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Tome huitième.
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la gloire de voir à ses pies un monarque,,donc le vainqueur étoit son captif. Enivréede sa prospérité , elle aspire à l’empire dumonde : ion amant lui en fait la promesse ,

Sc il ordonne la cérémonie de son couron-nement. Au jour indiqué , il monte sur untrône , le front ceint d’un diadème , Sc por-tant dans fa main un sceptre d’or. Cleopatreassise à sa droite , est proclamée reine d,E-gypte, de Chypre, de Lybie, Sc de la Cele-Syrie , conjointement avec ion hls Geiarion.Les trônes du reste du monde furent parta- 'gés entre les fils qu elle avoit eus d" Antoine,Sc ils prirent le titre dc roi des rois. Ce spec-tacle scandaleux souleva tous les Romains :Octave fait des préparatifs pour venger sai-siront fait au nom Romain. Antoine lui op-posé ses forces nombreuses. Il se rend àEphese, où il fut suivi de Cléopâtre : lesvieux soldats furent indignés de voir leur chefdominé par une femme qui étaloit dans lecamp le luxe d’une cour voluptueuse. Ce futà Samos que Cléopâtre jouit de la plénitudede fa gloire : tous les rois qui s’y trouvèrent -ne parurent que ses sujets. Dès que la saisonpermit de commencer les hostilités , on envint aux mains près du rivage d’Actium. Apeine faction étoit commencée , que Cléo-pâtre , effrayée du bruit des armes, prit lafuite. Antoine , infidèle à la gloire , ne con-sulte que les intérêts de ion amour : u luitl’exemple de son amante , Sc abandonne lavictoire à son rival. Cléopâtre rastembia dansAlexandrie les débris de fa grandeur : deve-nue inquiété £c soupçonneuse, elle immole,à une politique timide , tous ceux quipou-voient allumer des séditions. Antoine trahipar son armée de terre , vient rejoindre sonamante qu il trouve entourée de victimes ;il lui devint indifférent dès qu’il fut malheu-reux ; Sc cette reine , dont l’ambition tenoittoutes fcs autres passions asservies, forma le

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Au milieu de toutes ces fêtes, elle conti-nuoit ses négociations avec César ; & bien-tôt son amiral avec sa flotte passia du côtéde César. Après cet éclat, elle avoit tout àcraindre du ressentiment de son époux ou-trage Sc trahi : ce fut pour en prévenir lejuste ressentiment qu’elle so retira dans letombeau des rois , ses ancêtres, où elle fittransporter ses trésors. Le bruit de fa mortse répandit dans Alexandrie , Sc Antoine nepouvant so résoudre à lui survivre, so fi tdonner la mort par un de ses affranchis :tandis qu’il respire encore , il apprend queson épouse est vivante : il ordonne à ses es-claves de le transporter dans le tombeau oùelle s’est réfugiée. Cléopâtre qui craignoit unetrahison , défendit d’ouvrir les portes, Sc leservit de cordes pour le guinder en haut ;leur réunion fut touchante : Antoine toutsanglant Sc respirant à peine, tourne sesyeux mourans vers elle, 6c paroît mourir fansregret, puiíqu’il meurt dans ses bras : tandisqu ils confondent leurs larmes , & quellenettoie fa plaie, il expire dans ses bras.

L’ambition de César étoit de se saisir deCléopâtre vivante. Proculeus, à la faveurd’uue échelle, eut l’adrësse de s'introduiredans le tombeau : dès qu’il l’apperçut, elletira son poignard pour s’en percer le sein :il le lui arrache, en lui disant: Princesse ,c’est outrager César, que de lui ravir lagloire dsotendre sur vous fa générosité. Lapremiere grâce qu’eíle demanda fut d’enfe-velir le corps d’Antoine; & elle s’en acquittaavec une magnificence qui rappella son an-cienne splendeur : la fievre dont elle fut at-taquée lui fournit un prétexte de s’abftenirde manger , Sc de prendre des potions quipouvoient la délivrer du fardeau de la vie.On pénétra son defsoin , Sc César lui fitdire quelle devoir vivre pour ses enfans.Il alla lui rendre une visite , où elle le reçut

dessein de lui substituer son vainqueur : elle j couchée fur un lit, avec une simplicité étu-envoie secrètement a Octave une couronne Sc ■ diée & plus séduisante que les ajustementun sceptre d or , pour mi faire connoître que ; les plus recherchés. Le désordre de ses che-

tous ìes droits de la souveraineté résidoienten lui. Hso‘ promit l’impunité, pourvu qu’elleL^ m ounr Antoine. tandis que Cléopâtrenégocie sa paix avec Octave , elle redoubleses caresses à son crédule amant, dont l’an-

veux , ses regards tristes & languissons sem-bloient promettre un nouveau triomphe ùl’amour : fa voix exprimoit toutes les paf'fions; &, en décelant les mouvemens d cson ame , les transmettoit dans le cœur d e

ni ver sosie fut célébré , avec une magnisi- j celui qui pouvoir l’entendre : ses yeux aíd eScence que l’état présent auroit du proscrire. [ de la magie de sa voix touchante comM^