C I R
dents la cire alliée. Un moyen de s’aíïurerfi on y a mêlé de la graisse, c’est d’en fairetomber une goutte fondue fur un morceaude drap ; lorsqu elle etì bien refroidie 6c fi-gée , on verse dessus un peu d’esprit devin , puis , en frottant l’étoffe , la cire doitfe détacher entièrement ; & quand l’hutni-dité de l'efprit devin est dissipée, il n’y doittfcster aucune tache. Il faut auíïì rompre lesbougies pour connoître si la cire intérieurede même qualité que celle de dessus.Pour faire la bougie filée , on dévide d'a-bord les écheveaux de coton fur des tour-nettes, en nouant d’un nœud plat, qui n’estpas beaucoup plus gros que le fil, les boutsdes uns avec ceux des autres ; elle fe file à peuprès comme le fil d’archal, par l e moyen dedeux gros rouleaux ou cylindres de bois qu J onnomme tours , qui font placés de travers furdes piés solides, & que l'on fait tourner avecdes manivelles , ce qui fait passer , en allant^ venant plusieurs fois de fuite , la meche«ans la cire fondue qui est dans une bassine? u P°êle de cuivre , & en même temps par« trous d une filière aussi de cuivre , atra-c nee a l'un des bouts de la bassine ; enforte> petit- à-petit, on donne à la bougiejjfd'e grosseur que l'on veut, suivant lesdif-ferens trous de filière par lesquels on la faitPasser. Cette bougie est blanche ou jaune ,íelon le prix qu'on se propose de la vendre :® n la plie en petits pains ronds , ou de relieforme que l'on veut, & on la peint quelque-fois de diverses couleurs, fur-tour «Ile quia la forme d’un livre.
Les bougies quarrêes , qu’on nomme aussibougies ahmjjicrs , parce que ce font les huis-siers des appartemens du roi qui les portentdevant Sa Majesté qnand elle passe d’un ap-partement à un autre, fe font différemmentdes bougies rondes : elles vont en diminuantPar le haut.
Pour les faire , on jette la cire fur la me-sse du haut en bas, iufqu’à ce qu’elles soienta leur grosseur. Lorsqu un ouvrier en a roulé, un autre ouvrier la prend pour y for-ger , avec le gravoìr , qui est un instrumentde buis qui sert à tracer les filets fui les cier-ge j quatre cannelures qui lui donnent laforme dc quatre cierges soudés ensemble.
On colore aussi la cire Sc on la préparepour divers usages. La cire blanche est fuf-
C I K 14Ì
ceptible de prendre toutes fortes de couleurs.Pour la teindre , on broie d'abord à l’huìlela couleur que l’on désiré ; ensuite on faitfondre de la cire blanche en pain , ÔC lorsé-quelle est en fusion , on délaie dedans lacouleur broyée à l’huile ; après quoi, on laremet en petits pains, comme à la troisièmefonte du blanchissage : lorfqu’on a besoinde l'employer, on la fait fondre de nouveau.
C’est avec cette pâte attendrie avec del'essence de térébenthine , qu’on peut pein-dre les tableaux aussi facilement qu’avec lescouleurs broyées à l’huile.
Pour le sceau de la grande & petite chancel-lerie , l’on fait usage de cire jaune, rouge ouverte : la jaune est telle qu elle provient desruches ; la rouge est coloriée avec du ver-millon , Sc la verte avec diì verd de gris. Lacire de commissaire est aussi coloriée avecdu vermillon ou cinnabre très-fins, qu’on ajeté dedans lorsqu’elle étoit en fusion, ôc àlaquelle on a allié de la poix grasse qui la rienttoujours molle ; d e forte que pour l’employer,il est inutile de la faire chauffer , ou de lamettre dans l’eau chaude comme la cire dusceau.
On prépare aussi de la cire pour tirer lesempreintes des pierres gravées : on prendpour cela , par exemple, une once de cirevierge & un gros de lucre candi broyé très-fin : on fait fondre le tout, & on y ajouteune demi-once d; noir de fumée , & deuxou trois gouttes de térébenthine. Lorsquece mélange est un peu refroidi, on en formede petits pains. Quand on veut tirer une em-preinte , on pétrit cette cire entre les doigtspour l’attendrir ; on mouille un peu la pierregravée, en y appliquant la langue , & onl’appuie fur la cire pour en tirer l’empreincequi se trouve faite avec beaucoup de préci-sion.
Cet art a été poussé loin de nos jours. Lesieur Benoit, peintre de profession , a trouvéle secret de former sur le visage des per-sonnes vivantes , des moules dans lesquels ilfondoit des masques de cire qu’il animoitenquelque façon par des couleurs & des yeuxd’émail imités d’après le naturel. Ces figu-res , revêtues d’habits conformes à la qua-lité des personnes qu’elles représentoient ,étoient lì ressemblantes qu’on les prenoitsouvent pour les personnes mêmes. Les fi-