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Tome septième.
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est un guide que la musique ne doit ja-mais abandonner, parce qu’il est lui-mêmela musique naturelle de la parole, c’est-à-dire, le système des intonations & des in-flexions , qui, dans chaque langue, carac-térisent & distinguent toutes les affections &tous les mouvemens de lame. La plainte,la menace, la crainte, le désir, l'inquié-tude, la surprise, l’amour, la joie & ladouleur, toutes les passions enfin, tousleurs degrés, toutes leurs nuances, lesintentions même de l’esprit& les modes dela pensée, comme la dissimulation, l’iro-nie, le badinage , ont leur expression na-turelle , non - seulement dans la parole ,mais dans les accens de la voix. Aux pa-roles qui expriment telle ou telle passionde l’ame, telle ou telle intention de l’es-prit, attacher un accent contraire à celuique la nature ou que l’habitude y attache,ee serait donc ôter à l’expression son carac-tère & ion effet. Or, il est certain queJ’accent oratoire a, d’une langue à l’autre,des différences si marquées, qu’une An-gloise ou un Italien qui réciterait, surle théâtre François, le rôle de Zaïre oucelui d’Orosmane, avec les accens de salangue les plus touchans & les plus vrais,nous ferait rire au lieu de nous faire pleu-rer.

Si notre langue est musicale, ce n’estdonc point parce que toutes les languesíont indifférentes à la musique, mais parcequ’elle a réellement de la mélodie & dunombre , & que ses inflexions naturelleslont allez sensibles pour servir de modeleaux inflexions du chant.

L’homme de lettres dont nous parlonsa donc pu donner dans un excès ; maisun homme de lettres, non moins éclairé,a donné dans l’excès contraire. “ Je vousfélicite, nous dit - il dans un Traité duMéío-drame , d’avoir abandonné vos vieillesíalmodies, pour vous faire initier dans laon ne musique, dont les Pergoleffe, lesGaluppi vont ont facilité l’acces ; mais jene puis m’empêcher de vous plaindred’avoir poulie l’enthouliasme jusqu’à pren-dre vos maîtres pour modelés. Oui, fansdoute, la musique Italienne est belle &touchante ; elle connoît feule toute la puis-sance de l’harnioisie &. de La mélodie ; sa I

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marche, ses moyens, ses formes habituellesfont très-propres à lui donner tout le charmedont elle est susceptible ; simple & précisedans le récit ordinaire, hardie & pitto-resque dans le récit obligé ; mélodieuse ,périodique, cadencée, une enfin dans 1 W,elle nous offre des procédés méthodiques& sondés fur fa propre nature ; mais toutcela, qu’est-ce en derniere analyse ? De lamusique, un concert. Que si vous trans-portez sur un théâtre toutes ces formulesnouvelles ; si vous voulez les employer pourfaire mieux qu’un drame ordinaire, pourexagérer dans votre ame toutes les impres-sions que la scene, que la déclamationsimple ont coutume de lui faire éprouver,vous verrez que votre art sera contradic-toire à votre objet, & vos moyens à votrefin. «

Voici donc quel est son système. " Il ya deux sortes de musiques, une musiquesimple & une musique composée ; unemusique qui chante & une musique quipeint ; ou, si l’on veut, une musique deconcert & une musique de théâtre. Pourla musique de concert, choisìffèz de beauxmotifs, suivez bien vos chants , phrasez-lesexactement, & rendez-les périodiques ;rien ne fera meilleur. Mais pour la musiquede théâtre, n’ayons égard qu’aux paroles,ëc contenrons-nous d’en renforcer l’expreslion par toutes les puissances de notre art.Ici j’oublie tous les principes analogiquesauxquels j’avoue que la musique est rede-vable de ses plus grands effets. Je ne m’em-barraffe plus des formes du récit, ni decelles que vous donnez à l’air ; je négligeenfin toute idée de rhythme & de propor-tion; je ne veux qu’exprimer chaque pen-sée, que rendre avec exactitude tout ceque je voudrai peindre ; je quitterai mesmotifs, je les multiplierai, je les tron-querai , je mêlerai l’air ik le récit, je chan-gerai les rhythmes, je multiplierai les phra-ses, mais je saurai bien vous en dédomma-ger. »

Et nous dédommagerez-vous de la vé-rité simple, énergique & inimitable d’unedéclamation naturelle ; Noterez - vous lesaccens de la voix de Mérope, les sanglots,les cris déchirans de la voix d’une Dumesnil ì Dédommagerez-vous la tragédie de

l’espcce