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Tome huitième.
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vouloient l’asservir. La rivalité du pouvoiraigrit ics haines. Cléopâtre , pour se débar-ra íìèr d’un collègue importun , lui fuppoíalecrime d’avoir voulu saslassmer, Des eunu-ques aout íanglans fe préfenterent dans lalace publique , & dirent au peuple aflem-íé qu’ils n’avoient été maltraités que pouravoir défendu la mere contre un fils parri-cide : cette imposture eut un-plein succès.Sorer , devenu un objet d exécration, nedéroba fa vie à la fureur du peuple que parla fuite. Cléopâtre , inflexible dans fa haine,ne ceífa de poursuivre son fils , qui , aprèsavoir essuyé beaucoup de revers , redevintassez puissant pour la punir ; mais il n en futque plus tendre & plus soumis : fatigué dufardeau des affaires, il fe reprocha la hontede tourner íës armes contre fa mere : elle !n’eut pour lui que les lenumens d’une marâ-tre ; & constante dans fa haine , elle ne putlui pardonner d’avoir autant de modérationdans la prospérité, qu’elle avoit d’orgueildans les revers. Alexandre , qui profito.it descrimes de fa mere, & qui, par la dégra-dation de fou frere , avoit été replacé fur letrône , crut avoir tout à redouter d’unefemme familiarisée avec les atrocités ; ils’imposa un exil volontaire ; & tandis queCléopâtre, fe félicite de régner fans partage ,le peuple lui impose la loi de se choisir uncollègue : Alexandre est rappelle ; & sùr dela faveur du peuple , il ne se borne plus àjouir de sombre du pouvoir , il en veut laréalité : fa mere achete des assassins, pour fedébarrasser de son coilegue, qui la prévient& la fait mourir. ( T-n.)

Cleopatre, (Histoire des Egyptiens.)Ptoiomée Auleçe , sentant fa fin appro-cher , déíìgna pour lui succéder ion filsPtoiomée , surnommé le jeune Denis & safille aînée , connue sous le nom de Cléopâ-tre. Le sénat Romain , qui fut établi pourtuteur , déféra cet honneur à Pompée qui,trop occupé de ses propres affaires, confial’administration de l’Egypte aux foins d’Ár-chilias 8c de l’eunuque Photin, ministres quiavoienr des talens , & à qui il ne manquoitque des mœurs. Cléopâtre , qui avoit autantd élévation dans l’elprit que son cœur avoitde faiblesse, laissa Archilías & Photin jouird un vain titre , & s’airogea tout le pouvoir.jLçujf vanité humiliée calomnia cette prin- ,

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cesse ; ils publièrent que , voulant jouir dutrône fans partage , elle tenoit for. frere dansune dépendance avilissante : le peuple pritles armes , & Cléopâtre , pour fe soustraireà ses fureurs, fe retira en Syrie , où elle levaune armée. Elle fe préparoit à faire une in-vasion dans l’Egypte , lorsque Pompée, vain-cu à 1?. journée de Pharfale , alla chercherun asyle chez un peuple quelle avoit droitde punir. L’aílàíïînat de cet illustre romainfut vengé par son propre ennemi. César vou-lant encore être le pacificateur de i’Egypte ,ordonna à Ptoiomée & à Cléopâtre , de licen-cier leurs armées , & de venir discuter leursdroits à son tribunal, fous prétexte que ,représentant le peuple romain qu’Auleteavoit établi tuteur de fes enfms, il pouvoirs’ériger en arbitre , fans violer les droits deleur indépendance. Cléopâtre pleine de con-fiance dans le pouvoir de ses charmes, fepersuada que fa beauté seroit plus éloquenteque les plaidoyers des orateurs, Elle fe rendsecrètement à Alexandrie ; &, à la faveurdes ténèbres, elle pénétré , fans être recon-nue , dans l’apparrement de César. Elleécoit trop tendre & trop belle , pour ne pasintéresser la reconnoissance de son juge.César étoit trop galant, pour ne pas rendrehommage à fa beauté : il fit appeller Ptoio-mée qu’il invita à fe réconcilier avec sonépouse : le prince , scandalisé de la trouverdans la maison d’un homme qui avoit la ré-putation d’être le mari de toutes les sommes,en parut moins disposé à la reprendre ; &,voulant fe venger de fa décision , il déposeson diadème , & le met en pieces aux yeuxd’une multitude qu’il avoit fait aflemblerpour être le témoin de fa dégradation. Lepeuple d’Alexandrie, touché de son malheur,court aux armes, & investit le palais de Cé-sar qui, fans s’émouvoir, fe montre auxséditieux : il prend un ton d’autorité , &leur parle en maître qui dièse des loix : ilfait lire le testament d’Aulete , &en prescritl’exécution. Le peuple calmé applaudit à fadécision , & Cléopâtre est associé à son freredans le gouvernement.

Cette émotion fut suivie d’une autre plusdangereuse. Archilías qui craignoit d’êrrepuni par Cléopâtre , fe met a la tête d’unesoldatesque familiarisée avec cous les crimes.César, assiégé dans Alexandrie , eut besoin

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