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Tome septième.
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donne est plus gros & plus Tort ; le chan-vre mâle qu’on cueille le premier donne desfils plus fins, & est le plus estimé pour fairela toile.

Le chanvre étant arraché , on le faitrouir. Pour cet ester, après avoir coupé latète & les racines qui font inutiles, onl’entaslè en bottes, on met ces bottes dansune mare exposée au soleil, & on lescharge de pierres pour qu’elles plongententièrement dans Peau. Il est expressémentdéfendu , par l’ordonnance des eaux &forêts, de mettre rouir le chanvre dans leseaux courantes qui peuvent servir de bois-son; car l’eau dans laquelle on macéré lechanvre , devient un très-dangereux poisonpour ceux qui en boivent, & les antidotesles plus excellens, même donnés à rems,ont bien de la peine à y remédier.

L’esset de 1 opération, que l’on appellele roui , consiste à dissoudre une substancegommeuse qui attache à la tige les fils del’écorce ; ce qui donne ensuite la facilité deles détacher aisément. Si on laistè le chanvrerouir trop long-tems, il íè pourrit, & lefil en est plus fòible; s’il y reste trop peu,on ne peut pas le travailler aisément.

Il est plus avantageux de faire cetteopération lorsque le chanvre est encoreverd, & que les sucs circulent encore,que d’attendre qu’il íoit sec. Lorsqu’il estverd, il ne saut que trois ou quatre jourspour le faire rouir ; mais fi on le laissesécher auparavant , il faut huit ou dixjours, & la qualité du fil en est un peualtérée.

Lorlque le chanvre a été bien roui, onle lave & on le fait lécher, ou au soleil,ou dans un séchoir. On le prend poignéea poignée, & on l’écrase lous une machinetres-íimple faite exprès & qu’on nommemaque. XJne piece de bois mobile est atta-chée , d un bout, par le moyen d’une char-nière íur une autre piece de bois qui estfixe; on rabat, par l’autre bout, cette piecemobile furie chanyie: toute la chenevattc ,qui est la partie ligneuse, s’en va par éclatslous les coups - & il ne reste à la main del’ouvrier que la filaste, c est-à-dire, les fi[ sde chanvre détachés de toute la longueur dela tige. , ,

La filasse t quoiqu’ainíi preparee, con-'

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J tient encore beaucoup de parties étrangèresdont il faut la débarrasser. Les uns la bat-tent avec une palette de bois ; d’autres,comme dans ' certains endroits de la Livo-nie , la font palier fous un grand rouleaufort pesant, qui est mis en mouvement parle moyen d’une roue à eau qui tourne furune table ronde avec une extrême rapidité.Les fils du chanvre qui a paste lous cettemachine, se divisent & se séparent mieuxque par la premiere opération. L’incon-vénient de cette méthode, c’est qu’ellefait beaucoup de pouíïìere ; ce qui occa-sionne aux ouvriers des maladies fort dan-gereuses.

Lorsque, par ces premieres opérations,le chanvre 3. été dépouillé de la partie li-gneuse , on le paste successivement sur desespeccs de peignes de fer, les premiers àdents plus grosses & plus écartées, & lesautres à dents plus fines. Par cette manœu-vre , on enleve les fils les plus épais & lesplus grossiers. Ce rebut est ce qu’on appelleYétoupe avec quoi on fiit les meches pourl’artillerie, & même de grostès toiles d’em-ballage. Le chanvre qui reste, a de la dou-ceur , de la blancheur, de la finellè ; maisil lui faut encore des préparations qui fontl’ouvrage du Jeranceur.

Telle est la maniéré la plus ordinaired’opérer pour la préparation du chanvre.Mais M. Marcandier, qui a fait des expé-riences réitérées fur cet objet, est parvenuà- perfectionner ces opérations. Quoique lechanvre ait été assez long-tems dans l’eaupour que l’écorce s’en détache aisément,cette écorce est cependant encore dure ,élastique & peu propre à produire des filsassez fins. Le même observateur a reconnuqu’on peut parvenir à leur donner facile-ment , & sans frais, toutes les bonnes qua-lités qui leur manquent, & épargner beau-coup la peine & la santé des ouvriers, quela pouíïìere du chanvre incommode cruel-lement. Lorsque le chanvre a été broyé &réduit en filasse, il ne s’agit que de pren-dre cette filaste par petites poignées, de lamettre dans des vases remplis d’eau, & del’y laisser plusieurs jours, ayant loin de lafrotter & de la tordre dans l’eau fans lamêler. Cette opération est comme uneseconde eípece de rouiílàge ; le chanvre