Sz4 C H ïl
loix , qui enfermé par le libertinage.: c’eftcontre celui-là que doit se déployer toutela rigueur des loix ; parce que , comme leremarque ce célébré auteur, cesl une réglétirée de la nature , que plus on diminue lenombre des mariages qui pourroient se faire ,plus on corrompt ceux qui font faits ; & quemoins il y a de gens mariés , moins il y a de fi-délité dans les mariages ; comme lorsqu*il y aplus de v .leurs , il y a plus de vols.
Mais en quói le célibat, peut-ii être nui-sible au bien de la stviété ? Il la prive fansdouce de quelques citoyens ; mais ceux qu’illui enleve pour les donner à Dieu , travail-lent à lui former des citoyens vertueux ,& à graver dans leurs esprits ces grandsprincipes de dépendance & de soumissionenvers ceux que Dieu a posés fur leurs têtes.II ne leur ôte l'embarras d'une famille &des affaires civiles, que pour les occuperdu foin de veiller plus attentivement aumaintien de la religion , qui ne peut s’al-térer qu’elle ne trouble le repos & l’harmo-nie de l'état. D'ai,lleurs, les bienfaits que leChristianisme verse sur les sociétés, font allezgrands , allez multipliés, pour qu'on nelui envie pas la vertu de continence qu’ilimpose à ses ministres. Cels comme si quel-qu'un se plaignoit des libéralités de la na-ture , parce que dans cette riche profusionde graines qu’elle produit, il y en a quel-ques-unes qui demeurent stériles.
Le luxe , nous dites vous encore , fait lasplendeur des états; il aiguise lstnduitriedes ouvriers, il perfectionne les arts, ilaugmente toutes les branches du com-merce ; l’or Sc l’argent circulant de toutes parts, les riches dépensent beaucoup ;& , comme le dit un poëte célébré , k tra-vail gagé par la mollesse , s’ouvre a pas lentsun chemin à la richesse. Qui peut nier quees arts; ì'índukìrie, le gourdes modes,toutes c oses qui augmentent fans cesièlCS branches (iu Commerce , ne soient unbien trèí-réel pour les états ? Or le Christia/iisme qui proscrit le luxe , qui l'étouffe ,détruit & anéantie toutes ces choses quicn font des dépendances necestaires. parcet esprit dénégation fc de renoncementà toute vanité, ir introduit a leur place laparesse, la pauvreté , l’abaiido|i de tout ,tu un mot la destruction d" arts. II est
C H R
donc par fa constitution peu propre à faîrole bonheur des états.
Le luxe , je le sais, fait la splendeur desétats; mais parce qu'il corrompt les moeurs,cet éclat qu’il répand fur eux ne peut êtreque passager , ou plutôt il est toujours lefuneste avanr-coureur de leur chute. Ecou-tez un grand maître , qui par son excellentOuvrage de VEsprit des loix , a prouvé qu’ilavoir pénétré d’un coup de génie tonte laconstitution des différens états ; Sc d vousdira qu’une a me corrompue par le luxe , abien d’autres désirs que ceux de la gloirede fa patrie Sc de la sienne propre : il vousdira que bien-tôt elle devient ennemie desloix qui la gênent : il vous dira en si n quebannir le luxe des états, c’est en bannir lacorruption & les vices. Mais, direz- vous ,la consommation des productions de lanature & de l’art u’est-elle donc pas néceC-faire pour /aire fleurir les états; Oui, fansdoute ; mais votre erreur seroit extrême ,si vous vous imaginiez qu’il n’y a que leluxe qui puille faire cette consommation rque dis-je ; elle ne peut devenir entre sesmains que très-pernicieuse ; car le luxeétant un abus des dons de la providence, illes dispense toujours d’une maniéré quitourne, ou au préjudice de celui qui en use,en lui faisant tort, soit dans fa períonne, soitdans ses biens ; ou au préjudice de ceux quel’on est oblige de sécourir & d’assister. J.ïvous renvoie au profond ouvrage des causesde la grandeur 5’ de la décadence des Romains ,poury apprendre quelle estl’influcnce fataled u luxe dans les états. Je ne vous citeraique ce trait de Juvénal qui nous dit quale luxe , en renversant l’empire romain „vengea l’univers dompté des victoires q u’oiaavou remportées lur lui : Scevior armisLuxuria incubie , vichanque ulcijcitur orbem*Or ce qui renverse les états, commentpeut - il leur êttre tuile & contribuer èvleur grandeur Sc à leur puistance? Con-cluons donc que le luxe , ainsi que les au-tres vices, est !e poison S: la perte des étatsSc que s’il leur est utile quelquefois, ce n’eftpoint par fa nature, mais par certaines cir-constances accelloires,& qui lui font étran-gères. Je conviens que dans les monarchies,dont la constitution suppose l’inégalité desnielle tics , il est nécessaire qu’on ne se r en-.