquefois fur lesattributs de l’H tre suprême. Cette doctrineétoit un mystère qu’on ne révélois qu’àdes dilciples privilégiés. La divination &la magie étoient deux tiges dont les autres

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sciences étoient autant de rameaux. Ilsavoient deux maximes favorites qui sem-bloient être contradictoires : Ne faites malà personne, disoient-ils; & par une in-conséquence sensible, ils enseignoienr quela terre & ses productions étoient le do-maine du plus fort ; & pour tempéretl’âpreté de cette maxime, ils ajoufoientqti’il ne pouvoir prendre que ce qui lui étoitnéceílàire. Tout champ fans culture étoitréputé n’avoir point de maître; & quandles Romains leur demanderent par quelleraison ils exercoient des hostilités contreles Elusiens, ils répondirent : les Elusiensont plus de terres qu’ils n’cn peuvent cul-tiver ; c’est ce superflu que nous réclamons;& si l’on nous refuse, nous établirons nosdroits avec nos épées. Malgré leur férocité »ils respectèrent toujours le droit des gens,& sur-tout celui des ambafîkdeurs.

L’art oratoire étoit cultivé avec gloire, dans la Celtique, sur-tout parmi les grands[ & les chefs de la nation, qui sentoient le■ be r oin de l’éloqnence dans les assembléesnationales, où l’on élisoit les généraux & lesmagistrats. Quand 1’usage des statues se futintroduit clans la religion, T eut fut re-présenté avec tous les attributs de l'élo-quence : il y avoit plusieurs académies célé-brés , où l’on enfeignoit cet art. Celle d’Au-tun comptoit jusqu’d quarante mille élèves.Lyon , Narhonnc & Toulouse avoient aussides écoles fameuses.

La législation d’un peuple guerrier esttoujours fort informe. Dans le tumulted’un camp , on ne pourvoie qu’aux besoin*du moment. Les Celtes adopteront lan*violence les loix romaines, jusqu’à ce cj lieles Germains vinrent leur en tracer d enouvelles à la pointe de l’épée. Dans lç*causes douteuses , on avoit recours à la di'vination : on consuleoit les entrailles desvictimes, le chant & le vol des oiseau*»I’agitation des arbres, le cours plus ,° 1 'J moins précipité des fleuves. La médecinétoit une branche de la magie. C’étottp*le moyen des plantes , que les druidesvannaient de rendre fécondes les semnaj'qui sembloient condamnées à la sténD'f’de rendre les hommes invulnérables, ,d’écarter les maux qui affligent l’inimanjj^mais il falloitdes précautions pour eue* 1