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Tome huitième.
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l’on voit avec une pleineévidencepar ces con-jonctions connues fie , enim , qui montrentsi bien le rapport nécessaire de ces proposi-tions avec ce qui précede : elles íont commek résultat & le sommaire de la parabole ; &fi elles ont quelque obscurité , c’est dans laparabole même qu’il en faut chercher l’é-clairciííement.

Te dis donc que les élus dont il s’agit ici,ce íont les ouvriers que le pere de familletrouva fur le soir sans occupation , & qu ilenvoya, quoique fort tard , à fa vigneouvriers fortunés , qui n’ayant travailléqu’une heure , furent payés néanmoins pourla journée entiere. Voilà , dis-je , les élus, lesfavoris, les prédestinés.

Les simples appellés que la parabole nousprésente, ce sont tous ces mercenaires q ue lepere de famille envoya dès le matin à favigne , & qui après avoir porte toute la fa-tigue du jour , furent payés néanmoins lesderniers , & ne reçurent que le salaire con-venu , le même en un mot que ceux quiNoient peu travaillé. Ce font tous ceux-làS Ul , suivant la commune opinion, nousjurent les non - élus, les prétendus ré-prouvés.

Mais que voit-on dans tout cela qui sup-pose une réprobation ? Le traitement du perede famille à l’égard des ouvriers mécontens,VjMl quelque chose de cruel ou d’odieux ,Cc trouve-t-on rien de trop dur dans le dif-sage 8c modéré qu il leur a d relie ?

° n a mi , je ne vous fais point de tort ; jeV0Us donne tout ce aue je vous ai promis : je“■* Jair e quelque gratification a un autre 3pourquoi fe trouve^-vous mauvais ?

On ne voit rien là qui doive nous fairelecher de crainte , rien qui lente les horreursdune réprobation anticipée. J’y vois biende la prédilection pour quelques-uns ; mais|e n y aperçois ni injustice ni dureté pourles autres : nul n’éprouve un fort funeste,oeux même qui ne font qu appellés fans êtrej Us j doivent être satisfaits du maître quifj emploie , puifqu'il les récompense tous,yf sttt’U les traite avec humanité. Mon ami,lr 'd , jc ne vous fais point de tort ; appelleau travail de ma v jone , vous ave^ reçu le fa-airc de vos peines ; & quoique vous ne foye^n’a- U nom ^ re des élus ou des favoris , vous

le lF°u’tant gas sujet de vous plaindre. Pa-

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rôles raisonnables, paroles même’affectueu-fes, qui me donnent de f espoir, & nulle-ment de f épouvante.

Je conclus de ces réflexions si simples »qae le mulet vocati , pauci vero eleeli , dontil s’agit, est cité mal à propos dans un senssinistre, & qu’on a tort d’en tirer des in-ductions désespérantes ; puisqu enfin ce pas-sage bien entendu & déterminé comme ilconvient par les circonstances de notre pa-rabole , inspirera toujours moins cf effroi quede confiance en la divine bonté , & qu itindique tout au plus les divers degrés debéatitude que Dieu prépare dans le ciel à sesserviteurs : eruntnovijftmiprim't , 6’ prìmì no-vìffimi, Ibid.

Le multi vocati , pauci vero eleeli , fe trouvsencore une autre fois dansl'écriture ; c’est auxxij, chap. de S. Matthieu : mais il n’y a rienlà de plus sinistre & de plus concluant que caqu on a vu ci-deífus.

J ai aussi un mot à dire íur le fameux »altitudo de St. Paul, 8c je montrerai fanspeine que l’on abuse encore de ce passagedans les applications qu’on en fait : on le citapresque toujours en parlant du jugement dcDieu , & il semble que ce foi t pour cou-vrir ce qui paroît trop dur dans le mystèrede 1a prédestination , ou pour calmer lesfideles effrayés des célestes vengeances. Maisce passage, au íens qu’il est cité , loin d’é-clairer ou de calmer les esprits , inspire aucontraire une frayeur ténébreuse , & nousmontre un Dieu plus terrible qu’aimable.

Néanmoins admirez ici le mal-entendi*de cette citation : ce passage fi peu satisfai-sant de la maniéré qu’on le présente , est vé-ritablement dans le texte sacré un sujet d’esspérance & de consolation , puifqu’il expri-me le ravissement où est l’apôtre à la vuedes trésors de sagesse & de miséricordeque Dieu réserve pour cous les hommes.

Dieu , dit S. Paul aux Romains , a per-mis que tous fuííênt enveloppés dans l’in-crédutité , pour avoir occafion d’exercer famiséricorde envers tous. Conclufit enim Deusomnia in incredulitate , ut omnium mifereatur,Sur quoi l’apótre s’écrie transporté d’admi-ration : “ O profondeur des trésors de k, » sagesse & de la science de Dieu ; que Ce»;■> jugemens font impénétrables, Sc Ces voies, » incompréhensibles >• I S. Paul par conse-