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à se plier au joug de la soi. Ses premîerestentatives furent infructueuses : le monar-que permit cependant que ses enfans fussentlavés fur les fonts ; mais la mort d'Inguio-met, son aîné , qui mourut peu de tempsaprès la cérémonie, &c la maladie de sonsecond , qui fut aux portes du tombeau,s’oppoferent aux vœux ardens de cette prin-cesse , il s ne furent accomplis qu après labataille de Tolbiac contre les Allemands.On prétend que Ciovis , fur le point de per-dre cette fameuse bataille , & fat'gué ^in-voquer inutilement ses dieux , se tourna verscelui des chrétiens , qui couronna ses efforts.Les historiens lui prêtent une assez longueprière, que suivant eux, il fit en présence deson armée : mais c’cût été une indiscrétionincompatible avec le caractère d’un aussigrand général ; ce n’étoit pas en montrantson désespoir & en parlant d’abandonner lesdieux de fa nation qu il pouvoir se flatter deranimer le courage de ses soldats, qui tousétoient idolâtres. Si, comme l’ajoutent cesécrivains , il parvint à exciter de cette sortef ardeur des Francs, cette ardeur doit êtreregardée comme un miracle. La déroute desAllemands & des Sueves, leurs alliés, sotcomplété , leur pays fut ravagé ; &c tous leshabitans auroient été chassés ou exterminés,si le même Théodoric, qui avoir déja obte-nu la grâce des Thuringiens, ne sot parvenua calmer le ressentiment de Ciovis. Les vain-cus se soumirent, le roi leur permit le libreexercice de leur religion , & leur conservaleurs loix ; mais il se réserva le droit de con-firmer l'élection de leurs souverains, aux-quels il sot défendu de prendre le titre deroi , mais seulement celui de duc. Cetteconquête, qui ne coûta aux François qu’u-ne feule campagne , donne une haute idéerie leur valeur. Les Sueves seuls a voient étélong-temps le désespoir des Romains : Césaravoit même regardé comme sort glorieuxtsavoir pu mettre le pié dans leur pays. Clo-v ' s à son retour se montra sidele au vœuri u il avoir fait d'embrasser le christianisme :ri reçut le baptême par le ministère de S.soémi, qui dans cette auguste cérémonie luiparla avec une magnanimité singulière. » Si-cambre , dit ce prélat en lui adressant la pa-role , autrefois si ficr , si bronche , & que
grâce rend aujourd’hui st humble, si sou-
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r mis, plie le col , adore ce que tu as brûlé,
' & brûle ce que tu as adoré ». Rémi eût par-lé avec plus d'exactitude, s il eût recomman-dé à Ciovis d’adorer ce qu’il est impossiblede brûler ; mais la religion lui pardonne en.faveur du saint enthousiasme qui l’animoit.L’exemple de Ciovis fut suivi par une infi-nité de François qui demanderent le baptê-me. La conversion de ce monarque ne nui-sit point à ses desseins : elle ser vit a u con-traire à en accélérer f exécution. L égliseétoit infectée de plusieurs sectes : le roi desVisigoths & celui des Bourguignons étoientAriens ; & leur hérésie excitoìt la haine desorthodoxes, qui formoient le parti le pluspuissant, tous dévoient se déclarer en sa fa-veur contre les sectaires. Tout le clergé ca-tholique, même celui de Rome, /empressade lui donner des marques d’estime & d’a-mour. Le pape, ou plutôt l’évêque de Ro-me , suivant le style en usage alors, lui par-loir fans cesse d'un dieu qui devoir donnerà ses armes les succès les plus éclatans : ill'invoquoit dès-lors comme le protecteur deson église. « Très- cher, très glorieux , très-illustre fils, lui disoit-il, donnez certe satis-faction à votre sainte mere : soyez pour elleune colonne de fer ; continuez, afin que letout-puissant protège votre personne & vo-tre royaume, qu il ordonne à fes anges devous guider dans toutes vos entreprises, &qu’il vous donne la victoire ». Une sembla-ble épître eût été capable d’opérer la conver-sion de Ciovis. Il ne tarda pas à entrepren-dre une nouvelle guerre ; il chercha tous lesprétextes pour attaquer Gondebaut, dont lesétats avoient allumé fa cupidité : les souve-rains en manquent rarement. Gondebautn’avoit qu’une petite partie de la Bourgo-gne ; Godigiiîle, son frere, en partageoitl’empire avec lui. Ces deux frétés nourrif-soient l’un contre l’autre une sécrété inimi-tié : cette inimitié, plus puissante fur Godi-gisile que les nœuds du sang , le déterminaà solliciter le roi de France d’entrer en Bour-gogne ; ce qui fut bientôt exécuté. Gonde-baut n’ayant pu arrêter l’impétuosité firan-çoise , fut vaincu & poursuivi jusques dansAvignon : il ne conserva ses états qu’en /as-sujettissant à un tribut. Ciovis avoit conjuréfa ruine ; il ne se fût pas contente de ce tri-but ; il sit dans la fuite plusieurs tentatives
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