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essentiel ammoniacal, dont 1 acide est saoulépar beaucoup de sel volatil-urineux, &mêlé avec beaucoup d'huile Sc peu deterre ; ces principes font délayés dans unegrande quantité de flegme. Cest de ce selactif, volatil-urineux, ammoniacal & hui-leux, que dépendent Rôdeur Sc la saveurdes champignons ; c’est auílì pour cela qu’ilsle corrompent ou se pourrissent facile-ment : si on les pile Sc qu on les laisse pour-rir , ils se sondent Sc deviennent tîn muci-lage , qui ne donne plus de marque de selurineux, mais d’un sel salé & acide; carleur sel volatil se dissipe par leur putréfac-tion.
Cette analyse rend sort suspecte la na-ture des champignons ; Sc Inexpérience d’ac-cidens arrivés par ceux de la meilleurequalité, ne tend pas trop à nous rassurerfur leur usage bienfaisant.
Je ne parle pas des champignons dont toutle monde connoît le mauvais caractère ;mais de ceux qui ont la figure des bons,Sc qui trompent les personnes qui s’en rap-portent au-dehors : c’est pourquoi nous nesommes pas certains d’en manger toujoursde stìrs, à cause de leur figure trompeuse,de l’ignorance, de la négligence, du manqued’attention des gens qui les cueillent ou quiles apprêtent. .
Bien plus, ceux qui ont toutes les mar-ques de fureté par rapport à leur bonté ,deviennent aisément dangereux, ou pouravoir été cueillis trop tard, ou par la na-ture du lieu où ils croissent, ou par le sucdont ils se nourrissent, ou par le voisinagede ceux qui se pourrissent, ou de ceux quisont par hasard empoisonnés ; & quandces inconvéniens ne feroient point à crain-dre , les médecins les plus habiles avouentque les meilleurs champignons , pris engrande quantité, font nuisibles, parce qu’ilsproduisent de mauvais sucs, parce qu’ilstendent à la putréfaction, parce que, parleur nature spongieuse, ils se digèrent dif-ficilement , compriment le diaphragme,empêchent la respiration, suffoquent &excitent des débordemens de bile par hautSc par bas.
Les symptômes fâcheux, & même mor-tels, que les mauvais champignons causent,sont sur-tout le vomissement, 1 oppression,
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la tension de l’estcmac & du bas-ventre,l’anxiété, un sentiment de suffocation,des rongemens, des tranchées dans les en-trailles , la soif violente, la cardialgie , ladiarrhée, la dyssenterie , ^évanouissement,une sueur froide, le hoquet, le tremble-ment de presque toutes les parties ducorps, les convulsions, la gangrené , lamort.
Il Y e , n a dont la feule odeur, a produitl’epilepsie, ou une maladie des nerfs quien approchoit, & même une mort subite,suivant Foreste, dans son traité des poisons,observ. ij. Il rapporte encore qu’une femmeétoit tombée dans une cruelle maladie quidégénéra en folie, pour avoir mangé deschampignons vénéneux. R halls parle d’unchampignon de ce genre , dont il dit quea poudre, mise sur un bouquet, empoi-sonne quand on le flaire. Mais je ne trouvepas vraisemblable le récit que sait Hildan,cent. IV, obf.xxxv, des cruels symptômesarrivés à un homme, pour avoir seulementtenu des champignons venimeux. Sans lesavoir, il en avoir apparemment avalé lapoussière.
Il paroît que tous ces symptômes, pro-duits si promptement fur les membranesSc fur les fibres nerveuses de l’estomac Scdes intestins, viennent des particules sali-nes , fulphureuses , subtiles , acres Sc caus-tiques des mauvais champignons. Lorsqueceux de bonne espece sont secs & bienlavés dans plusieurs eaux , ils ne font pasà la vérité nuisibles, parce que leurs par-ticules acres ont été emportées. Quelques*uns prétendent les corriger encore davan-tage par le vinaigre ou ï’huile , qui répri-ment & qui enveloppent leur sel volatil-urineux ; & c’est là, en effet , un desmeilleurs correctifs de ce mets délicat.Mais quelque apprêt qu’on leur donne,à quelque sauce que nos Apicius les puis-sent mettre, ils ne sont bons réellement'qu’à être renvoyés fur le fumier où ilsnaissent.
Si toutefois quelqu’un, par ignorance,par gourmandise, par témérité ou par peude confiance en ces sages préceptes, avoitmangé des champignons empoisonnes, ondemande quels remedes il fàudroit em-ployer pour le guérir. Çe cas indique fur
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