7 J 4 L L R.
pas ici comme du cas pre’cedent, oà lesdeux témoins font successifs, & où Uunreçoit la tradition de Vautre. Ici les deuxtémoins font supposés voir le fait Ù leconnoitre indépendamment Vun de Vau-tre : il suffit donc que Vun des deux netrompe pas ; au lieu que dans le premiercas , la tromperie du premier rend le se-cond trompeur, même quand il croit netromper pas , & qu’il a intention de direla vérité.
Hauteur calcule ensuite la certitudede la tradition orale , écrite & transmisesucejjivemeni, & confirmée par plufieursrapports succès Ifs. V. l’art. PROBABI-LITÉ , & fur-tout la fuite de celui-ci ,oùla valeur de ces calculs , & des raifon-nemens absurdes fur lesquels ils font fon-dés , efi appréciée ce qu'elle vaut, C’efiune dissertation de M. L’abbé de P rades,dejlinée à servir de discours préliminaireà un ouvrage important fur la vérité dela religion. Nous Veujfions peut-être ana-lyfée , fi nous n’avions craint d!en alté-rer la force. L’objet d’ailleurs en efi figrand, les idées fi neuves & fi belles , leton fi noble , les preuves fi bien exposées,que nous avons mieux aimé la rapportertout entiere. Nous espérons que ceux àqui Vintérêt de la religion efi d cœur nousen sauront gré, & qu’elle sera très-utileaux autres. Au refie, nous pouvons assu-rer que Ji la fonclion d’éditeur de VEncy-clopédie nous a jamais été agréable , c’efiparticulièrement dans ce moment. Maisil efi te ms de laisser parler V auteur lui-même : son ouvrage le louera mieux quetout ce que nous pourrions ajouter.
> Le pyrrhenisme a eu ses révolutions,ainsi que toutes les erreurs : d’abord plushardi & plus téméraire , il prétendit toutRenverser ; il poussoit l’incrédulité jusqu’àle refuser aux vérités que Pévidence lui pré-lentoit. La religion de ces premiers temsctoit trop absurde pour occuper l’espritdesphilosophes : on ne s’obstine point à dé-truire ce qui ne paroît pas fondé ; & lafoiblesse de l’ennemi a souvent arrêté lavivacité des poursuites. Les faits que lareligion des païens propofoit a croire ,pouvoient bien satisfaire l’avide crédulitédu peuple : mais ils n’étoient point dignes
C Ë R
de l’examen sérieux des philosophes. Lareligion chrétienne parut : par les lumièresqu’eile répandit, elle fit bientôt évanouirtous ces fantômes que la superstition avoitjusque là réalisés : ce fut fans doute unspectacle bien surprenant pour le mondeentier , que la multitude des dieux qui en• écoient la terreur ou Pespérance , devenustout-à-coup son jouet & son mépris. Laface de l’univers changée dans un si courtespace de tems, attira Pattention des phi-losophes : tous porterent leurs regards furcette religion nouvelle , qui n’exigeoitpas moins leur soumission que celle dupeuple.
Ils ne furent pas Iong-tems à s’apperce-voii qu'elle étoit principalement appuyéefur des faits , extraordinaires à la vérité ,mais qui méritoient bien d’être discutéspar les preuves dont ils étoient soutenus.La dispute changea donc ; les sceptiquesreconnurent les droits des vérités méta-physiques & géométriques fur notre es-prit , & les philosophes incrédules tour-nèrent leurs armes contre les faits. Cettematière depuis si long-tems agitée , auroitété plus éclaircie , si avant que de plaiderde part & d’autre , l’on fut convenu d’untribunal où l’on put être jugé. Pour nepas tomber dans cet inconvénient , nousdisons aux sceptiques : vous reconnoissezcertains faits pour vrais ; l’existence de laville de Rome dont vous ne sauriez dou-ter , suffiroit pour vous convaincre , sivotre bonne foi ne nous asiùroit cet aveu ;il y a donc des marques qui vous font con-noitre la vérité d’un fait ; & s’il n’y enavoit point, que feroit la société ? Touty roule, pour ainsi dire , sur des faits :parcourez toutes les sciences , & vousverrez du premier coup - d’œit, qu’ellfcexigent qu’on puisse s’assurer de certainsfaits : vous ne seriez jamais guidé par laprudence dans l’exécution de vos desseins;car qu’eíl-ce que la prudence, sinon cetteprévoyance qui éclairant l’homme fur toutce qui s’est passé & se passe actuellementlui suggéré les moyens les plus proprespour le succès de Ion entreprise , & luifait éviter les écueils où il pourroitéchouer ?La prudence , s’il est permis de parlerainsi , n’est qu’une conséquence dont le