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vu qu il nous intéresse de plus près, &rqu'a;nsiles exemples qu'il nous propose nous tou-chent plus sensiblement : c'est du moins F o-pinion de Corneille. Mais comme ce genrene peut être ni soutenu par la grandeur desobjets, ni animé par la force des situations,Sc qu il doit être à la sois familier Sc inté-ressent, il est difficile d y éviter le doubleécueil d'être froid ou romanesque ; c"est lasimple nature qu'il faut saisir ; Sc c est ledernier effort de Fart d imiter la simple na-ture. Quant à Forigine du comique atten-drissant, il faut n'avoir jamais lu les ancienspour en attribuer l’invention à notre siecle ;on ne conçoit même pas que cette erreurait pu subsister un instant chez une nationaccoutumée à voir jouer FAdrienne de 1e-rence, où l'on pleure dès le premier acte.Quelque critique pour condamner ce gen-re, a osé dire qu'il étoit nouveau ; on l'cn acru sur sa parole, tant la légéreté & l'indif-férence d'un certain public , sur les opi-nions littéraires , donne beau jeu à Fef-fronterie Sc à l'ignorance.
Tels font les trois genres de comiques,parmi lesquels nous ne comptons ni le comi-que de mots si sort en usage dans la société ,soible ressource des esprits fans talent, fansétude Sc fans goût ; ni ce comique obscene,qui n'est plus souffert fur notre théâtre quepar une forte de prescription, Sc auquel leshonnêtes gens ne peuvent rire fans rougir ;ni cette espece de travestissement, où le pa-rodiste se traîne après F original pour avilirpar une imitation burlesque , Faction la plusnoble Sc la plus touchante : genres mépri-sables , dont Aristophane est Fauteur.
Mais un genre supérieur à tous les autres,est celui qui réunit le comique de situation£c le comique de caractère, c'est-à-dire danslequél les personnages font engagés par lesvices du cœur, ou par les travers de f esprit,dansles circonstances humiliantes qui les ex-posent à 1a risée Sc au mépris des specta-teurs. Tel est , dans l’Avare de Molière , larencontre d'Harpagon avec son fils, lorsquesans se connoîrreils viennent traiter ensem-ble , l'un comme usurier, 1 autre commedissipateur.
Il est des caractères trop peu marquéspour fournir une action soutenue : les habilespeintres les ont groupés avec des caractères
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1 dominans ; c’est Fart de Molière : ou ilsont fait contraster plusieurs de ces petitscaractères entre eux ; c'est la maniéré deDûífeny , qui, quoique moins heureux dansFéconomie de Fintrigue, est celui de nos| auteurs comiques, après Molière , qui a lemieux saisi la nature ; avec cette différenceque nous croyons tous avoir apperçu les traitsque nous peint Molière , & que nous nousétonnons de n'avoir pas remarqué ceux queDufreny nous fait appercevoir.
Mais combien Molière n'est - il pas au-destus de tous ceux qui Font précédé, ouqui Font suivi ; Qu'on lise le parallèle qu'ena fait, avecTérence, Fauteur du siécle deLouis XIV, le plus digne de les juger , kî Bruyere. II ria , dit-il, manqué à Tèrenceque d?être moins froid : quelle pureté ! quelleexactitude ! quelle politesse ! quelle élégance !quels caractères ! II da manqué à Molière qued’éviter le jargon , 6* d’écrire purement : quelfeu! quel naïveté! quelle source de la bonneplaisanterie!quelle imitation des moeurs ! & quelfléau du ridicule ! mais quel homme on auroit pufaire de ces deux comiques !
La difficulté de saisir comme eux les ridi-cules & les vices, a fait dire qu'il n’étoitplus possible de faire des comédies de carac-tères. On prétend que les grands traits ontété rendus, & qu'il ne reste plus que desnuances imperceptibles : c'est avoir bien peuétudié les mœurs du siecle , que de riy voir‘aucun nouveau caractère à peindre. L'hypo-crisie de la vertu est-elle moins facile à dé-masquer que Fhypocrilîe de 1a dévotion ’le mi fan trope par airest-il moins ridicule quele mifantrope par principes; le fat modeste ,le petit seigneur, le faux magnifique , ledéfiant, l'ami de cour , & tant d'autres ,viennent s'offrir en foule à qui aura le talent& le courage de les traiter. La politesse gaseles vices ; mais c'est une espece de draperielégere, à travers laquelle les grands maîtressavent bien dessiner le nu.
Quant à Futilité de 1a comédie morale SCdécente , comme elle l'est aujourd'hui f a fnotre théâtre , la révoquer en doute , c ’ eltprétendre que les hommes soient insensib‘ eSau mépris & à la honte ; c'est supposer , ° uqu'ils ne peuvent rougir, ou qu'ils ne p e . l l'vent se corriger des défauts dont ils roug l1 'sent ; c’est rendre les caractères indépendans