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Tome septième.
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lier, par son étendue, la singularité, soncaractère, la promptitude de sa végéta-tion, &c. .

Sa connoiffimce, suivant la remarquede M. dc Juffieu, ne nous intéresse passeulement par rapport à ce que ces plantespeuvent, ou nous servir d’aliment, ou daternotre goût, ou, ce qui vaut mieux, nousprocurer des remedes efficaces , commeon l’éprouve de l’agaric, de la veífe-de-loup, &c. ; mais encore par les avantagesque la physique de la Botanique, que laperfection de ^Agriculture, & que les artsmêmes pourroient en tirer.

Si Ion cherche, dans les classes des plan-tes, un genre avec lequel les champignonsayent quelque rcfièmbîance, & auquel onpuisse les comparer, il ne s’en trouveguere d’autres que les lichens. Voye ç Li-chen. Comme eux, les champignons fontdénués de tiges, de branches & de feuilles;comme eux, ils n aillent & fe nourrissentfur des troncs d'arbres, fur des morceauxde bois pourri, & fur des parties de tou-tes fortes de plantes réduites en fumier:ils leur refiemblent par la promptitudeavec laquelle ils croiílent, Sc par la faci-lité que la plupart ont à fe fecher, & àreprendre ensuite leur premiere formelorsqu’on les plonge dans l’eau : il y aenfin, entre les uns & les autres, unemaniéré presque uniforme de produire leurgraine.

Cette analogie est d’autant plus impor-tante, pour la connoiílànce de la naturedes champignons, que les auteurs anciensne les ont point mis au rang des plantes,& que plusieurs modernes, parmi lesquels jfe trouvent MM. le comte de Marlìgli & 'Lancifi, dans leur dissertation latine furl'origine des champignons , imprimée àRome en 1714, in- 8 0 ., fe font persuadésque ceux que l’on voit fur des troncs oudes branches d’arbres, sont des maladiesdes plantes auxquelles ils sont attachés; sem-blables aux exostofes, dont le volume nes’augmente que par l e dérangement desfibres osseuses, qui donne li eu à une extra-vafation de leurs sucs nourriciers; 8 c queceux qui naissent à terre parmi des feuillespourries ou fur les fumiers, ne font que ,ou des expansions de quelques fibres de

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plantes pourries dont la terre est parsemée»ou des productions causées par la fermen-tation de certains sucs que ces auteursdisent être gras' & huileux, qui, restésdans les parties de ces plantes pourries ,

: 8 c mêlés avec une portion de sel de ni-tre, prennent la forme de globule , plusordinaire qu’aucune autre aux champignonsnaissans.

Mais toutes ces idées fur la nature des! champignons fe détruisent aisément par unexamen un peu attentif de leur substance,de leur organisation , de leur variété , 8 cde leur maniéré de fe multiplier ; car enfintous ces noeuds, ces vessies, 8 c ces autrestumeurs qui paroi fient fur certaines partiesdes arbres, de même que fur le corps desanimaux , comme des maladies auxquellesils font sujets, font composés d’une ma-tière qui participe de la substance solide ouliquide de ces plantes 8 c de ces animauxfur lesquels ils fe rencontrent ; au lieu quela substance des champignons qui Rattachentaux arbres, est non-feulement toute diffé-rente de celle des plantes fur lesquelles ilsnaifient, mais même est semblable a celledes champignons qui sortent immédiatementde la terre.

Si d’ailleurs la singularité de l’organifa-tion est dans les plantes un de ces caractèresqui les distinguent des autres productionsde la nature , ce même caractère fe faitreconnoître par une disposition particu-lière d’organes dans les champignons.

Les caractères de l’organifation ne fetrouvent pas moins multipliés dans cetteplante , qu’ils le sont dans tous les genresde clafiês de plantes : ils y font constans,en quelque pays & dans quelque annéequ’on les observe ; ce qui doit fe faire parle moyen d’une reproduction annuelled’efpeces , qui ne peut fe comprendre fansla supposition d’une semence qui les per-pétue & les multiplie.

Cette supposition de semences n’est pointimaginaire ; elles fe font sentir au toucheren maniéré de farine , dans les champignonsdont la tête est feuilletée en-defious, lorssur-tout qu’ils commencent à fe pourrir. O11les apperçoit aisément à la faveur de laloupe, dans ceux dont les feuillets sontnoirs à leur marge ; on les trouve sous 1»

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