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Tome huitième.
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où l'on a mis bouillit d u thym, de la lavan- !de , du laurier, &c. puis on i'enhime avec !des noix muscades ; on couvre le fond de !íel : on prend un morceau de cochon , on letrempe dans l'eau, on l’essuie, on le pose surla couche de íel ; on fait un second lit de sel8c un second lit de cochon , 8c ainsi de suite,f ratum super stratum ; on finit par un lit desel. Il faut environ une livre de sel pour cha-que vingt livres de viande; on y ajoute unpeu de girofle concaflé ; on terme le ialoir.On laiíle le cochon dans cet état environ unmois ; alors on peut l'ouvrir bc manger duporc salé : pour cela on le trempe dans l'eaubouillante , on l'cxpose à l'air , & on l’ern-ploie comme on veut.

Il y a d’autres maniérés de saler le porc,mais elles reviennent toutes à celles - ci. Lecochon est particulièrement sujet à la ladre-rie : on s'apperçoit de cette maladie à des ul-cérés qu'on lui remarque à la langue 8c aupalais, à des grains dont fa chair est parle-mée , &c. Voye p Boucher. Il n’est pasexempt pour cela des autres maladies desbestiaux.

La chair fraîche du cochon , fa chair saléeou fumée mangée en petite quantité , aidela digestion ; en grande quantité, elle se di-géré difficilement. Le bouillon de porc-fraispeut arrêter le vomissement : le vieux lardfondu déterge 8c consolide les plaies : la panneest émolliente , anodyne, & résolutive : onattribue au fiel la propriété de détergtr lesulcérés des oreilles, & de faire croître lescheveux ; à la fiente, celle de résoudre, deguérir la gale , d’arrêter le saignement denez, prise en poudre, & de soulager dansl’esquinancie appliquée en cataplasme : lagraisse lavée & préparée entre dans quelquesemplâtres , 8c dans un grand nombre d’on-guens ; c’est la base des pommades.

La viande de cochon a été proscrite chezquelques peuples , par exemple en Arabie,où il n'y a point de bois, point de nourriturepour cet animal, & où la salure des eaux &des alimens rend le peuple très-sujet aux ma-ladies de la peau ; la loi qui le défend dansces contrées, est donc purement locale, &ne peut être bonne pour d'autres pays où lecochon est une nourriture presque universelle,8c en quelque façon nécessaire.

Sanctorius a observé que la chair de cochon

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se transpire peu , & que la diminution dercette excrétion va à un tiers dans ceux quis'en nourriflent ; d’ailleurs on fait que le dé-faut de transpiration occasionne ou aigrit lesmaladies de la peau : cette nourriture doitdonc être défendue dans les pays où l’on estexposé à ces maladies, comme la Palestine,l’Arabie , l'Egypte , la Lybie , &c. Voye £l’esprit des loix.

Le cochon étoit immolé par les anciens auxLares, à Priape, aux Sylvains, à Bacchus, àCérès, à Hercule , ùc. On íacrifioít à Lacé-démone un cochon de chaque ventrée.

Cochon de Guinée , porcus Guìncenjîs ,Margr. animal quadrupède qui est de cou-leur rousse , & qui ressemble à nos cochonspour la figure ; mais fa tête n’est pas si élevée :ses oreilles font longues 8c pointues ; fa queuedeicend fort bas, 8c n'est point couverte depoil non plus que le dos. Il a fur tout lereste du corps un poil court, roux & brillant;mais il est plus long près de l'origine de laqueue & autour du cou. Rai, fynop. anim .quad. Voye^ Quadrupède. (I)

Cochon d’Inde , cunìculus Jìve porcellusIndicus , Gesn. mus feu cunìculus Amer icanus ,& Guìncenjîs porcelli pilis Ù voce. Au Brésil ondonne à cet animal le nom de cavìa cabaya.Margr. C’est un quadrupède plus petit quele lapin ; ion corps est plus court & plus gros :fes oreilles font courtes, minces , transpa-rentes , évasées , arrondies, piesqu'entiére-ment dégarnies de poil, & peu différentesde celles des rats : le museau 8c la barbe res-semblent à ces mêmes parties dans le lievre ;,la levre supérieure est fendue comme celle du.lapin. Le cochon d'Inde n'a poinr de queue ;ses dents sont semblables à celles des rats, 8cson poil peut être comparé à celui du cochon.Il crie comme les petits cochons , c’est pour-quoi on l’a appellé cochon de Guinée. Sa cou-leur varie ; on en voit de blancs , de roux8c de noirs, & la plupart sont en partieblancs, & en partie îroux 8c noirs. II y aquatre doigts aux piés de devant, 8c trois àceux de derrière ; le doigt du milieu est le.plus long. Ces animaux frottent leur tête avecles pattes de devant, 8c s’asseyent fur celle»de derriere comme les lapins ; mais ils necreusent pas en terre. Les femelles portentjusqu’à huit petits à la fois. Les cochons d’Ind&, vivent de foin & de toutes forces de plantes:

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