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Tome sixième.
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C E L

ces p’antes salutaires, dont la plus efficaceétoit le gui de chêne, qu’on alloit prendreen grande cérémonie le sixième jour de lalune , ou le premier jour de l’année. Cejour étoit célébré par des jeux , des festins&des sacrifices. Le prêtre, qui cueilloir cefruit précieux, étoit revêtu de ses habitspontificaux. II prenoit de grandes précau-tions pour qu’il ne fût pas profané, en tom-bant à terre. Cette production merveilleuseétoit le présent ordinaire dont on gratifiokses amis pour étrennes. Ils avoient encoreplusieurs plantes propres aux opérationsmagiques. Au lieu de les couper avec le cou-teau , il falloit les tenir de la main droite,qu’on tenoit cachée fous la robe ; ensuite I amain gauche devoir arracher la plante à lamain droite, comme si on la déroboit. Ledruide, chargé de ce ministère, devoir êtrevêtu de blanc, avoir les pieds nus & bienlavés. II oíïroit, pour préliminaire , uneoblation de pain & de vin. Ceux qui por-toient fur eux ces fortes de plantes, fe flat-toient d’avoir un préservatif contre tousles maux.

II est difficile de donner une juste idéedu gouvernement des anciens Celtes. II pa-toît que, dans leur origine, ils vécurent di-visés par tribu?, dont chacune avoir sonchef, sans avoir un maître. Lorsqu’ils eu-rent renoncé à la vie nomade, & qu’ils eu-rent des demêures fixes, ils forent distin-gués par les noms de cites & de peuples.I ar le mot cite , on entendoit un certaindistrict occupé par plusieurs familles, quireconnoislòient le méme juge , & qui sui-vaient les mêmes usages. On appelloitpeuple , l’astbciation féderative de plusieurscités. Du tems de Jules-Céfar, on comp-toit jufqu’à quatre cents peuples différensdans la Gaule, qui, quoique divisés d’inté-rêts, fe réunisloient dans les guerres con-tre l’étranger. Plusieurs peuples réunis for-moient ce qu’on appelle une nation.Vìûí-toire donne quelquefois des rois aux Gau-?is, mais c’étoient des fantômes fans réa-”té. Leur pouvoir étoit extrêmement li—""té, & ils ne pouvoient s’écarter des loixteçues. Chaque cité choisistoit elle-mêtne*on roi, qui n’étoit qu’un premier magis-trat , & elle lui prescrivoit la forme dontç *‘e vouloir être gouvernée. Ainsi le chef &Tome VI.

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le subalterne étoient dans une dépendanceréciproque. Ce peuple, qui attachoit sonbonheur à son indépendance, étoit promptà s’alarmer fur ce qui tendoit à donner at-teinte à ses prérogatives ; & toutes ses foisqu’ua ambitieux tentoit d’établir le pou-voir arbitraire, il devenoitl’objet des ven-geances publiques. Ce fanatisme républi-cain les rendit toujours redoutables; & cene fut que quand Rome eut élevé l’édificede fa grandeur, qu’elle osa former le pro-jet de les assujettir. Non-senlement les Gau-lois aimoient la liberté, ils vouloient en-core conserver aux autres nations leur in- .dépendance. Lorsqu’ils passerent en Asie,ils fe déclarèrent les protecteurs des villeslibres ; & tandis que les rois faisoient leursefforts pour détruire la démocratie, les Gau-lois en affermistòientlesfon.iemens contreles oppresseurs publics. Les chefs bornésdans leur pouvoir ne jouissoient point dudroit d’inniger des peines aux coupables ;ce droit appartenoità la nation représentéepar ses magistrats. Le glaive étoit mis danslà main pour protéger le citoyen , & nonpour l’en frapper. Le gouvernement desCeltes étoit le même que celui des Ro-mains après Pexpulsion de leurs rois. Cha-que année ils nommoient de nouveaux ma-gistrats ; ils s’astèmbloient au printems dansle sanctuaire où résidoit le 1 ou ver ai n pon-tife de la nation. C’étoit là que les anciensmagistrats abdiquoient leurs charges. Lors-que les députés des cantons ne pouvoients’accorder for le choix, le college des sacri-ficateurs nommoit le magistrat, & la na-tion fouscrivoit religieusement à sa nomi-nation. Ces assemblées étoient le plus fermeboulevard de la liberté publique. Au reste ,les privilèges de citoyens ne s’étendoientque fur les deux ordres de l’état, c’est-à -dire, sor les druides Sc les chevaliers. Lereste de la nation oublié & fans considéra-tion , avoit une condition peu différentede celle des esclaves. Celui qui a besoin derecevoir, est toujours dans la servitude decelui qui peut donner.

Les prêtres Celtes étoient partagés e»trois ordres , les bardes, les devins Scles druides. Les bardes compofojent leshymnes &c les poèmes sacrés. Les devinsoffroient les sacrifices. & s’appliquoient a1C kkk