Band 
Tome septième.
Seite
633
JPEG-Download
 

.V CHE

^«es plus faînes, ne íéra plus à nos yeuxspi’un simple objet d’utilité ; il mériteraa cet égard quelques éloges bien moinsrelevés, il est; vrai, mais beaucoup mieuxfondés.

Hu effet, le chêne est: le plus grand , leplus durable Sc le plus utile de tous lesarbres qui íe trouvent dans les bois ; il estgénéralement répandu dans les climatstempérés, où il fait le fondement lameilleure essence des plus belles forets.Cet arore est si universellement connu ,qu’sl n'a pas besoin de secours équivoquesde la botanique moderne pour se faire dit-kinguer ; il s'annonce dans un âge fait, parrme longue tige droite , & d'une grefleurproportionnée à fa hauteur , qui (urpaileordinairement celle de tous les autres ar-bres. Sa feuille se fait remarquer fur-toutPar sa configuration particulière este estoblongue, plus large à (on extrémité , Scdécoupée dans ses bords par des sinuositésarrondies en-dehors & en-dedans, qui nefont conftarues ni dans leur nombre, nidans leur grandeur , ni dans leur position,t-omme cet arbre est un peu lent à croître,

a\ U , 1 à long-temps , Sc son boisc le plus durable de tous , lorfqu^ilemployé, soit à Pair, soit à l’abri, dansla terre , Sc même dans Peau , où on necompte fa durée que par un nombre desiécles. Le chêne , par rapport à la masse ,nu volume , à la force , ëc à la durée deIon bois, tient donc le premier rang parmiles arbres forestiers : c’est en effet La meil-leure essence de bois qu on puisse employerpour des plantations de taillis & de futaie.Dans un terrain gras il prend trois piés detour en trente ans ; il croit plus vîte alors,Sc il fau ses p\ us g ran ds progrès jusqu’àq aarante ans. Comme l’expoiition Sc mquante du terrain décident principalementdu luccès des plantations, voici fur cepoint essentiel des observations à l'égarddu chêne.

Exposition. Terrain . Presque toutes lesexpositions 5 tous les terrains conviennentau chêne; le fond des vallées, la pente desCollines, la crête des montagnes, le ter-tain sec ou humide , la glaise , le limon,le fable , il s'établit par - tout, mais il enr éfulte de grandes différences dans son ac-Tomc VII.

CHE 6 S}

f croissement Sí dans la qualité de son bois.Il fe plaît & il réussit le mieux dans les ter-res douces, limonneules , profondes , Scfertiles , son bois aï ors est d’une belle ve-

I nue , bien franc , Sc plus traitable pour la

j fente Se la menuiserie : il profite très-biendans les terres dures Sc fortes, qui ont dufond, Sc même dans la gcftíe ; il y croîtlentement, à la vérité , mais le bois en estmeilleur , bien plus solide & plus fort : ilRaccommode aulsi des terrains sablon-neux , crétaílès ou graveleux, pourvu qir’ily aitaífez de profondeur : il y croît beau-co.up plus vîte que dans la glaise , Sc sonbois est plus compaéte & plus dur; mais iln’y devient ni si gros ni si grand.Il ne craintpoint les terres graisses Sc humides , où ilcroît même très-promptement ; mais c’estau désavantage du bois^qui étant trop ten-dre Sc collant, n’a ni la force , ni la solidi-té reguiíe pour la charpente ; il fe rompepâr (on propre poids lorfqu’il y est em-ployé. Si le chêne íe trouve a u contrairefur les crêtes des montagnes, dans des ter-res maigres, léchés ou pierreuses, où ilcroît lentement, s'éleve, peut ik veut êtrecoupé souvent ; son bois alors étant dur ,pesant, noueux, on ne peut guere l’em-ployer qu’en charpente , Sc à d’autres ou-vrages grossiers. Enfin cet arbre fe refuserarement, Sc tout au plus dans la glaisetrop dure , dans les terres basses Sc noyéesd’eau , Sc dans les terrains íî secs Sc si lé-gers, si pauvres & fi superficiels, que lesarbrisseaux les plus bas n’y peuvent croî-tre ; c'est même la meilleure indicationiur laquelle on puisse fe régler lorfqu'onveut faire des plantations de chêne : etivoici ’la direction.

Plantations. Si nous cn croyons les meil-leurs auteurs anglois qui aient traité cettematière, Evelyn , Hougton , Laurence,Mortimer, Sc fur-tout M. Miller qui* estentré dans un grand détail sor ce point ; ilfaudra de grandes précautions, beaucoupde culture Sc bien de la dépense pour fairedes plantations de chênes. Cependant ,comme les Anglois se font occupés avantnous de cette partie de l’agriculture,p arcequ'ils en ont plutôt senti le besoin, & queM. Miller a rassemblé dans la sixième édi-tion de son dictionnaire , tour ce qui pa-

L 111