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Le roi s’étant mis à genoux devant eux(que les rois font grands lorsque la piété lesengage à se rabaisièr ! ), leur dit : “ Si jepu s fans blesser l’honneur de ma dignité, meprêter à ce que vous me demandez , je dé-fendrai le pape contre l’empereur Frédéric ,& je lui donnerai même , pendant son exil,un asyle dans mes états, pourvu que mesUâtons me le conseillent, parcc qu’un roi deFrance ne peut se dispenser de suivre leursavis ». ( Parole remarquable. )
Louis assembla donc les seigneurs de sonroyaume pour les consulter : ceux-ci bienconvaincus que la cour de Rome est tou j oursà charge a ses hôtes , répondirent qu’ils nesouffriraient point que le p ape vînt s’établirdans le royaume. Cest ainsi que fous le gou-vernement d’un prince jeune 8 c pieux, lasagesse & la prudence vigilante des grands ,conserve au roi la splendeur de la majestésans aucun mélange del’éclat d’une puissanceétrangère, &c assure à fêtât fa tranquillité.
Conformément à f avis des seigneurs , leÏQ i fit entendre au pape qu il ne devoir pasc °rn P ter fur la France. Tout le monde crai-8ttoit de le posséder ; il avoir auíli demandémême temps au roi d’Aragon la permisson de venir en ses états : cette permiíïìonmi fut également refusée : dans ion embar-ras , le pape songea à l’Angleterre , où il nefut pas plus heureux : “ Dieu nous garde de|a présence du pape, répondirent les barons,d ne viendrait lui-même que pour piller lesmens de f église & du royaume».
On raconte que le pontife f écria dans untranspo rt de colere : « Il faut venir à bout? e . 1 empereur , ou nous accommoder avecmi ; après avoir écrasé ou adouci ce grandjffugon , nous foulerons aux pies fans crainte* es petits serpens ».
Ainsi Innocent, refusé par-tout, se déter-mina à venir à Lyon, ville neutre, dont* archevêque étoit seigneur : cest là où ilhnt un grand concile, où il excommuniaredéric ; coup d’éclat qui eut de terribles«es. Hijìoire des entreprises du clergé ,Seconde, partie , page 10 , Z2., z767.a u B °steau , étant à la fuite de Louis XIV,nassa^î que ce prince fit à Strasbourg,aver ht Citeaux , où les moines le reçurentcurenr .^ Coil P de distinction. Quand ils lui1 v °ir leur couvent, f un d'eux lui
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demanda qu il leur montrât donc le lieu oùlogeoit la mollesse, comme il savoir avancédans ion lutrin.
“ Montrez-la moi vous - mêmes, me-speres, leur répondit-il en riant, car c’estvous qui la tenez cachée avec grand foin. »Récréât . lìtt. Lyon, 1765 , en 4 vol. in-fol.
On voit à Citeaux une bible corrigée parles íbîns de St. Etienne troisième abbé ,précieux monument du zele que ce St. abbéavoir, afin que les religieux puisassent 1ascience du salut dans les sources les pluspures. Cet exemplaire corrigé de la bible estde 1109. Il asiembla les abbés 8 c prieursde f ordre en 1119. ( déja 1 1 abbayes. )
(fest le second chapitre général. Il yforma des statuts appellés Charta charitatis ,approuvés par une bulle du pape Calixte II,datée de Saulieu en r 119. Avant ía mort,arrivée en 1134 , il établit 100 monastères ,13 par ses mains, le reste par celles de sesdisciples. II choisit, avec le chapitre, Guipour lui succéder : c’étoit un hypocrite quifut déposé un mois après , 8 c Rainald,disciple de saint Bernard , mis à fa place.
La Charte de charité est un ouvrage dignede la pieté de saint Étienne &c des premiersabbés de Citeaux. Cet écrit ne respire que lacharité, prescrit les moyens de la conserver,& réunit entr’eux tous les monastères pourn’en faire qu’un corps fous un même chef.
Le chapitre , composé de 10 abbés ,approuva cette charte de 30 articles, adresséeà tous les abbés. En 1116 il y avoit déjaplus de 60 abbayes en France, puisque LouisVIII, dans son testament, fait des legs à 60massons de l’ordre de Citeaux.
Je me souviens, dit l’abbé d’Olivet dansune lettre de 1731, à M. le présid. Bouhier,d’avoir lu que l’ordre de Citeaux , assemblécapitulairement au xiv e siecle, fit un statut,par lequel il fut ordonné que , vu le grandnombre de leurs religieux qui avoient été ins-crits au catalogue des saints, ils n’en feraientplus canoniser, & cela : Ne multitudìnc san 3 ivilescerent in ordine. Préface de la vie du pereVincent Caraffe, imprimée à Lyon en 1652.
" C’est par le même motif, observe l’abbédes Fontaines, Tome V de ses jugemens ,page 2.35 , qu’un saint fut supplié autrefoisen Italie de ne plus faire des miracles ». (C)CITER, (Junf) c’est assigner quelqu’un