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Caroline. En 1767 , M. Linné à la page 6 $lde la derniere édition de son Systema natu-res , l'appelle myrìca % ccrifira , foliis lanceo-latis subserratis , caille arborescente.
Cet arbrisseau s'éleve à la hauteurde cinqa six piés feulement, fous la forme d'un buis-son sphéroïde à branches menues , longues,assez rares, & écartées.
Ses feuilles font alternes , elliptiques ,pointues aux deux bouts , longues de troispouces, trois à cinq fois moins larges , mar-quées de trois à cinq dentelures de chaquecoté seulement vers leur extrémité , relevéesen-deílous d une côte ramifiée en cinq à sixpaires de nervures alternes & portées pref-qu horizontalement fur un pédicule cylin-drique six à dix fois plus, court qu’elses.
Les fleurs mâles font séparées des femel-les fur des piés ou des individus différons.Dans les uns & les autres, c est une efpeced epi ovoïde feíïile, sortant de l'aiílelle de cha-que feuille, quatre à six fois plus court qu elle,c °mpofé de vingt à trente fleurs sessiles.
Chaque fleur consiste en une écaille fansCorolle, contenant dans les mâles depuis deuxsofqu'à six anthères réunies par leurs filets enUne colonne cylindrique. Dans les fleurs fe-rpelles, au lieu des étamines , c'est un ovairesphéroïde , surmonté de deux styles velou-rs fur leur face intérieure.
L'ovaire devient, en mûrissant, une es-P e ce de baie sphérique verte d'abord, en-suite gris-cendré, d'une ligne un tiers de dia-mètre , à chair semblable à une graisse gris-verdâtre , ferme , écailleuse , peu liée, lui-sante , friable , à une loge contenant uneseule graine en osselet sphéroïde verdâtre.
Culture. Le cirier croît communémentdans l'Amérique septentrionale , aux iflesBermudes, mais plus particulièrement à laLouisiane , dans les plaines humides & ma-récageuses, où lseau séjourne & pourrit pourainsi dire fans écoulement.
Qualités. Cet arbrisseau répand une odeuraromatique assez agréable.
Usages. Les naturels de la Caroline ne.râlent pas d'autre bougie que celle qu’ilstirent de son fruit. Un cirier bien chargé dermt en porte environ sept livres, dont sixPour fa graine, & une pour fa chair, quie uu environ un quarteron en cire. Pour dé-
fi saisit de faire bouillir ces fruits dans seau;alors elle se fond , & surnage à la surface deseau , d'où on la retire au moyen d'une cuil-ler. On la nettoie ensuite en la faisant pas-ser à travers un linge, puis on la fait fon-dre de nouveau pour la mettre en pain. Lacire qui s'éleve la premiere pendant l’ébul-lition , est jaune ; celle qui vient ensuite estelle amne odeur aromatique douce,
verte
assez agréable. Elle est plus seche, plus fria-ble & plus transparente que la cire des abeil-les. La bougie que l'on en fait est d’abordplus blanche que celle de la cire des abeil-les ; mais ensuite elle jaunit, & finit par de-venir grise-terne & comme moisie ; elle estplus cassante, elle éclaire moins , & seratoujours d’un service inférieur chez les na-tions qui ont l'ufage ordinaire de la bougiede cire d'abeilles & de la chandelle de suif°u de graisses animales.
Remarque. On ne peut voir fans une cer-taine peine la confusion que M. Linné ré-pand íur les diverses parties de la botanique,en s'efforçant de changer tous le noms an-ciens ; & le gale en est un exemple biensensible : ce nom est celui que les Ecoíìoisdonnent à l'efpece d'Europe , & M. Linnéa jugé à propos de lui substituer le nom demyrica, que les Grecs donnent au tamaiis.
Le gale est un genre de plante qui ferange naturellement dans la seconde sectionde la famille des pistachiers, où nous Pa-vons placé. Foye^ nos Familles des plantes ,volume II , page 345. (M. Avanson. )
Il y a deux eípeces de cirier très-curieu-ses : l'une croît à la Louisiane , où on l'ap-pelle arbre dc cire ; & l’autre efpece , quiest petit, croît dans la Caroline & dansl'Acadie, où on trouve de semblables ar-brisseaux ; ils font plus petits. Ils y en a aussidans le Canada , fur la frontière de l'Aca-die : on les y nomme lauriers sauvages. Ilsont encore une autre marque qui sert à lesdistinguer de ceux de la Louisiane : c’estque leurs feuilles sont plus larges, & pro-fondément dentelées. Miller en indique cinqefpeces , MM. Van-Hazen sept, & M.Linné cinq.
Quoique ces arbrisseaux soient aquati-ques , ils ne laissent pas de bien venirdans des terreins secs, à l'ombre d'autres