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Tome septième.
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Nous avons auílì des chansons plaintivesfur des sujets attendrilsans : celles-ci s’ap-pellent romances ; c’est communément lerécit de quelque aventure amoureuse; leurcaractère est la naïveté; tout y doit êtreen sentiment.

La même chanson est le plus souventcomposée de plusieurs couplets que l'onchante fur un seul air ; &, comme il esttrès-difficile de donner exactement le mêmerhythme à tous les couplets, on est con-traint , pour les chanter, d’en altérer la pro-sodie. Les Italiens, dont l'oreille est plusdélicate & plus sensible que la nôtre à laprécision des mouvemens, ont pris le partide varier les airs de leurs chansons , & dedonner à chacun des couplets une modu-lation qui lui est analogue. Je ne proposepas de suivre leur exemple à 1 égard duVaudeville,

Aimable libertin, qui, conduit par te chant,Passe de bouche en bouche, & s’accroît enmarchant .

Mais celles de nos chansons qui, moinsnégligées, ont plus de grâce & d'élégance,mériteraient qu'on fe donnât le foin d’envarier le chant, soit pour y observer la pro-sodie , soit pour y ajouter un agrément deplus. {M. Marmontel .)

CHANSONNETTE, f. (.{Musique.)petite chanson ; on le dit en particulier deschansons tendres ; l’air d’une chansonnettedoit être facile & gracieux. ( F. D. C. )CHANSONNIER, iere, f. m. & f.( Mufiq . ) celui ou celle qui fait les parolesdes chansons. On ne le dit point du mu-sicien. ( F. D. C. )

CHANT, f. m. ( Musique. ) est engénéral une forte de modification de lavoix, par laquelle on forme des sons variésèc appréciables. Il est très-difficile de dé-terminer en quoi le ion qui forme la pa-role , différé du son qui forme le chant.Cette différence est certaine ; mais on nevoit pas bien précisément en quoi elleconsiste. Il ne manque peut-être que lapermanenceaux sons qui forment la parole,pour former un véritable chant : il paraitauílì que les diverses inflexions qu’ondonne à fà voix en parlant, forment des

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intervalles qui ne sont point harmoniques,qui ne font point partie de nos systèmes deMusique, & qui, par conséquent, ne peu-vent être exprimés en notes.

Chant , appliqué plus particulièrementà la Musique, fe dit de toute musiquevocale ; &, dans celle qui est mêlée d’inf-trumens, on appelle partie de chant toutescelles qui sont destinées pour les voix.Chant fe dit aussi de la maniéré de con-duire la mélodie dans toutes sortes d’airs& de pieces de musique. Les chants agréa-bles frappent d’abord, ils fe gravent faci-lement dans la mémoire ; mais peu decompositeurs y réussissent. Il y a parmichaque nation des tours de chant usés, danslesquels la plupart des compositeurs retom-bent toujours. Inventer des chants nouveauxn’appartient qu’à l’homme de génie ; trou-ver de beaux chants appartient à l’hommede goût. {S)

Le chant est l’une des deux premieresexpressions du sentiment, données par lanature. Voye[ Geste.

C’est par les différeras sons de la voixque les hommes ont dû exprimer d’abordleurs différentes sensations. La nature leurdonna les sons de la voix, pour peindreà l’extérieur les fentimens de douleur, dejoie , de plaisir, dont ils étoient intérieure-ment affectés , ainsi que les désirs & lesbesoins dont ils étoient pressés. La forma-tion des mots succéda à ce premier langage.L’un fut l’ouvrage de l’instinct, l’autre sucune fuite des opérations de l’efprit. Telson voit les enfans exprimer par des sonsvifs ou tendres, gais ou tristes, les diffé-rentes situations de leur ame. Cette efpecede langage, qui est de tous les pays, estaussi entendu par tous les hommes, parcsqu'il est celui de la nature. Lorsque lesenftms viennent à exprimer leurs sensationspar des mots, ils ne sont entendus que desgens d’une même langue, parcs que lesmots font de convention, & que chaquesociété ou peuple a fait fur ce point desconventions particulières.

Ce chant naturel, dont on vient de par-ler , s'unit dans tous les pays avec les mots;mais il perd alors une partie de fa force :le mot peignant seul l’affection qu’on veutexprimer, l’inflexion devient par-là moins