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Tome huitième.
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sois sphériques , d’autrefois pointus à leursommet, quelquefois mousses ; leur super-ficie est: ridée & parsemée de tubercules :souvent ils ont neuf pouces de longueur, &quelquefois davantage ; car ils varient engrandeur & en pesanteur. Quelques-uns pè-lent jusqu à six livres.

Leur écorce extérieure est commedu cuir,wince, amere , échauffante, verte dans lecommencement , de couleur d’or dans lamaturité , -Lune odeur pénétrante. Leurécorce intérieure ou la chair , est épaisse &comme cartilagineuse , ferme , blanche,douçâtre , un peu acide, & légèrement odo-rante , partagée intérieurement en plusieursloges pleines d'un suc acide contenu dansdes vésicules membraneuses.

Enfin chaque fruit contient beaucoup d egraines. Quelques- uns en ont plus de centcinquante , renfermées dans la moelle vési-culaire. Elles sent oblongues , d’un demi-potice de longueur, ordinairement pointues<Jes deux côtés, couverte dune peau un peu*p re & membraneuse , amere , jaune enj e fiors , cannelée , & renfermant une aman-blanche , mêlée d’amertume & de dou-ceur.

Son origine. L t citronnier, comme le prou-^cnt ses noms latins, a été d’abord apportéîle l’Assyrie Sc de la Médie en Grece, de-làc* 1 Italie & dans les provinces méridionalesî l'Europe. On le cultive en Sicile , en Por-lu gal, cn Espagne , en Piémont, en Pro-Ve nce, Sc même dans quelques jardins du, où il donne des fruits, mais bien in-‘erieurs à ceux des climats chauds. On cul-tl ^e encore cet arbre à la Chine, aux Indesdentales Sc occidentales, & en Amérique,au f apport du chevalier Hans-Sloane. Voyag.Tarn. tom. II, pag. 176.

Ses especes. Les botanistes en distinguentu jl e dixaine d’efpeces principales, quoiqu'ils11 ’gnorent pas que les jardiniers de Genes,p Ul en est la grande pépinière pour l’Europe,°»t si curieux d’étendre cette variété, qu’ilsa ®gmentent tous les jours.

sspece de citronnier la plus estimée estcelle de Florence, dont chaque citron se vendorence même cinquante fous de notre° n en envoie en présent dans les

pu-rticuhcre^pej Cette efpcxe

Tome y {j venir dans fa perfection

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’ que dans la plaine qui est entre Pise Sc Li-vourne ; Sc quoiqu’on ait transporté ces sor-tes de citronniers du lieu même en divers au-tres endroits choisis d’Italie , ils perdent tou-jours infiniment de cet aromate , de cettefinesse de goût que leur donne le terroir decette plaine.

Son usage che £ les Romains. O11 ne man-geoit point encore de citron du temps de Pline ;& Plutarque rapporte qu’il n’y avoir pas long-temps qu on en faisoit usage en qualité d a-liment lorsqu’il vint au monde. Au rapportd'Athenée , 011 regardoit alors les citronscomme une chose d’un très-grand prix ; onen enfermoit avec des bardes pour les garan-tir des teignes , & leur donner en mêmetemps une odeur agréable : c’est de-là fansdoute que vient le nom de vejlis citrofa. Onmangeoit déja le citron du temps de Galien,& Apicius nous a conservé la maniéré donton 1 accorumodoit.

Comme le citronnier est ensuite par-toutdevenu tres-commun, on trouve dans lesouvrages des modernes un nombre immensed’observations fur les vertus de cet arbre Scde son fruit, dont plusieurs parties font d’u-sage en médecine, soye^ Citron {Chymie. )

Il y a des citrons qui font en même tempsoranges, c’est-à-dire que certain nombre dccôtes ou plutôt de coins solides , continuésjufqu’à l'axe du fruit, font d’orange, & lesautres de citron : ce nombre de côtes estnon-seulement différent, mais quelquefoisdifféremment mêlé en différens fruits. Est-ce un effet de l’art, ou font-ce des especesparticulières ? ( Hist. de l’acad. des Sc. 171 r& 17ix.) Si c’est un effet de l’art, seroit-cepar des poussières appliquées à des pistils étran-gers que cette merveille arrive > On pourroitle soupçonner sur des exemples approchansqui s’en trouvent chez quelques animaux, sil’analogie du régné animal au végétal étoitrecevable en physique. Ce scroit bien-là unemaniéré élégante d’avoir de nouvelles espe-ces de fruit ; mais il faut attendre les expé-riences avant que de prononcer.

Il est parlé dans les éphémérides d’Alle-magne ( Ephém. N. C. déc, 1 , a an. q , ob j’.2 S déc.z,ann. L, obf. 11 .) de citrons mons-trueux en forme de main ; & le P. Dentre-colles ( Lett. édifiant, tome XX, page 301.)a envoyé de la Chine la figure d’un citron