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le Christianisme ircit contre les picpres prin-cipes , puisque la Divinité ne fauroit agréerun hommage hypocrite , qui lui leroit ren-du par ceux que D violence , & non lapersuasion , feroient chrétiens. L’intoléran-ce du Christianisme se borne à ne pas ad-mettre dans fa communion ceux qui vou-droient lui associer d’autres religions, &non à les persécuter. Mais pour connoîtrejusqu’à quel point il doit être réprimantdans les pays où il est devenu la re-ligion dominante, voye £ Liberté de cons-cience.
Le Christianisme , je le fais, a eu ses guerresde religion , & les flammes en ont été sou-vent funestes aux sociétés : cela prouvequ’il n’y a rien de si bon dont la malignitéhumaine ne puiiíe abuser. Le fanatismeest une peste qui reproduit de temps entemps des germes capables d’infecter laterre ; mais c’est le vice des particuliers,& non du Christianisme , qui par fa natureest également éloigné des fureurs outréesdu fanatisme, & des craintes imbécillesde la superstition. La religion rend le p ay ensuperstitieux, & le mahoméran fanatique;leurs cultes les conduisent là naturellement(l'oyeç Paganisme , voye^ Maiiometisme ) :mais torique le chrétien s’abandonne àl’un ou à l’autre de ces deux excès, dès-lors il agit contre ce que lui prescrit sareligion. En ne croyant rien que ce quilui est proposé par l’autorité la plus res-pectable qui soit fur la terre, je veux direl'Eglise catholique , il n'a point à craindreque la superstition vienne remplir sonesprit de préjugés & d erreurs. Elle est lepartage des esprits foibles & imbéciles, Scnon de cette société d’hommes qui perpé-tuée depuis Jesus-Christ jusqu’à nous, atransmis dans tous les âges la révélationdont elle est la sidele dépositaire. En se con-formant aux maximes d > une religion routesainte & toute ennemie de la cruauté ,d J une religion qui s’est accrue par le sangde ses martyrs, d’une religion enfin quiréaffecte fur les esprits & les cœurs d’autrctriomphe que celui de !a vente, qu’elle estbien éloignée de faire recevoir par des sup-plices; il ne fera ni fanatique ni enthou-siaste , il ne portera point dans fa patrie lefer & la flamme, Sc il ne prèndra point le
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couteau fur Laurel pour faire des victi-mes de ceux qui refuseront de penser com-me lui.
Vous me direz peut-être que le meilleurremede contre le fanatisme & la supersti-tion , se roi t de s’en tenir à une religionqui prescrivant au cœur une morale pure ,ne commanderont point à î’esprit une créan-ce aveugle de dogmes qu’il ne comprendpas : les voiles mystérieux qui les envelop-pent ne sont propres, dites-vous , qn’àfaire des fanatiques & des enthousiastes.Mais raisonner ainsi, c’est bien peu con-noitre la nature humaine : un culte révé-lé est nécessaire aux hommes, c’est le feu!frein qui puisse les arrêter. La plupart deshommes que la seule raison guideroit, fe-roient des essores impuíssans pour fe con-vaincre des dogmes dont la créance estabiolument essentielle à la conservation desétats. Demandez aux Socrates, aux Pla-çons, aux Cicérons, aux Séneques, ce qu’ilspenloient de Pi m morts lité de l’ame ; vousles trouverez stottans & indécis fur cettegrande question de laquelle dépend toutei'economie de la religion & de la républi-que : parce qusils ne vouloient s’éclairerque du ieul flambeau de la raison, ilsmar-choient dans une route obscure entre lenéant & l’immortalité. La voie des raison-uemens n est pas faite pour le peuple.Qir’ontgagné les Philosophes avec leurs discourspompeux , avec leur style sublime , avecleurs raisonnemens si artificieusement ar-rangés; tant qu’ils n'ont montré que l’hom-me dans leurs discours, fans y faire inter-venir la Divinité, ils ont toujours trouvél’esprit du peuple fermé à tous les enfei-gnemens. Cc n'est pas ainsi qu’en agillòientles législateurs , les fondateurs d’etat, lesinstituteurs de religion : pour entraîner lesesprits , & les plier à leurs desseins politi-ques, ils mertoient entr'eux & le peuplelc dieu qui leur avoic parlé ; ils a voient eudes visions nocturnes eu des avenissemensdivins ; le ton impérieux des oracles fefaifoit sentir dans les discours vifs & impé-tueux qu’ils prononçoient dans la chaleurde l’emhousiaíme. C’est en revêtant cet ex-térieur imposant ; c’est en tombant dansces convulsions surprenantes, regardéespar le peuple comme l’cssec d’un pouvois