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PIrleì ne Fut point effrayé pat l’appareil me-naçant des troupes ennemies : iln’avoit queneuf mille hommes à opposer à cette multi-tude : Il s’étoit retiré sous les murs de Sbaras,& y avoir fait un amas prodigieux de muni-tions de guerre & de bouche : « Mes amis,dit-il à ses soldats, ne soyez point étonnés dunombre de nos ennemis, ils sont plus faciles àvaincre qu à compter, ils ne combattent quepar l’efpoir du pillage, ils ne trouverontparmi nous que Tindigence, f amour de lagloire 8c de la liberté. Leur multitude mêmedoit nous rassurer. Notre camp occupe si peude place , que les trois quarts de leurs forcesleur deviennent inutiles. Voyez comme leursrangs sont mal gardés, nulle harmonie dansleurs mouvemens , nulle discipline dans leurcamp. Enfin quand tous ces motifs ne de- ;vroient pas ranimer votre courage, vous êtesPolonois, & il s”agit du salut de votre patrie --.On l’interrompit par des cris, & chacun jura jde mourir les armes à la main , plutôt quede fuir ou de se rendre. I
Le 13 juillet 1649 , les aíïìégeans paru-rent sous les armes au point du jour. Le kamlui-même étoit à la tête des Tartares, Cmiel-niski s’étoit placé au premier rang des Cosa-ques : Firlei rangea ses Polonois le long desretranchemens, 8c choisit pour lui le posteso plus périlleux : ce fut de son côté que l’at-taque commença, il la soutint avec vigueur ;Estais à l’avantage du nombre , les ennemisjoignoient celui du terrein. Malgré l’iné-branlable fermeté du général Polonois, leretranchement fut forcé, abandonné, reprisplusieurs fois ; les assaillans avoient à chaqueCopient des troupes fraîches pour rempla-cer celles qui avoient combattu. Ils ne îaifsoient point respirer les Polonois ; ceux-ciépuisés de fatigues , la plupart percés deÇoup s , ne dormoient, ne mangeoient queles armes à la main ; mais leur courage s’ac-croissoit avec le péril, 8c les alliés les trou-èrent plus fermes dans les dernieres attaquesque dans les premieres. Cmielnìski vit bienqu il falloir un siège dans les formes, 8c fitouvrir la tranchée ; les travaux furent bien-tôt pousses jufqu'aux piés des retranchemens.e nombre des Polonois, diminué par tant; ne pouvoir plus suffire à gardercherrw,^ 1 va ? e \il fallut élever des retran-S P us étroits derriere les premiers ,
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8c détruire ceux-ci pour ne pas tailler auxennemis l’avantage de s’y loger. La famine, faisoit des ravages affreux dans Sbaras 8cdans l’armée , le soldat difputoit au bour-geois les plus vils alimens. Le partage d’unôproie dégoûtante divifoit des hommes ras-semblés par l’héroïfme le plus pur.
Telle étoitl’affreuse situation des Polonois,lorfqu’on apprit l’afsiyée du roi. Il s’avançoità la tête de vingt imite hommes rassemblésà la hâte, mal armésk mal payés, mais à quïl’exemple des assiégés apprenoit à ne riencraindre. Casimir , après avoir fait faire àson armée une marche forcée, campa présde Sborow. Le kam 8c Cmielnìski ne í’atten-direnc pas dans leurs lignes , mais ils couru-rent à fa rencontre avec soixante mille Tar-tares & quatre vingt mille Cosaques. L’ar-mée de la république n’étoit pas encore ran-gée en bataille , qu’une partie des Tartares& des Cosaques vint fondre fur les Polonois ,tandis que le reste les prenoit en queue ;après une vigoureuse résistance, l’avant-gar-de fut enfoncée, les Tartares pénétrèrentdans les vuides ; touc fut pris ou massacré.La victoire penchoit en faveur des alliés ,lorsque le castellan de Sandomir fe jeta furles Tartares & les prit en flanc. Cette diver-sion donna le temps à savant-garde de seI rétablir 8c au reste de l’armée de se déployer.
Cmielnìski marcha de front contre le corpsde bataille. Casimir étoit au centre , 8cdonnoit à ses soldats l’exemple du courage.Le choc fut terrible ; les Polonois fermes àleurs postes , encouragés par la vue de leurroi, ne laissèrent prendre fur eux aucun avan-tage; il n’en étoit pas de même aux ailes,la gauche écrasée, culbutée par la cavalerieTartare, menaçoit d entraîner dans fa défaitela ruine de toute f armée , Casimir y vola:fa présence rétablit le combat. Telle étoit lasituation des deux armées lorsque la nuit sur-vint , chacun la passa à son poste couvertde ses armes. Casimir exhortoit ses soldats ,les combloit d’éloges, & leur promenoir denouveaux triomphes : cependant malgré lafiere contenance qu’il asseétoit, il n’étoit pastranquille. Le kam lui donnoit peu d’inquié-rudes , mais il craignoit Cmielnìski 8c sesCosaques. Il essaya de le détacher de 1 alliancedes Tartares. Il lui fit tenir une lettre , danslaquelle il lui rappclloit les bienfaits d Ula-