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Tome huitième.
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devant un juge d’égiise. Voyeç cì-devtmtCitation, ( A )

CITERNE j s. f. (Arch.) réservoir sou-terrein d’eau de pluie sait par art pour les di-vers besoins de la vie. On ne sautoir s’en pas-ser dans plusieurs pays maritimes , dans plu- îsieurs endroits de f A fie , & d’autres parties ,du monde. Comme seau de toute la Hollan- !de est íaumache, toutes les maisons ont desciternes , & il y en a qui font construites .avec un foin , un goût & une propreté admi- ’râbles. Mais on dit que k plus belle citerne 1qu il y ait au monde , se trouve à Constanti- jnople. Les voûtes de cette citerne portent furdeux rangs de aï r piliers chacun ; ces piliers,qui ont deux piés de diamètre , sont plantéscirculairement, & en rayons qui tendent àcelui qui est au centre.

Ainsi un des plus grands avantages qu’onpuisse tirer de seau de pluie , c est de la ra-masser dans des réservoirs souterreins qu onappelle citernes , où quand elle a été purifiéecn passant au travers du fable de riviere, ellese conserve plusieurs années fans se corrom-pre. Cette eau est ordinairement la meilleurede toutes celles dont on peut user , soit pourboire, soit pour semployer à plusieurs usages,comme pour le blanchissage & pour les tein-tures , parce qu’elle n’est point mêlée d'aucunsel de la terre , comme sont presque toutesles eaux des fontaines, & même les plus esti-mées.

Ces citernes font d’une très-grande utilitédans les lieux où son isa point d’eau de sour-ce , ou bien lorsque toutes les eaux de puitssont mauvaises.

Dans ce cas, ceux qui sont curieux d’avoirde bonne eau , observent soigneusement dene laiílèr point entrer seau des neiges fon-dues dans la citerne, ni celle des pluies d’ora-ges. Pour ce qui est des neiges fondues , ona quelque raison de les exclure des citernes ,non pas à cause des sels qu on s’imagine quisont enfermés & mêlés avec les particules dela neige, mai^ seulement parce que ces neigesdemeurent ordinairement plusieurs jours, &quelquefois des mois entiers fur les toits desmaisons, où elles se corrompent par la fientedes oiseaux ôc des animaux , ct plus encorepar le séjour quelles font fur les tuiles, quisont ordinairement fort sales.

Cependant les Hollandais parent à ces

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deux derniers inconvéniens, en entretenantleurs toits avec propreté , en en éloignant lesanimaux , &c en sortant leur eau par despierres ou des fontaines labiées.

Ce seroit icile lieu de parler de la construc-tion de leurs citernes , de leur maçonnerie ,de leur revêtement de marbre , de leur cou-verture , de leur propreté , du choix desmatériaux qu’iis y emploient : car ce n’estpas aílez pour former ure citerne , que d’a-voir un lieu qui tienne bien seau , que lespierres Sc le mortier dont elles font jointesne puissent communiquer aucune qualité àcette eau qui y séjourne pendant un tempsconsidérable ; il faut encore de fart dans laforme, dans la structure, dans les fondemensd une bonne citerne ; mais ce détail me me-neroit trop loin , & seroit presque inintelligi-ble sans les figures.

Comme toutefois ce n’est pas feulementdans des pays tels que la Hollande que lesciternes font nécessaires ; qu’il y a quantitéde villes, de lieux , de châteaux dans toutel’Europe , & dans ce royaume , où des ci-ternes feroient d’une très-grande utilité ; qued’ailleurs l’on ne peut douter par toutes lesépreuves qu’on a faites , que seau de la pluiequi a été purifiée dans du fable de riviere,ne soit la meilleure de routes celles qu’onpuistè employer : M. de la Hire a imaginé,& a communiqué au public (tném. de L’acad .des Sciences, les moyens suivans ,

pour pratiquer en tout pays des citernes quisourniroient à chaque maison asiez d’eaupour susage &c les besoins de ceux qui ydemeurent.

Premièrement, il est certain qu’une mai-son ordinaire qui auroit en superficie 40toises, lesquelles feroient couvertes de toits,peut ramasier chaque année 2.160 piés cubi-ques d’eau , en prenant seulement 18 poucespour la hauteur de ce qu’il en tombe, qui estla moindre hauteur que son observe com-munément. Mais ces 2.160 piés cubiquesvalent 75600 pintes d’eau , à raison de 35pintes par pié , qui est la juste mesure pourla pinte de Paris. Si son divise donc cenombre de pintes par les 3 6 5 jours de saunée,on trouvera zoo pintes par jour. On voiepar-là que quand il y auroit dans une mai-son , comme celle qu’on suppose, vingt-cinq personnes, elles auroient huit pintes

d’eau