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Tome huitième.
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roi. Il lui représentoit que la tyrannie de lanobleste, & les exactions des fermiers dudomaine , avoient forcé la nation à prendreles armes ; qu’elle éroit prête à se soumettres’il vouloir lui rendre ses privilèges & sa li-berté ; que la derniere action devoir appren-dre aux Polonois qu 1 il étoit dangereux ^op-primer un peuple guerrier , 8c que tant queceux-ci feroient justes , les Cosaques seroientfidèles. Uladiílas n’étoit plus lorsque cettelettre arriva. Il venoit de terminer en Li-thuanie une carrière aster, belle pour ne luipas faire regretter la vie. Il etoit à craindreque,pendant le trouble dune election,C//i/c/— jniski ne vînt apporter le fer & le feu au mi-lieu de la diete. On choisit, pour le fléchir, :Adam Kilîel , palatin de Biraclaw , at- ;taché comme lui , au rite grec. Ce sei- !gneur étoit chargé par la république depromettre aux Cosaques le rétablissement de ^leurs privilèges , une domination plus dou- jce, une protection plus réelle. Cmielniskiattendit ce dépuré à Brialacerkiew. Il con-gédia les Tartares, & renvoya une partie deses troupes. Mais il ordonna aux premiersde ne pas s’éloigner , afin qu’il pût compterfur leur secours au cas qu’il fût attaqué. Lesautres , fous la conduite de Czivonos, se ré-pandirent dans la Podolie & dans la Rustre,où ils commirent des ravages affreux.

Cmielniski íè hâta d’écrire à la républiquepour désavouer la conduite de ce général , 8cpromit même de le livrer, ainsi que ses prin-cipaux complices, à la vengeance des états.Le nombre des rebelles grossîfloít tous lesjours. Les paysans de Podolie ne trouvantplus de quoi subsister dans leurs chaumières,ou renversées ou brûlées, s’unirent aux Cosa-ques pour réparer leur fortune.-Cette armée,de plus de cent mille brigands , menaçoit laPologne. Le duc de Wisnowics passa leBoristhene àlatêtede quelques troupes; JanusTikewics , palatin de Kiovie, & Olsinoki,lieutenanr-général de Lithuanie , ne tardè-rent pas à se joindre à lui ; une noble ému-lation les animoit, la diete étoit aíîèmbléepour élire le successeur d'Uladiilas ; une vic-toire remportée fur les Cosaques devenoitun titre pour obtenir les suffrages ; mais mal-gré leurs efforts , ils ne purent attirer lesrebelles au combat. Ils se bornèrent à ob-server leurs mouvemens. Cmielniski ne resta

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pas plus long- temps oisif, il vint se joindreà Czivonos. La nouvelle de son arrivée ré-pandit la terreur dans l’armée Polonoise ielle se retira lâchement. Cmielniski en fut té-moin ; mais ne sachant à quel motif attri-buer la fuite des ennemis , il craignit que cene fût une ruse de guerre , 8c négligea de lespoursuivre.

Cmielniski tourna ses pas vers Léopold.Cette ville, mal fortifiée , fans vivres 8c fansgarnison, étoitl’entrepôtdes richesses du Le-vant. Le château fi.it bientôt emporté, laville étoit dé j a démantelée , l’ennemi s’ap-prêtoit à donner l’astaut : les assiégés propo-sèrent aux Cosaques une somme considé-rable : on marchanda long-temps : ceux-ciexagéraient leur misere ; Cmielniski exagé-rait leurs richesses : enfin la ville fut ra-chetée. Cmielniski s’avançavers Zamoscié»la noblesse Russe , chastéc de ses châteauxpar les paysans unis aux Cosaques , s’étoitjetée dans cette place. Ces vassaux rebellespressoient le siège avec une ardeur que re-doubloit le souvenir des outrages 8c de latyrannie des nobles. Ceux-ci sentirent bienqu ils n’avoient aucun quartier à attendre.Ils se défendirent avec tant de vigueur ,qu’ils forcerent les ennemis à lever le siège.Cmielniski, pour fermer à la noblesse le che-min de la Russie , alla y cantonner ses trou-pes. L’hiver vint suspendre les opérations dela guerre. La république demanda la paixd’un ton suppliant. Le Cosaque la refusaavec hauteur.

Enfin après bien des débats, la diete pro-clama Jean Casimir roi de Pologne. Ceprince , après avoir inutilement tenté auprèsdu Cosaque les voies de douceur & Rac-commodement , envoya contr’eux AndréFirlei. Celui-ci attaqua les Cosaques dansleurs quartiers, s’empara de quelques places,& par ces succès , rétablit la réputation desarmes polonoises. Le kam des Tartares ve-noit de se joindre à Cmielniski ; ce ne fut pasfans dépit que ce général vit un allié si puis-sant marcher de front avec lui, & s’associerà son expédition. Il affecta cependant laplus parfaite intelligence avec le kam. De-puis plusieurs siécles on n’avoit vu une arméesi-nombreuse ; elle étoit de plus de trois censmille hommes; fa marche couvrait une pro-vince entiere : elle investit le camp polonois-