4(58 COL
par les stomachiques le ton des viscères affoi- !blis : je renvoie le lecteur à Sydenham , qui ja donné une description li coinplete & sisage de cette efpece de colique, fiel. iv, ch. vij,quelle ne laisse rien à deíirer. (M. le cheva-lier de Jaucourt.)
Colique de Poitou , ÇMédec.) efpeceparticulière de colique qui provient des exha-laisons , des préparations de plomb , & del’ufage des vins sophistiqués avec des prépa-rations de ce métal ; en latin colica Piaonum.
' E11 IJ72, dit M. de Thou, tome VI,page §Z7, la Erance fut affligée d’une mala-die jûíqu’alors inconnue , qu on nomma co-lique de Poitou, parce qu’elle commença àse faire sentir dans cette province. Dès qu’unhomme en est attaqué, ajoute-t-il, son corpsdevient comme paralytique ; il a le visagepale , l’esprit inquiet ; des maux de cœur ,des vomissemens, un hoquet continuel,une soif ardente , une difficulté d’uriner,une douleur violente dans l’estomac , lesintestins, les hypocondres, les reins ; il yen a même dont les piés, les jambes, & lesmains, deviennent paralytiques, après avoirété attaqués de convulsions épileptiques,&c. Ce trait historique est d’autant plus sin-gulier , que d’un côté il renferme une des-cription exacte des symptômes de la coli-que des plombiers , autrement dite coliquedes peintres , colique convulsive saturnine ; &que de f autre on ne comprend guere.comment elle est restée inconnue dans ceroyaume jusqu’au temps où M. de Thou elirapporte la naissance. Quoiqu’il en soit,c'est une colique nerveuse, qui depuis n’a faitque trop de progrès dans i’Europe, & dontvoici la cause & les symptômes.
Elle provient des vapeurs qui s’élevent desfourneaux où lson fond le plomb , que sonrespire Sc que son avale avec la salive. Elleest tres-fréquente parmi les ouvriers quis’occupent à fondre , à purifier ce métal,bu à le ferrer de l’argent dans des four-neaux Raffinages , comme le pratiquentceux qui travaillent dans les mines de la forêtNoire en Allemagne, dans celles d’Angle-terre en Derbishire , & ailleurs , où malgrésattention que son a de ne dresser les four-neaux que fur des lieux élevés, Lc de lesexposer aux vents, les exhalaisons en sontfatales aux ouvriers, aux habitais, ôc même
COL
en Angleterre aux animaux qui passent prèsdes minerais de plomb. Les potiers de terre,qui se servent de l’alquifoux, efpece de plombminéral difficile à fondre, ou de plomb enpoudre , pour vernir leurs ouvrages , sontfort sujets â cette efpece de colique. Les pein-tres qui emploient la céruse, n’y sont pasmoins exposés, de même que les femmesqui mettent du blanc , composition perni-cieuse par la céruse qui en fait la base, dontle moindre effet est celui de dessécher lapeau, & d’avancer par les rides la vieilleflequ elles se proposent d’éloigner.
On est encore convaincu par plusieursexpériences , que les médicamens dans lacomposition deiquels il entre du plomb ,comme la teinture antiphtiíìque , le suc ,sel magistere ou vitriol de Saturne , que lescharlatans prescrivent intérieurement contrele crachement de sang, le pissement de sang,la gonorrhée , les fleurs blanches , & autresmaladies semblables, produisent anfin cettemalheureuse colique.
Mais susage que plusieurs marchands devin font aujourd’hui de la céruse ou de lalitharge pour éclaircir , corriger , édulcorerleurs vins , a si fort répandu cette cruellemaladie dans toute l’Europe, que les souve-rains sont intéressés à chercher les plus con-venables pour en arrêter le cours. Personnen’est à sabri des tristes effets qui résultentde cette sophistication de vins, & particu-lièrement des vins acides , comme , parexemple , des vins de Rhin , que l’on édul-core de cette maniéré en Souabe & ailleursavant que les envoyer en Hollande , & dansles autres pays où ces sortes de vins adoucisfont recherchés.
Il est donc certain que toutes les partie*du plomb , ses exhalaisons , íà poudre , &■'ses préparations, produisent principalemei ,£rla colique de Poitou , dont voici les syrusstomes. , ...
Le malade est attaqué de douleurs a'E lie& insupportables dans le bas-ventre, qui f°ssvagues ou fixes : il ressent une douleur j^ nSliante & poignante , dans l’estomac , gle nombril , dans les hypochondres, ^
constipation opiniâtre , qui cedç à peine alavemens & aux laxatifs ; des agitons c ^tinuellcs, le dégoût, des nausées, la p al so -
, la frigidité, des sueurs, des syncopes