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Tome huitième.
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Lo8 C 3L A

adjudicataire par décret, en lui remboursantle prix de ^adjudication , frais & loyaux(.coûts dans Tan .& jour. .Caut. de Normand,.art. 45

Clameur salifie, est quand on se plaint! tort,à justice. Âne. coût. de Normand, ch.vij,

Forte clameur, est une amende de deuxfeus íìx deniers due au roi, selon la cou-tume locale de la châtellenie de Montereau,ressort de Meaux ; lorsque quelqu’un a f utajourner un autre en action personnelle ,

,celui qui succombe la doit pour le premierajournement, supposé que les parties s’ac-cordent fans porter la cause à l’audience ;car s’ils persistent plus loin, Sc que la cau-se soit contestée, il y a sept sous íix deniersd’amende : c’est proprement l’amende duclain &c clameur faite en justice, qui est moin-dre que l’amende du ni atteint & vérifié, quiest due pour la contestation. V. le glojsaire, Je M. de Lauriere,sln moi Forte clameur.

Clameur de gagejpkge, est une complainte-contre .le trouble f ait en la propriété ou pds-í'eílion d’un héritage , par voie de fait, vio-lence ou autrement. Normand, art. j.

Clameur gagée, est le retrait consenti parl’acquéreur.

Clameur de haro , usitée en Normandie,Sc que Dumolin appelle quìritatio Normano-rum , est une plainte verbale Sc clameur pu-blique de celui à .qui on fait quelque vio-lence ou injustice , Sc qui implore la pro-jection du prince , ou qui trouvant fa par-tie la veut mener devant le juge , en sorte.que cette clameur emporte avec elle une as-signation verbale. '

L’opinion la plus suivie sur l’origine deicette clameur de haro, est que le terme de.haro est une invocation du nom de Raoulou Rallo , premier duc de Normandie, quise rendit respectable à son peuple , tant paríès conquêtes que par l’amour qu’il avoitpouf la justice. Comme on implorait fa pro-tection de son vivant par .une clameur pu-blique , en l’appellant Sc en proférant sonliom, & qu’après fa mort fa mémoire sottn vénération à son peuple , on continuad’user de la même clameur & du terme deharo , par corruption de ha Raoul. On adonné plusieurs autres étymologies du termede haro , mais qui H» paraissent pas bienfondées.

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Le premier exemple mémorable de l’u"sage que l’on faifoit de la clameur de haro ,est ceiui que rapporte Paul Emile en son.histoire de France. Guillaume le Bâtard ditle Conquérant , septième duc de Normandie.,Sc roi d’Angleterre, étant mort à Rouen aumois de septembrea087, son corps sot trans-. porte Sc inhumé dans l’églife de S. Etiennede Caen qu’il avoit fait bâtir, Sc qui avoitété construite enjparde fur un petit morceaude terre dont‘le prix n’avoit point été payéà un pauvre homme de la ville de Caennommé AJselin,, lequel osa arrêter la pom-pe sonebre dupnneepar une clameur de ha-ro en ces termes : Qui régna opprejsit armis ,me quoque metu mortis oppressa ; ego injuriaifuperfies ’paccm rnortuo non dabo : in quentinfertis ifium kominem locum , meus efi: ittalienum locum inferendi mortui jus neminiejse desenda. Sin extinélo tandem indìgnrtatisautore vivit adhuc vis , Rollonem conditorcntparenîemque gentis appello , qui legibus ab sedatis , quarn cujufique injuria , plus utius po-tes, pollctque.

Henri V, roi d’Angleterre , ayant mis lesiège devant Rouen en 1417 , un prêtre futdépuré pour lui faire cette harangue : Très-excellent prince Ù seigneur y il m efi enjoint decrier contre vous le grand haro ; c’est ainsique lc rapporte Monstrelet. Il est vrai qUCHenri Y ne déféra pas à la clameur, Sc qu’a-pres un siège de six mois il se rendit maîtrede la ville par composition ; mais cela prou-ve toujours l’ufagc qui a été fak de cette cla-meur dans tous les temps.

Depuis la réunion de la Normandie à lacouronne., nos rois ont ajouté dans toutesleurs ordonnances , édits , déclarations Silettres patentes, cette clause , nonobfiant cla-meur de haro, ce qui se pratique encore pré-sentement ; enserre que cette clameur a paruavoir assez d’autorité pour faire obstacle àl’cxécution des nouvelles loix , s’il n’y étoiçpas dérogé par une clause expresse.

L’ancien coutumier de Normandie con-tient un chapitre de haro , dont Terrien afait mention. dans son commentaire , lìv,XII, ch. xviij. La même chose se trouvedans l’ancien style de procéder qui est à lafin de ce coutumier, & est rapporté par Ter-rien , liv. VIII, ch. xj.

Suivant l’ancien coutumier , le haro ne