C tì A
enleve d’abord le gros poil, le fin y resteattaché. Cette opération le fait par uneouvrière appellée arracheuse. Pour arracher,on pose la peau fur un chevalet semblableà-peu-près à celui clés chamoileurs & desmégistiers. Quand la peau est fur le che-valet on prend un instrument appelleplane, qui est un couteau à deux manches.L’ouvriere n’appuie son couteau fur la peauque mollement, en observant de faire avecla plane un petit mouvement circulaire àchaque reprise : cette opération se fait àrebroufise-poil.
Lorsque la peau de castor se trouve seche,!'arracheuse roule la plane , c'est-à-dire ,qu’elle la poulie en avant en inclinant silame vers le bout du chevalet ; íì au con-traire elle est grasse, elle ne fait que traînerla plane en appuyant le tranchant suivantle íens du poil. Quoicjue lu ptane loit bientranchante, il est singulier que dans lune& dans l’autre opération elle n'arrache quele jare ou mauvais poil, & n’enleve riendu fin. Le jare du lapin s’arrache commele poil fin du castor qui a échappé à la
Í ilane : il n’en est pas de même de celui duievre, parce qu'il tient au cuir plus forte-ment que le fin ; c’est pourquoi on lecoupe avec des ciseaux , de façon à ne passurpasser le poil fin.
Avant de dépouiller les peaux de leurpoil, on leur donne une qualité feutrante ,c’est-à-dire, qu’on rend le poil veule pluspropre à s’accrocher & se lier ensemble,parce que les chapeliers ont observé quetoute espece de poil íec, employé sans lapréparation dont on parlera plus bas, avoirpeine à se feutrer , ou se mettre en étosse,& à rentrer à la foule, ou se resserrer auP °^ qu’il le saut.
* a peau est planée, une ouvrièreappelle com/ eU ^ prencl un P etit couteau
XuV“p"SîV t gf 7 * ,-à-- à1°° >- f*»** »;•
Pour cet effet, elle le poi ,pouce Sc le tranchant du couteau , & A\mosecousse elle arrache le gros sans l e couperLa repasseuse étant obligée d’app U y er f~, u ’vent le pouce de la main dont elle tï cntle couteau contre son tranchaat, elle cou-vre ce doigt d’un bout de gant qui l’em-
C H A 267
pêche de se couper : ce bout de gant Rap-pelle un poucier.
Le gros poil qu’on arrache tant à la planequ’au couteau, n’est bon à rien. Les sel-liers l’achetent quelquefois, quoique l’usageleur en soit défendu. Quand les peaux fontplanées & repassées , des ouvrières appelléescoupeuses les battent avec des baguette?pour en faire sortir la poussière, & mêmele gravier. Tout ce que nous avons dit jusqu’à prêtent ne regarde que les peaux decastor.
Après que ces peaux ont été battues,on les livre à un ouvrier qui les rougit .Rougir les peaux, c’est les frotter du côtédu poil avec une brosse rude qu’on a trempéedans de l’eau-forte, coupée à-peu-près moitiépar mo;tié avec de l’eau. Quand les peaux -íont rougies, on les porte dans des étuves ,,ou on les pend à des crochets deux à deux ,poil contre poil. Au sortir de l’étuve, lescoupeuses les humectent un peu du côtéde la chair avec un morceau de lingemouillé. Ensuite la coupeuse prend l’instru-ment appellé carrelet , qui est une especede carde quarrée très-fine ; & elle la paslefur la peau pour en démêler le poil ; cequi s’appelle décatir. Quand la coupeuse acarrelé sa peau, elle se dispose à la couper ;en conséquence, elle a un poids d’environquatre livres qu’elle pose sur la peau étenduesur une planche à l’endroit où elle va com-mencer à couper ; ce poids fixe la peau ,& l’empêche de s’enlever & de suivre sesdoigts pendant qu’elle travaille : elle couchele poil fous fa main gauche, selon la direc--tion naturelle , Sc non à rebrousse-poil ;elle tient de la droite le couteau à couper.Elle pose verticalement le tranchant de cecouteau sur le poil, elle l’appuie Sc le meuten oscillant. C’est ainsi que le poil se coupe :on doit avoir attention de le couper ras à lapeau.
Il y a deux especes de peaux de castor ;l’une qu’on appelle castor gras , & l’autreccflor sec. Le gras est celui qui a servid habit, & qu’on a porté sur la peau ; plusil a été porté , meilleur il est pour les cha-peliers. Les peaux de castor sec coupéeste vendent aux boisteliers qui en font describles communs , gc aux marchands decolle-fortc , ou aux bourreliers-bâtiers qui