174 Oïl*
des citoyens romains > pour s'èire fait inscrirefur le rôle d’une autre ville ; ceux gui étoientexilés ou relégués dans une iíle, louffroientaussi cette moyenne dégradation , & con-séquemment perdoient les droits de cité.V.l’hifl. dc la jurispr. rom. par M. Terrasson.
Parmi nous il n y a que la naissance ou leslettres du prince qui attribuent les droits decité. On confond quelquefois le droit de citéavec celui de bourgeoisie ; cependant le droitde cité est plus étendu que celui de bourgeoi-sie , il comprend aussi quelquefois l’incolat,& même tous les effets civils.
En effet, celui qui est banni d’un lieu neperd pas feulement le droit de bourgeoisie, ilperd absolument les droits de cité , c'est-à-dire tous les privilèges accordés aux habitansdu lieu ; & si le bannissement est hors duroyaume , il perd tous les effets civils.
On peut perdre les droits de cité fans perdrela liberté, comme il arrive dans celui quiest banni ; mais la perte de la liberté emportetoujours la perte des droits de cité. Voye çFurgole, des testament, tomel, page ig8.Dunod, traité de la main morte , page jc /, aumot Bourgeoisie. (A)
CITEAUX ou Cisteaux , (Hist. desordres relig.) Cifierium ou Cifterìcum, Cificl-lence monafterium , célébré abbaye , chefd'ordre en Bourgogne , dans le Dijonois ,diocèse de Châlons , bailliage de Nuits, fon-dée pat saint Robert , abbé de Moleme ,des libéralités de Raynal, vicomte de Beau-ne, & d’Eudes, duc de Bourgogne.
Cet ordre a donné quatre papes à l'église,Eugene III, Grégoire VIII, Célestin IV,Benoît XII, & quantité de cardinaux &de prélats.
L'abbé de Cítcaux a la jurisdiéfcion ordi-naire sur les quatre qîfemieres abbayes appel-lées les quatre filles , qui font la Ferté-iur-Grone dans le diocèse de Châlons ; Pontigtiidans celui d'Auxerre ; Clairvaux & Mori-mont dans celui de Langres. Les quatre abbésfont les premiers peres de l'ordre.
L'abbé de Cíteaux est le chef & supérieurgénéral de tous les monastères de son ordre ,qui étoient, avant la prétendue réforme ,au nombre de 1800 d'hommes 8c de 1400de filles , & aussi des ordres militaires deCalatrava , d'Alcantara, & de Monteze enEspagne ,fd*Avis & de Christ en Portugal.
C I T
Il a droit de convoquer le chapitre généralde son ordre à Cteaux : il y préside , 8c dansl’intervalle il en a tout le pouvoir. Il est con-seiller né du parlement de Bourgogne.
La bibliothèque renferme plusieurs ma-nuscrits précieux , celui entr'autres d'uneBible portée au concile de Trente par l'abbéLouis de Bessey , qui servit à en donner unebonne édition.
L’église , très-belle, est ornée de tom-beaux d'^vêques , d’abbés, de grands sei-gneurs. On distingue ceux de Gui de Ro-chefors , chancelier de France íous CharlesVIII 8c Louis XII ; de Philippe Pol, gou-verneur de Bourgogne ; de quatre sires doVergi, de deux Seigneurs dc Mont-Saint-Jean , trois de Vienne. Sous le portail onvoit le tombeau du fondateur de l'abbaye 8cdes autres ducs de la premiere race ses suc-cesseurs ; enfin on compte trente princes ouprincesses de Bourgogne inhumés à Cíteaux*Le cœur du pape Calixte II, mort en 112.6,est derriere l'autel.
Alain , surnommé le docteur universel , futinhumé à Cítcaux en 1194.
Innocent IV, n'étant que cardinal deFiesque , fut l’ami de l'empereur Frédéric ;devenu pape , il fut son mortel ennemi, 8csuivit les traces de l'orgueilleux Grégoire IX;obligé de fuir la colere de l'empereur , il íeretira à Genes fa patrie : étant averti que leroi saint Louis devoir se rendre à Cítcaux ,ce pape écrivit au chapitre général une lettreétudiée , par laquelle il prioit tous les abbésqui s'y trou voient de conjurer le roi à mainsjointes & à genoux , de le prendre, suivant1 ancienne coutume de France, sous fa pro-tection , & de le défendre contre Frédéricqu'il nommoit fils de fat an : de plus il leurinsinuoit qu’ils lui feroient plaisir , s'ils en-gageoient le roi à le recevoir dans íes états.
Louis s'avançoit en effet vers Cítcaux.Tous les abbés & la communauté , qui étoitde 500 moines , ayant appris son arrivée ,allerent processionnellement au-devant de luipour le recevoir & le conduire à leur monas-tère. Le roi ayant été introduit dans le cha-pitre , après s'y être assis au milieu des abbés& des seigneurs, se recommanda aux priè-res des religieux ; alors tous à genoux, lesmains jointes & avec larmes , lui firent laI prière que le pape leur avoit prescrite.,