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n’étoit ni par amitié pour Uladiílas, ni parzele pour la république , qu’il écoit entrédans le projet de cette expédition, il n’avoitd'autre dessein que de se rendre redoutable& puissant. Indifférent íur le clioix de sesennemis, égorgeant les hommes fans les haïr,Tartare ou Polonois , tout lui étoit égal,pourvu qu’il eut les armes à la main. Depuisson départ de Pologne , il cherchoit un pré-texte pour rompre avec cette puissance avecle même empressement qu il avoir marquépour la servir. Mais trop foiblepar lui-mêmepour tenir tête à la république , il se fortifiade l'alliance des Russes soumis à la Pologne :ces peuples abrutis par un long esclavage ,portoient avec peine le joug Polonois , prêtsà le secouer dès qu'ils trouveroient un chefpour la révolte. La noblesse suivoit pour euxle système politique adopté en Pologne, lestenoit dans un esclavage rigoureux, consom-moit dans la paix le fruit de leurs travaux ,Sc prodiguoit leur sang dans la guerre ; Cmiel-niski leur promit de les délivrer d'une domi-nation odieuíe , de les faire rentrer íbus l’o-béissance du Czar, ou de leur laiíler choisirtel chef & telle forme de gouvernement qu'illeur plairoit. Ces magnifiques promesses tirè-rent les Russes de la profonde léthargie oùils étoient plongés. D uit autre côté, Crniel-nìski représentoit aux Cosaques que la pro-tection que la république leur avoir accor-dée n'étoit qssune tyrannie déguisée ; qu'ellefe servoit d'eux pour défendre ses frontièrescontre les Tartares ; quaprès tant de servicesimportans, lorsqu ils s’étoient vus attaquéseux-mêmes par leurs voisins , la reconnois-sance des Polonois avoit toujours été ou tropfoible ou trop lente, qu enfin ils étoient assezpuissans pour vivre fans protecteur & siinsMaîtres. Ces discours firent fur 1 esprit desCofaqu es le même effet qu ilsavoient fait furcelui des Russes , tout se souleva.
Tandis qu'en Pologne on délibéroit furcet événement , qu on publioit un ban ,qu‘on fe diíputoit fur le nombre des troupes^ le partage du commandement, le Cosa-Cstie alloit chercher un appui dans cette mê-^e Tartarie où il avoit d'abord voulu por-ter l a guerre. Le général Potoski fe hâta deprevenir bs effets de cette alliance. Mais il
avoír* 11 *" U r C k) ute essentielle. La républiquecon erve quarte mille Cosaques atta-Tomt VIII .
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chés à son service. Il en forma l'avant-gardede ion armée. Il avoit eu soin de leur fairejurer qu'ils mourroient fideles à la Pologne.Mais ce ferment ne devoir point raflurer unrépublicain expérimenté qui devoir lavoircombien un Cosaque est peu esclave de faparole, & combien un homme libre aimeíà patrie. Deux mille de ces soldats s'embar-querent fur le Boristhene. A peine eurent-ilsperdu de vue le camp de Potoski, qu'ils jetè-rent les enseignes polonoifes dans le fleuve,& se rangèrent sous celles de leurs compa-triotes. Cmielniski courut au devant de ceuxqui côtoyoient la rive , les fit rougir de pot- ■ter les armes pour les oppresseurs de leurpays, les ramena à son camp , & tailla enpieces quinze cens Polonois qui les accom-pagnoienr.
Potoski sentit, mais trop tard , la fautequ'il avoit commise. Il lui restoit à peinecinq mille soldats ; 1 armée de Cmielniskiétoit de quarante mille hommes , Sc gros-íìssoit tous les jours. Potoski, trop foiblepour tenir tête à tant d'ennemis , fut con-traint de rentrer en Pologne. Son armée pré-cipitoit la marche au milieu de scs chariots ,qui protégeoient ses flancs par un doublerempart. Elle s'enfonça dans une forêt épaisse,dont le fond marécageux rendoit la routeauffi dangereuse que difficile. Les chariotsne scrvoient qu à redoubler le désordre. Lesrangs étoient rompus à chaque pas. La forêtretentissoit de cris mêlés au bruit des coupsde haches. Chacun íbngeoit à son salut,personne ne s'occupok de celui de l'armée.Au milieu de ce tumulte , les Cosaques 8cles Tartares , dont les chevaux étoient ac-coutumés à gravir dans les lieux les plusinaccessibles, pénètrent dans le bois. LesPolonois, épuisés de fatigues , se laissentégorger sans résistance ; ceux à qui il resteassez de force pour fuir , s'engagent dans lesmarais & y demeurent ensevelis. Plusieursrendent les armes. Les Tartares, occupés aupillage , leur donnent la vie , moins par pitiéque par indifférence. Ce fut près de Corfumque fe passa cette boucherie.
L’alarme ôc l'épouvante pafferent juíquesaúx frontières opposées de U Pologne. Ons'attendoit à chaque instant à voir le vain-queur aux portes de Varsovie , lorsqu onreçut une lettre de ÇmiclttisKÌ âdreílee uu