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4tre le système de M. 1 abbé de Prades, il neservir point permis de l’embraífer,depuis queles censures de plusieurs évêques de France& de la faculté de Théologie l’on c déclaréattentatoire àl’authenticité des livres saints.
Les textes variant entr’eux fur la chrono-logie des premiers âges du monde , si l’onaccordoit en tout à chacun une égale auto-rité , il est évident qu’on ne sautoir à quois’en tenir fur le temps que les patriarchesont vécu , soit à 1 égard de ceux qui ontprécédé le déluge, soit à l’égard de ceuxqui ne sont venus qu’après ce grand événe-ment. Mais le Chrétien n'imite point dansson respect pour les livres qui contiennentles fondemens de fa foi, la pusillanimitédu Juif, ou le scrupule du Musulman. IIose leur appliquer les réglés de la critique,soumettre leur chronologie aux discussions dela raison , & chercher dans ces occasionsla vérité avec toute la liberté possible , sanscraindre d’encourir le reproche d'impiété.
Des textes de l’Ecriture, que nous avons,chacun a ses prérogatives : l’hébreu p a toi técrit dans la même langue que le premieroriginal : le samaritain prétend au mêmeavantage; il a de plus celui d’avoir con-servé les anciens caractères hébraïques dupremier original hébreu. La version desSeptante a été faite fur l’hébreu des anciensJuifs. L’Eglisc chrétienne l’a adoptée ; lasynagogue en a reconnu l’autorité , & José-.phe qui a travaillé son histoire sur les livreshébreux de son temps, se consormeasiez or-dinairement aux Septante.^ S’il s’est gliíléquelque faute dans leur version , ne peut-ilpas s’en être gliílé de même dans l’hébreu ?Ne peut- on pas avoir le mêine soupçon furle samaritain ? Toutes les copies ne sont-elles pas sujettes à ces accidens & à beau-coup d’autres ; l cs copistes ne font pas
I ? 01 , n , s ne £“8 cr >s «c inhdeles en copiantde 1 hébreu qu en tr a nf crivânt d u grec.C’dl de leur habileté, de i eur mention, &de leur bonne foi, que dépend l a puretéd un texte , & non de U langue dans la-quelle il est écrit. J’ai dit de leur bonne f 0 sparcs que les sentimens particuliers ducopiste peuvent influer bien plus impuné-ment fur la copie d’un manuscrit, qu cceux d’un savant de nos jours fur séditiond’un ouvrage imprimé j car íì la comparai-
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son des manuscrits est si difficile & si rareaujourd’hui même qu’ils sont rafièmblésdans un petit nombre d’édifices particuliers,combien n'étoit elle pas plus difficile & plustare jadis, qu ils croient éloignés les unsdes autres & dispersés dans la société, rarìnantes in gurgite vafio ? J e concois que dansces temps ou la collection de quelques ma-nuscrits étoit la marque de l a p l us grandeopulence, il n’étoit pas impossible qu’unhabile copiste bouleversât tout un ouvrage ,& peut-être même en composât quelques-uns en entier fous des noms empruntés;
Les trois textes de l’Ecriturc ayant à-peu-près les mêmes prérogatives, c’est donc deleur propre fonds qu’il s’agit de tirer desraisons de préférer l’un à l’autre dans lesendroits où ils se contredisent. Il fautexaminer , avec toute la sévérité de lacritique , les variétés & les différentesleçons ; chercher où est la faute, & nepas décider que le texte hébreu est infail-lible , par la raison seule que c’est celuidont leS Juifs sc sont servis & sc serventencore. Une autre sorte de prévention nonmoins légere , ce seroic de donner l’avan-tage aux Septante , & d’accufer les Juifsd’une malice qu’ils n’ont jamais eûe ni dûavoir , celle d’avoir corrompu leurs écri-tures de propos délibéré , comme quelques-uns l’on t avancé , soit par un excès de zelecontre ce peuple, soit par une ignorancegrossière sur ce qui le regarde.
L équité veut qu’on ne considéré les troistextes que comme trois copies d’un mêmeoriginal, fur l’autorité plus ou moins gran-de dcfquelles il ne nous est guere permis deprendre parti, Sc qu’il faut tâcher de con-cilier en les respectant également.
Ces principes posés, nous allons , nottpas donner des décisions , car rien ne servitplus téméraire de notre part, mais proposerquelques conjectures raisonnables fur lachronologie des trois textes, la vie de s an-ciens patriarches, & le temps de leur nais-sance. Je n’cntends pas le temps qui a pré-cédé le déluge. Les textes font a la véritéremplis de contradictions fur ce point,
comme on a vû plus haut ; mais il importepeu d’en connoitre la duree. C est de laconnoiflance des temps qui ont suivi le dé-luge, que dépendent U division des peuples,