Band 
Tome septième.
Seite
858
JPEG-Download
 

858 C H R

e:iire Us mains des pirates. Je les menace , & ilsme craignent : s’il ejl pape , ajoutoic-elle, je leferai souvenir que je suis reine. Nc pouvantplus influer fur les événemens qui chan-geoient la face de PEurope, elle tâcha aumoins de les prédire. Rarement l’issue dé-mentoir fts prophéties , parce qu'elle avoirplus pensé en fa vie qu'elle n’avoit agi : denouveaux projets l'occupoient lorfqu’unefievre maligne l'enleva le 19 avril 1689,dansla soixante-troisième année de son âge. Ellemourut en reine Sc en philosophe. Tant<511'elle fut fur le trône , elle s’en montra di-gnede peuj le quine murmuroit pasdutempsque d'autres princes perdraient dans les plai-sirs, lui faisoit un crime d: celui qu'elle con-íacroit à l’étude. Son abdication eût été re-gardée com me le dernier eísort d'uii couragevraiment philosophique 5 fi elle n'avoir paseu la foi bielle de s'en repentir. L'ambitionsuc son supplice, Sc verla une amertumecruelle furies plaisirs; les soupçons, Pinqnié-tude , les bizarreries de caractère , les traitsde hauteur qu'on lui reproche, furent deseffets de ce dépit qu’elle s’tfrorçoit en vainde concentrer dans son cœur. En Suede, onla croyois catholique, à Rome, protestante;Baylc soutint qu’elle n’étoit ni l’une ni l'au-tre, & peut-être lui seul fut la juger. {Cet ar-ticle est de M. de Billemond. )

CHRISTINE-STADT, ( Géog. ) petiteville Sc port de Suede en Finlande , dans laprovince de Cajanie, à l’orient du golfe deBothnie.

CIIRISTOLYTES , f. m. pi. ( ils.ecclés) hérétiques qui s’élevcrent dans le vj.íîecle,& qu’on nomma ainsi d u grec rr piror,Chris ; Sc m/3 , déliter , séparer , parcequ'ils féparoient la divinité de Jefus-ChristtPavec Ion humanité , soutenant que le lilsde Dieu , après fa résurrection , étant des-cendu aux enfeis , y laissa son corps & soname ne monta au ciel qu'avec la soûledivinité. S. Jean dc Damas est le seul auteurancien qui ait parlé de cette secte, qui neparoi t pas avoir été fort étendue. ( G)

CHRISTOPHE I, ( Hs : de Dancmarck.)roi dc Dancmarck , etoit fils de ,ValdemarJI, surnommé le viclorieux. Né avec uneambition démesurée , il n'avoit pas vu fansdépit deux de (es frétés, Eric & Abel, sosuccéder au trône t Sc la nation promettre à

C H R

ce dernier d'y placer sa postérité après lui.Abel étant mort d'une maniéré tragique Sctrop digne de ía tyrannie en Ckrsopheà force de cabales & d’inrrigues, écarta sonneveu, & sir oublier à la noblesse le fer-ment .solemnel qui Pobligeoit à mettre lacouronne fur la tête d’Abel.f V. ce mot ,Suppl. ) Il so déclara tuteur du jeune princeSc Je sos frétés, & sous ce titre dangereux,s’empara même des appanages qu’on nepouvoit leur refuser. Son usurpation ren-contra quelques obstacles. Lc brave Mel-dorp refusa de lui livrer les villes où ilcommandoit au nom des princes dépossé-dés. Chrijìophe rassembla une armée , mar-cha contre lui, Sc Pinvestit dans Skielsor.Meldorp sortit à la tête de fa garnison , pé-nétra dans les retranchemens des royalis-tes , y porta la terreur Sc la mort. L’ar-mée s'en fuit, le roi fut entraîné dans fadéroute ; il alla chercher un aíyle dansCopenhague , mais Pcvêque de Rofchikllui en ferma la porce. Chrijìophe furieux,fait de nouvelles levées, Sc marche dansla Zélande que son ennemi ravageoit. Mel-dorp s’en fui t à son aspect : les villes qu’ilavoit défendues porterent la peine de farévolte, elles furent démantelées ; Sc leursgarnisons mallacrées fans pitié , furent en-sevelies fous les ruines des remparts.

Un châtiment íî terrible n’eftraya peintles partisans du jeune Valdemar , préten-dant au trône , à qui Chrijìophe n’avoit pasmême accordé le duché de Siewich, qu’un-ancien usage consorvoir au premier princedu sang.Celui-ci trouva dans le Danemarckdes amis attachés à fa fortune , Sc hors desfrontières des alliés intéressés à fomenter lesdivisions intestines de ce royaume. Mel-dorp arma lesLubtkois en fa faveur.Ceux-cîmon erent fur une^ flotte nombreule , del-cendirent fur les côtes, mirent tout à feu 8 cà sang , leverent de sortes contributions,remporcerem un butin immense ,Sc le seulfruit que Valdemar retira de cette expédi-tion , fut de ravager des états qu’il ne putconquérir. Bientôt {'incendie augmente, laligue le grossir de jour en jour , Sc devientgénérale dans leNord. Les rois de Suede Scde NotWege , les Comtes dc Holstein , lesmargraves de Brandebourg , font dans so

Danujwxtk des irruptions combinées : lt*