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noire Sc épaisse. 11 est même défendu auxchandeliers d acheter de cette graille furiecarreau de k halle ; ceux .qui en mêlent àleur chandelle, la font acheter chez lesparfumeurs & chez les charcutiers. Onn’employe , dans les fabriques de chandel-les , que la graillé qui enveloppe les reins,Sc celle des intestins. Les chandeliers ontremarqué que la graille des animaux nour-ris de fourrages secs & nourristàns, estmeilleure que celle des mêmes efpecesd "animaux nourris avec des herbes ver-tes : cette distinction est généralementadoptée.
Nous parlerons d’abord de la premiereréparation & de la premiere fonte que lesouchers donnent au suif, quoique ce tra-vail ne regarde pas précisément fart duchandelier, à qui les bouchers ont coutumede vendre le fuis en jatte , ou, commed autres disent, en pain , n’y ayant guereque les chandeliers de campagne qui don-nent au suif ces premieres laçons : maiscette préparation est un préliminaire d’unenécessité absolue pour fabriquer les chan-delles.
Quand les bouchers ont tiré la grailledes bêtes qu’ils tuent, ils la portent auséchoir , où ils la mettent fur des perchesbien isolées que l’air trappe de tous cotés ;ce qui lait que les grailles ne fe corrompentpoint. Lorlqu’ils ont une certaine quantitéde graille desséchée, qu’on nomme suif entranches , ils la portent dans des mannes auhachoir y où ils la coupent par petits mor-ceaux gros comme des noix.
Le suif, ainsi haché, se jette dans unegrande chaudière qui fe termine au fonden forme d oeuf. Cette chaudière de cuivreest montée fur un fourneau de briques,-au bas duquel il y a des degrés pour éleverTouvrier, Sc le mettre à portée de remuerle fuis, & de le tirer de la chaudière.Quand la graisse est bien fondue, on laverse dans des poêles de cuivre avec degrandes cuillers qu’on nomme puifelles ;mais, pour séparer le fuis d’avec les im-puretés qu’il contient, on le passe dansune b.annatte , qui est un panier dosercylindrique, percé de façon que les partiesmembraneuses ne puissent pas passer aveclc fuis épuré. On le prend avec des puifelles
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dans les poêles, avant qu’il soit sigé, pourle verser dans des futailles dont on fait lacontenance, ou bien on en remplit desmesures de bois qui contiennent ordinaire-ment cinq livres Sc demie de fuis; quandil est refroidi dans ces mesures de bois,on a des pains hémisphériques , que les bou-chers vendent aux chandeliers, .& c’est cequ’on appelle Juif de place , qui est plusestimé que celui qui vient des provincesou des pays étrangers.
On nomme boulée le sédiment qui resteau fond des poêles ; il provient des saletésdu suif en branches, du sang Sc de quelquesmorceaux des parties membraneuses. Onmet cette boulée dans une chaudière, &:on la glajfe, c’est-à-dire, qu’on k faitchausser modérément, jufqu’à ce que lcfuis paroisse au-dellus, où on le ramasse.On passé ensuite fous une forte preste lecreton, c’est-à-dire, les membranes imbi-bées de fuis, contenues dans la bannatte.Le fuis tombe dans une poêle , fur laquelleil y a un tamis de crin pour arrêter lesimmondices qui pourroient passer. On ôteensuite le marc, qu’on nomme pain de cre-ton ; on le vend pour faire de la soupeaux chiens, ou pour nourrir des volail-les.
Les chandeliers préfèrent le fuis de mou-ton à tous les autres, parce qu’il est plusblanc , plus cassant Sc plus transparent :celui de bœuf est plus gras que celui demouton ; il doit être nouveau, fins mau-vaise odeur, & d’un blanc jaunâtre. Lessuifs salés font pétiller les chandelles, &on défend expressément' aux bouchers deParis de mettre du sel dans leurs suifs.Quoique le mélange des distérentes graisséssoit défendu, les chandeliers ont cependantobtenu de la police de pouvoir mettre,dans les chandelles qu’ils font l’byver, dufuis de tripes ou petit suif, qui est k graisséqui fe fige fur le bouillon où l’on fait cuireles tripes.
On a essayé, pour faire les meches, lesfils de cheveux, le crin, la soie, le poilde chevre & autres fils, & on n’a rientrouvé de meilleur que le coton. Il y adeux elpeces de cotons; l’un produit parune plante annuelle, Sc l’autre par un ar-brisseau. Les cotons de 1a premiere efpece
viennent