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ferme pas dans les bornes étroites d'un sim-ple nécessaire. » Si les riches, selon la remar-,> que d c l'il lustre auteur de Y Esprit des loi. r,», n’y dépensent pas beaucoup , les pauvresmourront de faim : il faut même que les-, riches y dépensent à proportion de l’iné-« galité , des fortunes, Sc que le luxe y aug-» mente dans cette proportion. Les riches*> fes particulières n'ont augmenté , que•» pat ce qu'elles ont ôté à une partie des» citoyens le nécessaire physique : il faut» donc qu'il leur soit rendu. Ainsi pour que« l’état monarchique se soutienne , le luxe« doit aller en croislant, du laboureur à*> ['artisan , au négociant, aux nobles, aux« magistrats , aux grands seigneurs , aux"* traitans principaux , aux princes ; fans** quoi tout seroit perdu. »
Le terme de luxe q réemploie ici M, deM.. . . sc prend pour toute dépense quiexcédé le simple nécessaire i dans lequel casle luxe est ou vicieux ou légitime, selonqu'il abuse ou n’abufe pas des dons de laprovidence. En l'interprétant dans le sensque le Christianisme autorise, le raisonne-ment par lequel ce célébré auteur preuveque les loix (omptuaires en général ne con-viennent point aux monarchies, subsistedans toute sa force ; car dès que le Chris-tianisme permet les dépenses à proportionde l’mégalité des fortunes , il est évidentquhl n'est point un obstacle aux progrèsdu commerce , ì l’industrie des ouvriers,à la perfection des arts, toutes choses quiconcourent à la splendeur des états. Je n’i-gnore pas que l’iaée que je donne ici duChristianisme déplaira à certaines sectes, quiiont parvenues, à forced’ouuer (es précep.ms , à l e rendre odieux à bien des person-nes c l 11 * cherchent toujours quelque pré-texte plausible pour se livrer à leurs pas-sions. C est a (le?, \ e caractère des hérésiesde porter tout a 1W, en matière de mo-rale, Sc d aimer Fictivement tout ceqm tient d une dureté farouche & de moeursferoces.
Dans 1 église catholique , il f e trouyede ces prétendus spirituels qui, soit hyn 0çvisie , soit misanthropie , condamnentcomme abus tout usage des biens de l aprovidence , qui va au delà du strict nécef-ÍHre. Fiers de leurs croix Sc dç leurs qbsti.
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nénees , ils voudroient y assujettir indiffé-remment tous les Chrétiens , parce qu'ilsrméconnoiílent l’esprit du Christianisme jut-qu au point de ne savoir pas distinguer lespréceptes de l’évangile d'avec lés conseils.Ils ne regardent nos désirs les plus naturels,que co miné le malheureux apanage du vieilhomme avec toutes s es convoitises. LeChristianisme n’est point tel q Ue le figurentà nos yeux tous ces rigoristes , dont l'auf-térité farouche nuit extrêmement à la reli-gion , comme si elle n'étoit pas conformeau bien des sociétés; Sc qui n'ont pas allezd'efprit pour voir que fes conseils , s 'ilsétoient ordonnés comme des loix, seroientcontraires à l'esprit de ses loix.
C'est par une fuite de cette même igno-rance , qui détruit la religion en outrantses préceptes, que Bayle a osé la flétrircomme peu propre à former des héros &des soldats. -- Pourquoi non, dit Fauteur» de Y Esprit- des loix qui combat ce para--- doxe? Ce seroient des citoyensir.siniment» éclairés sot leurs devoirs, & qui auroient» un très-grand zele pour les remplir ; ils» semiroienr très-bien les droits de la dé-» fensenaturellejplus ilscroiroient devoir» à la religion, plus ils penseraient devoir-- à la patrie. Les principes du Christianisme» bien gravés dans le coeur, seroient insi-« nimenr plus sorts que ces faux honneurs
-- des monarchies, ces vertus humaines des
» républiques, Sc cette crainte servile des» états despotiques, »
La religion chrétienne , nous objectez-veus , est intolérante' par ía constitution.
L'intolérance de la religion chrétiennevient de fa perfection, comme la toléran-ce du paganisme avoir fa source dans sonimperfection. Voye^ l’art. Tolérance.Mais parce que la religion chrétienne estintolérante, & qu en conséquence elle a ungrand zele pour s'établir sor la ruine desautres religions, vous avez tort d'en con-conclure quelle produise aulíi tôt tous lesmaux que votre prévention vous fait atta-cher à son intolérance. Elle ne consistepas, comme vous pourriez vous l’imagi-,ner, a contraindre les consciences, Sc aforcer les hcmnyes à rendre à Dieu un cul-te désavoué par le coeur » parce que l'espritn’en connoît pas la vérité- En agissant ainsi,Nnnnn a.