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Tome sixième.
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surmonter, & dans l’autre il n’y en apoint : clans Is tait naturel je vois l'im-possibilité phyfique qui s’oppose à l’impres-íion que fèroient sur moi ces marques devérité ; elle agit si fortement fur mon es-prit qu’elle le laisse en suspens ; il fe trouvecomme entre deux forces qui fe combat-tent : il ne peut le nier , les marques devérité dont il eít revêtu ne le lui permet-tent pas ; il ne peut y ajouter foi, l’im-polsibilité physique qu’il voit l’arrête. Ainsi,en accordant aux caractères de vérité quevous avez aísignés, toute la force que vousleur donnez , ils ne suffisent pas pour medéterminer à croire un miracle.

Ce raisonnement frappera fans doute touthomme qui le lira rapidement fans l’appro-fòndir : mais le plus léger examen suffitpour en faire appercevoir tout le faux ;semblable a css fantômes qui paroiílèntdurant la nuit, & fe dissipent à notre ap-proche. Descendez jusque dans les abymesdu néant, vous y verrez les faits naturels &surnaturels confondus ensemble , ne tenirpas plus à l’être les uns que les autres. Leurdegré de possibilité, pour sortir de ce gouf-fre» & paroitre au jour, eít précisément lememe ; car il est aussi facile à Dieu derendre la vie a un mort que de la con-server à un vivant. Profitons maintenantde tout ce qu’on nous accorde. Les marquesde vérité que nous avons assignées font,dit-on , bonnes, & ne permettent pas dedouter d’un fait naturel qui s’en trouverevêtu. Ces caractères de vérité peuventmême convenir aux faits surnaturels ; deforte que, s’il n’y avoir aucun obstacle à sur-monter, point de raisons à combattre , nousferions aussi assurés d’un fait miraculeuxque d’un lait naturel. II ne s’agit donc plusque de savoir s’il y a des raisons dans unsoit surnaturel, qui s’opposent â simpres-íion que ces marques devroient faire. Orj oie avancer qu’il en est précisément dememe d un soir surnaturel que d’un faitnaturel , c est a tort qu’on s’imagine tou-jours voir 1 impossibilité physique d’un faitmiraculeux combattre toutes les raisons quiconcourent à nous en^ démontrer la réa-lité. Car queíl-ce que*simpossibilité phy-sique ? C’eíì l’impuissance des causes natu-»elles à produire un tel effet ; cette impof-

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sibilité ne vient point du côté du fait même,qui n’estpas plus impossible que le fait na-turel le plus simple. Lorfqu’on vient vousapprendre un fait miraculeux , on ne pré-tend pas vous dire qu’il a été produit parles seules forces des causes naturelles : j’a-voue qu’alors les raisons qui prouveroientce fait, feroient non - feulement combat-tues , mais même détruites ; non par l’im-poffibilité physique , mais par une impossi-bilité absolue : car il est absolument impos-sible qu’une cause naturelle avec ses seulesforces produise un fait surnaturel. Vousdevez donc, lorl'qu’on vous apprend un faitmiraculeux, joindre la cause qui peut le pro-duire avec le même fait ; & alors l’impof-sibilité physique ne pourra nullement s’op-poser aux raisons que vous aurez de croirece fait. Si plusieurs personnes disent qu’ellesviennent de voir une pendule remarquablepar l’exactitude avec laquelle elle marquejuíqu’aux tierces, douterez-vous du fait,parce que tous les serruriers que vouscon-noissez ne sauroient savoir faite, & qu’il sfont dans une espece d’impoffibilité phy-sique d’exécuter un tel ouvrage? Cettequestion vous surprend sans doute , & avecraison : pourquoi donc, quand on vous ap-prend un fait miraculeux, voulez-vous endouter, parce qu’une cause naturelle n’apu le produire ? L’impossibilité physique,ou fe trouve la créature pour un fait sur-naturel , doit-elle faire plus d’impressionque simpossibilité physique où se trouve ceserrurier d’exécuter cette admirable pen-dule ? Je ne vois d’autres raisons que cellesqui naissent d’une impossibilité métaphysi-que , qui puissent s’opposer â la preuve d’unfait; ce raisonnement sera toujours invin-cible. Le fait que je vous propose á croirene présente rien à seíprit d’absurde & decontradictoire : cessez donc de parler avecmoi de sa possibilité ou de son impossibi-lité , & venons à la preuve du fait.

Inexpérience, dira quelqu’un, démentvotre réponse ; il n’eft personne qui necroie plus facilement un fait naturel qu’unmiracle. II y a donc quelque chose de plusdans le miracle que dans le fait naturel ;cette difficulté à croire un fait miracu-leux , prouve très-bien que la réglé des faitsne sauroit faire la même impression pour