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Tome septième.
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î’eípece de ínutilation à laquelle elle estcondamnée, pour épargner a la musiqueles gradations, les développemens dontcelle-ci est ennemie ? Nous dedommagerez-vous des pensées approfondies que le poëtes’est interdites, par la raison que leur ca-ractère tranquille & grave, de majesté,de force Sc cfélévation, lans aucun mou-vement rapide Sc varié, n’étoit pas favo-rable au chant ? Où fera la compensationde toutes les beautés qu’on aura sacrifiéesà la musique ? Une déclamation rompue,où le rhythme & la période seront tronquésà chaque instant; une déclamation entre-mêlée de traits de chant brisés, mutilés,avortes ; une déclamation qui n’aura ni lavérité de la nature ni aucun des agrémensde fart, vaut-elle biens ces sacrifices ?

L’expression en fera pathétique dans lesmomens de force ; mais dans les intervallesoù la chaleur de la passion vous abandon-nera , quelle monotonie Sc quelle insipidelangueur ! Et, dans les momens même lesplus passionnés, oubliez-vous que la véritédont vous voulez être l’efclave, vous in-terdit encore plus f harmonie que la mélodie,Sc que f accompagnement est une licenceplus hardie Sc moins vraisemblable que letour symmétrique des chants phrasés Sc ar-rondis ?

Mais cédons la parole à fauteur deì’EjJ'ai fur Punion de la poéjìe & de la mu-sique. “ S’il est, dit-il, en répondant ausevere auteur du Mélo-drame ; s'il est del’essence de la musique d’être mélodieuse;£ les formes de cette musique, qu’il vous

5 ilait d’appeller musique de concert, fontes plus belles que fart puisse vous pré-senter ; si cette musique de concert m'arra-che des larmes, me ravit, me transporte,nf enchante, en exprimant des passions dansla maniéré qui lui est propre, c’est-à-dire,fans que f expression nuise au chant , sansque la musique cesse d’être de la musique;pourquoi f interdire au théâtre ? Est-cepour avoir une déclamation plus vraie,que VOUS renoncez aux agrémens du chant?Si c’est là votre objet, vous êtes avertique la comédie françoise est tres-bien pla-cée aux Tuileries ; qu’on y joue tous lesjours les pieces des trois grands tragiques ;Sc que C’est là qu’il faut aller, plutôt qu’àTome VII,

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f opéra, pour être fortement ému. » PbyeçAir, Duo, Récitatif. ( M. Mae-montez. )

* Chant, ( Belles-Lettres.) se dit en-core , dans notre ancienne poésie, de plu-sieurs fortes de pieces de vers , les unesassujetties à certaines réglés, les autres n’enayant proprement aucune particulière. Ily a le chant royal , le chant de Mai , lechant nuptial , le chant de joie , le chantpastoral , le chant de folie. Voye ç, dansClément Marot, des exemples de tous cetchants.

Le chant royal fuit les mêmes réglés quela ballade, la même mesure de vers, lemême mélange de rime, & le même nom-bre de stances, si toutefois il est déterminé,dans la ballade ; il a aussi son vers de re-frain Sc son envoi. Il ne différé, dit-on,de la ballade que par le sujet. Le sujet dela ballade est toujours badin ; celui duchant royal est toujours sérieux. Cependantil y a dans Marot même un chant royaldont le refrain est, de bander Parc ne gué-rit point la plaie, qui fut donné par Fran-çois I, & dont le sujet est de pure galan-terie. Voye ç Ballade. Le chant de Maiest aussi une ballade, mais dont le sujetest donné ; c’est le retour des charmes dela nature, des beaux jours & des plaisirs,avec le retour du mois de Mai. Selon quele poëte traite ce sujet d’une maniérégrave ou badine, le chant de Mai est graveou badin. Il y en a deux dans Marot, Sctous les deux dans le genre grave. Le re-frain n’est pas exactement le même à toutesles stances du premier ; if est, dans unestance, en précepte; Sc, dans f autre, endéfense : loue[ le nom du Créateur ; n’ettlouei nulle créature. Cette licence a lieudans la ballade , fous quelque titre qu’ellesoit. Le chant nuptial n’est qu’une épitha-lame en stances, ou quelquefois les stancesfont, en ballade , dont le refrain est, ouvarie^par quelque opposition agréable, oule meme à chaque stance. Le chant de joieest une ballade ordinaire fur quelque grandsujet d’alégresse, soit publique, soit par-ticulière, Le chant pafloral, une balladedont les images Sc f allégorie font cham-pêtres. Le chant de folie n’est qu’une petitepiece satirique en vers de dix syllabes, oti