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représentée dans le plan qu en donne le P.Montsaucon , Suppl.t. II , page 2.2.4 > lesbandelettes formant les losanges n'y fontpoint exprimées, & il prend les feuilles d'eaupour de petites écailles, ce qui fait un mau-vais effet.
Tout ce monument est construit d’unefort belle pierre roussâtre qui a pu être poliecomme du marbre ; chaque assise est dunefeule pierre , elles font toutes posées à sec ,c'est-à-dire , sans mortier ni ciment, ma-niéré de bâtir volontiers observee par les an-ciens dans les bâtimens de conséquence. LeP. Lempereur dit que ces affiles étoient re-tenues par des crampons d’airain qui ont étéenlevés par un seigneur de Cuffy.
M. Thomaffin avoit toujours regardécette colonne comme étant d'ordre corin-thien par son renflement, qui est toujoursau tiers de fa hauteur par en bas ; car ce tiersse trouve ici de peu plus de deux diamètres& demi du bas de la colonne : cette conjec-ture se vérifia par la découverte qu’il fit enseptembre 1724 , de la partie supérieure duchapiteau de cette colonne , qui est à la gran-ge d'Auvenet, métairie à une lieue de la co-lonne , où un seigneur de Cuffy la fit trans-porter pour faire une mardelle au puits decette métairie. M. Thomaffin trompé parlamauvaise description du prétendu chapiteau,donnée par le P. Lempereur & par la ridi-cule anecdote qu’on en débitoit dans le pays,avoit négligé d'aller visiter cette pierre; mais8 y étant trouvé par hasard , il fut surpris d'yvoir la figure du chapiteau corinthien ; enayant pris les dimensions , il trouva quecette mardelle ne pouvoit venir que de lacolonne de Cuffy : même goût de travail &même pierre. Suivant le diamètre du basde la colonne , ce chapiteau devoir avoir 3 1pouces de hauteur ; il étoit apparemment dedeux affiles, car la partie supérieure , laseule qui se trouve , n a que vingt pouces ,celle du dessous devoir en avoir douze dehauteur ; & selon toutes les apparences elleportoit les premieres feuilles du chapiteau ,mais on n'en volt plus aucun vestige.
Ce chapiteau déplacé n est pas moins sym-bolique que le piédestal de la colonne ; aulieu des roses du tailloir on y voit fur cha-cune des quatre faces une tête de divinitépaïenne, auxquelles on a donné une gros-
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seur considérable pour les mieux faire distin-guer d’en bas de la colonne , ensorte quellesoccupent une bonne partie des faces du cha-piteau , ce qui a empêché d'y mettre des vo-ûtes , des ygettes, des colicoies, &c. cesonreulement de grandes feuilles d'acanthe quigarnilTent le reste de chaque face du cha-piteau , dont les revers du sommet qui se re-:ourbent fous les angles du taillant, fontl'eftet des volutes. On voit dans Vignole desexemples de pareils symboles fur des chapi-teaux corinthiens anciens, où au lieu deroses du tailloir , ce font des têtes de divi-nités , quoiqu'elles ne soient pas d'une pro-portion si grossie que celle du chapiteau enquestion. L'une de ces têtes est environnéede rayons & n'a point de barbe , ce qui l'afait aisément reconnoître pour celle d'A-jollon ; l’autre tête ayant une barbe forttouffue & un air majestueux sembleroit êtrecelle de Jupiter ; la troisième tête, quoiqu as-sez effacée , est auffi d'un homme barbu *.elle est fruste & porte quelque chose qui peutdonner l'idée d'une dépouille de lion & an-noncer Hercule ; pour la derniere tête iln'y reste que la place , & l'on n'y peur riendistinguer : les trois autres font belles & degrand goût.
Il est ailé de se convaincre que cette pierreque M. Thomaffin assure être le chapiteau,de la colonne ( elle n'est point fur le destin ) >a été portée à Auvenet pour en faire la mar-delle du puits, puisque le diamètre du puitsest plus grand que celui de l'ouverture de lapierre , qui n'a pas permis d'en faire une plusgrande. Suivant la tradition du pays, la mé-tairie d'Auvenet appartenoit autrefois à unseigneur de la Rochepot & de Custy , sans.goût pour les belles choses, qui détruisit, il.y a plus d'un siede , ce qui manque de cettecolonne ,, pour en prendre des matériaux àbâtir ; on lui a du moins l'obligation de nepas savoir entièrement» détruite. Le P. Lem-pereur , qui tient le fait des gens du lieu ,dit que ce seigneur mériteroit bien d'êtrenommé , & qu'on fit son éloge ; c'est eneffet cette stupide ignorance qui a occasion-né la destruction des plus beaux monumensde l'antiquité , dont on employoit à de nou-velles constructions les matériaux tout pré-parés.
.. n Y a une autre grande pierre dans le ct-