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cident par des hautes montagnes & desdéserts ; &C au midi par l’océan, les royau-mes de Tunquin, de Lao, & de la Cochin-chine.
La Chiite a environ sept cents ciquantelieues de long, fur cinq cents de large. C’estle pays le plus peuplé Sc le mieux cultivéqu’il y ait au monde ; il est arrosé de plu-sieurs grandes rivières, Sc coupé d’une in-finité de canaux que l’on y fait pour faci-liter le commerce. Le plus remarquableest celui que l’on nomme le canal royal ,qui traverse route la Chine. Les Chinoislont fort industrieux ; ils aiment les Arts ,les Sciences Sc le Commerce : l’ufage dupapier, de ^Imprimerie , de la poudre àcanon , y étoit connu long-temps avantqu’on y pensât en Europe. Ce pays estgouverné par un empereur, qui est en mêmetemps le chef de la religion , & qui a fousses ordres des mandarins qui font les grandsseigneurs du pays : ils ont la liberté de luifaire connoître fes défauts. Le gouverne-ment est fort doux. Les peuples de ce paysfont idolâtres : ils prennent autant de fem-mes qu’ils veulent. Voye^ leur philosophie âl’article de Philosophie des Chinois. Lecommerce de la Chine consiste en ris , enfoie , étoffes de toutes fortes d’efpeces, S’c.
* CHINER , v. act. {Manusacl. en soie.)Chiner une étoffé , c’est donner aux fils de lachaîne des couleurs différentes , Sc disposerces couleurs fur ces fils de maniéré quequand l’étoffe fera travaillée» elles y repré-sentent un dessein donné, avec moins d’exac-titude à la vérité que dans les autres étoffes,qui fe font, soit à la petite tire, soit à lagrande tire ; mais cependant avec asterde perfection pour qu’on l’y distinguetrès-bien , & que l’étoffe soit aster bellepour être de prix. V. Tire (petite & grande.)
Le chiner est certainement une des ma-nœuvres les plus délicates qu’on ait imagi-nées dans les arts ; il n'y avoir guere quele succès qui pût constater la vérité desprincipes fur lesquels elle est appuyée. Poursentir la différence des étoffes chinées Sc desétoffes faites à la tire, il faut lavoir que pourles étoffes faites à la tire, on commence partracer un dessein fur un papier divisé hori-sontalement Sc verticalement pardes lignes;-que les lignes horisontales représentent la
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largeur de l’étoffe ; que les lignes verticalesreprésentent autant de cordes du rnetier(Voye{ le métier à larticle Velours cisele);oue l’astemblage de ces cordes forme lesemple, (voyeç Semple); que chaque cordede semple aboutit à une autre corde ; quel’assemblage de ces secondes cordes s’ap-pelle le rame ( Voye £ Rame ) ; que chaquecorde de rame correspond à des fils depoil Sc de chaîne de diverses couleurs ( V -Poil & Chaîne) , en forte qu'à l’aide d’unecorde de semple on fait lever tel fil de poilSc de chaîne, en tel endroit Sc de telle cou-leur qu’on déliré ; que faire une étoffe à 1»petite ou à la grande tire , c’est tracer »pour ainsi dire , fur le semple le desseinqu’on veut exécuter fur l’étoffe , Sc projet-ter ce dessein fur la chaîne ; que ce desseinfe trace fur le semple , en marquant avecdes ficelles Sc les cordes l’ordre selon lequelles cordes du semple doivent être tirées,ce qui s’appelle lire ( Voyei^ Lire ) ; & quela projection fe fait Sc fe fixe fur la chaîne ,par la commodité qu’on a par les cordes desemple d’en faire lever un fil de telle couleurqu’on veut, & d'arrêter une petite portionde ce fil coloré à l’endroit de rétoffe par lemoyen de la trame.
Cette notion superficielle du travail desétoffes figurées , suffit pour montrer que Im-préparation du dessein , ía lecture fur lesemple, la correspondance des cordes dssemple avec celles de rame , Sc de celles derame avec les fils de chaîne , Sc le reste domontage du métier , doivent former ur> cfuite d’opérations fort longues , en caS-qu’elles soient possibles ( Sc elles le font ) jSc que chaque métier demande vraisembla-blement deux personnes , un ouvrier à 1*trame & au battant , Sc une tireuse uUsemple ( Sc en effet il en faut deux. )
Quelqu’un songeant à abréger Sc le temp*& les frais de l’etosse à fleurs , rencontra 1 erchiner, en raisonnant â-peu-près de la ma-niéré suivante. Il dit : si je prenois u»sétoffé de toile toute blanche , Sc que j e 1®tendisse bien fur les enfuples d’un métier r& qu’avec un pinceau Sc des couleurs )ypeignisse une fleur fur cette toile , il est evi-dent ï°. que s’il étoit possible de défourdir( pour ainsi parler ) cette toile lorsque m®fleur peinte servit seche » chaque íîl d®