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En combinant ces deux différentes preu-ves , M. Newton conclut que l'cxpédiciondes Argonaiitesdoit être placéepopansavarirJefus-Christ , & non pas 1400ans, commeon le croyoit, ce qui rend le monde moinsvieux de ;oo ans.
Ce système , il faut l’avouer , n'a pas faitgrande fortune. Il a été attaqué avec forcepar M. Freret 8c par le P. Souciet ; il a ce-pendant trouvé en Angleterre 8c en Francemême des défenseurs.
M. Freret, en combinant 8c parcourant^histoire des temps connus, croit que M.Newton s’est trompé , en évaluant chaquegénération des rois à vingt ans. Il trouve ,au contraire , par diíférens calculs, qu'ellesdoivent être évaluées à trente ans au moins,ou plutôt entre trente & quarante ans. Il leprouve par les vingt-quatre générations,depuis Hugues Capet jufqu’à Louis XV.parRobert de Bourbon , qui donnent en 770ans 31 ans de durée pour chaque génération;par les douze générations de Hugues Capetjufqtfà Charles le Bel ; par les vingt de Hu-gues Capet à Henri 111. par les vingt-seprde Hugues Capet à Louis XII. par les clix-huit de Hugues Capet à Charles VIII. Il estallez singulier que les calculs de M. Freret,& ceux de M. Newton , soient justes l’un& Faune, 8c donnent des résultats si diffé-rais. La différence vient de ce que M.Newton compte par regnes, & M. Freretpar générations. Par exemple , de HuguesCapet à Louis XV. il n'y a que vingt-quatregénérations, mais il y a crente-deux regnes ;ce qui ne donne qu’environ vingt ans pourchaque régné , Sc plus de trente pour cha-que génération. Ainsi neferoit-il pas permisde penser que íi le calcul de M. Newton esttrop foihlc en moins , celui de M. Freret estuop fort en P i us ? £n général, non-feule-ment ks regnes doivent être plus courts queles générations, mai s i es générations desrois doivent ecre plus comtes q U e celles desparticuliers, parce que les fil s d e ro i s fontmariés de meilleure heure.
A l’cgard des preuves astronomiques, M
Freret observe que la position des étoiles Scdes points équinoxiaux n’est nullement exac-te dans les écrits des anciens ; que les au-teurs du même temps varient beaucoup furce point. Il est crès-vraiflemblable, selon ccTome VU,
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savant chronologie , que Meton en plaçantle solstice d été au huitième degré du cancer,s'etoit conformé , non à la vérité , mais à1 usage reçu de son temps, à-peu-près com-me c’est l'usage vulgaire parmi nous de pla-cer l’équinoxe au premier degré du belier ,quoiqu’elle n’y soit plus depuis long-temps.M. Freret fortifie cette conjecture par ungrand nombre de preuves q u i paroiífenctrès-fortes. E11 voici les principales. Achil-les latins dit que plusieurs Astronomes pia-çoient le solstice d’été au premier degré ducancer, les autres au 8 e , les autres au 1 jeles autres au 1 j c . Euctemon avoit ob'ervé lesolstice avec Meton, & cet Euctemon avoirplacé l’équinoxe d’automne au premier de-gré de la balance ; preuve , dit M. Freret »que Meton en fixant le solstice d été au hui-tième degré du cancer, se conformoit à F tr-iage de parler de son temps, & non à la vé-rité.Suivant les loixde la précestìondeséqui-noxes , l'cquinoxe a dû être au huitit me de-gré A’aries , 964 ans avant l’ere chrétienne ;& c'est à-peu-près en ce temps-là que le ca-lendrier suivi par Meton a dû être publie.Hypparquc place les points équinoxiaux àquinzedcgrésd'Eudoxe: il sfénfuivroit qu’ily à eu entre Hypparque & Eudoxe un inter-valle de r 080 ans, ce qui est insoutenable.A ces preuves M. Freret en ajoute plusieursautres. On peut voir ce détail instructif 8ccurieux dans un petit ouvrage qui a pourtitre : abrégé de la chronologie de M. Newton »fait par lui-même , te traduit fur k manuscrit'anglais , à Paris , iji 5. A la fuite de cecabrégé, on a placé les observations de M.Freret. 11 íera bon de lire à la lutte de cesobservations la réponse courte que M, New-ton y a faite, Paris 1716 , 8c dans laquelleil y a quelques articles q ui méritent attention.Nous nous dilpeníbns d’autant plus volon-tiers de rappoter ici plus au long les preuvesde M. Freret, que nous apprenons qu'il pa-raîtra bientôt un ouvrage posthume consi-dérable qu’il a composé fur cette matière.Mais nous ne pouvons laitier échapper cetteoccasion de célébrer ici la mémoire de cesavant homme, qui joignoit à l’érudition laplus vaste l’efprit philosophique , 8c qui aporté ce double flambeau dans ses profondesrecherches fur l'aniiquite.
La chronologie 11 e ^ borne pas aux tempî
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