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Tome septième.
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roline, où il croît en abondance, des châ-taignes , qu’il faudra semer comme cellesde chinkapin, & soigner de même, Scqu’elles pourront réussir en plain air dansune situation abritée : qu’au surplus, cetarbre ne différé du chataigner ordinaire ,que parce qu’il y a quatre châtaignes ren-fermées dans chaque bourse, au lieu quel’espece commune n’en a que trois : que labourse ou enveloppe extérieure qui ren-ferme les quatre châtaignes, est en effettrès-groffe, & si épineuse , qu’elle est aussiincommode à manier que la peau d’unhériffon ; & que ces châtaignes font très-douces Sc fort saines, mais pas si grossiesque les nôtres. (c)

CHATAIGNES , f. f. ( Dicte, Mat.méd.) Les châtaignes font la richesse deplusieurs peuples parmi nous ; elles les ai-dent à vivre. On les fait cuire touc entieresdans de l’eau , ou bien on les rôtit dansune poêle de fer ou de terre percée à laflamme du feu , ou on les met fous lescharbons ou dans la cendre chaude ; maisavant que de les faire rôtir fous les char-bons ou dans les cendres chaudes, on lescoupe légèrement avec un couteau. Quel-ques-uns préfèrent cette derniere maniéréde: les rôtir : car dans la poêle elles ne serôtiflcnt qu’à demi, ou elles contractentune odeur de fumée Sc une laveur empy-reumatique. On sert dans les meilleurestables , au dessert, les marrons rôtis fousla cendre ; on les pele ensuite , & on lesenduit de suc d'orange ou de limon, avecun peu de sucre. Les marrons de Lyonfont fort estimés en France à cause de leurgrosseur & de leur bon goût : ce ne sontpas feulement ceux qui naiísent aux envitons de Lyon , mais encore ceux qui vien-nent du Dauphiné, où il en croît unegrande abondance. Les marchands lesportent dans cette ville , d’où on les trans-porte dans les autres provinces.

Les châtaignes tiennent lieu de pain àplusieurs peuples, fur-tout à ceux du Péri-gord, d u Limosin & des montagnes desCévenncs.

De quelque maniéré qu’on prépare leschâtaignes , elles causent des vents, & fontdifficiles à digérer : elles fournissent à la 'vérité une abondante nourriture, mais i

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grossière, Sc elles ne conviennent qu’à desgens robustes Sc accoutumés à des travauxdurs & pénibles. Il ne faut donc pas s’enrassasier ; car elles nuisent fort à la santé ,si on n’en use avec modération , Sc sur-tout à ceux qui font sujets au calcul desreins, aux coliques , Sc à l’engorgemencdes viscères. Elles font astringentes , sur-tout lorfqu’clles font crues, auffi-bien quela membrane roufsâtre qui couvre immé-diatement la substance de la châtaigne; ellesarrêtent les fluxions de l’estomac Sc du bas-ventre , Sc elles font utiles à ceux qui cra-chent le sang.

On fait un électuaire utile pour la touxSc le crachement de sang, avec la farinecrue de la substance de la châtaigne cuiteavec du miel, Sc pétrie avec du soufre. Leschâtaignes bouillies, ou leur écorce fcche& en poudre, font utiles pour la diarrhée.On recommande la membrane intérieurerougeâtre , pour les flux de ventre Sc leshémorragies ; bouillie dans de Peau ou duvin , à la dose de deux gros, mêlée avecun poids égal de rapure d’ivoire , elle ar-rête les fleurs blanches. On fait avec leschâtaignes Sc les graines de pavot blanc,une émulsion avec la décoction de réglisse,qui est utile dans les ardeurs d’urine.

On fait un cataplasme avec la substancede la châtaigne , la farine d’orge , & levinaigre, que l’on applique fur les ma-melles pour en résoudre les duretés, Sc dis-soudre le lait qui est coagulé. Géoffroi,Mat. med.

Ajoutons, d’après l’obfervation , que leSchâtaignes font très - propres à rétablir se sconvalefcens des maladies d’automne , SCsurtout les en fans qui après ces maladie*restent bouffis, pâles, maigres, avec u»gros ventre, peu d’appétit, &c. à-peu-prè*comme les raisins ramènent la santé dan*

les mêfnes cas après les maladies d’été. Ca fdans les pays où le peuple mangebeaucoupde châtaignes , fans cependant qu’elles ^fassent leur principal aliment, il est ordi'naire de les malades dont nous avon*parlé , se rétablir parfaitement à la fin “l’automne; apparemment en partie par 1 ^fluence de la saison, mais évidemmentau

par l’ufage des châtaignes ; car ph'' leU ^ s

médecin