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Tome huitième.
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que c est la représentation d’une aclìon qui amuse& inftruit le speclateur , tant par la variété desévénemens , que par le caractère , les mœurs ,ù la conduite des personnages . On entendsouvent dire que le but de la comédie est detourner en ridicule les folies des hommes ;mais cela riest vrai ni de la comédie ancienne,ni de celle d’aujourd'hui. Combien ire voit-on pas de bonnes comédies , qui font tres-n mu santés, 8c qui néanmoins riont point cebut-là ? Dans plusieurs pîeces de Plaute, cequ elles ont de risible roule plutôt fur les idéescomiques, 8c quelquefois gigantesques dupoëte , que fur le sujet même : & si l'on ras-semble les traits les plus amusans de Térence,on trouvera que cet excellent comique ria euque bien rarement en vue de jouer les ridi-cules. Ce peut être là un des objets de la co-médie , souvent elle a amusé les spectateurs audépens des fous, ou des personnes que le poëteria i moi t pas; mais cet objet riestpas essentielà la bonne comédie :

Non satis es risu dìduccre riclum

Auditoris : & es quœdam tarnen hic quoqttevirtus. ( Horat. Serm, l. X. )

Toute action miso sur la scene , qui peutamuser agréablement des personnes d’esprit8c de goût, sans remuer le sentiment avectrop de véhémence, ni exciter fortement desprisions sérieuses, est une bonne comédie.Plus ensuite fauteur aura su traiter cette actiond’une maniéré fine , spirituelle , 8c instruc-tive , plus fa piece fera estimée des connoii-íêurs.

Pour déterminer donc avec plus de préci-sion le caractère & la nature de la comédie ,il faut examiner attentivement ce qriil peuty avoir d'amuíànt, d’intéreísant, & dstnf-tructif dans les actions, les mœurs , le ca-ractère & la conduite des hommes , fans re-muer trop fortement le cœur.

Aristote a donné de la comédie une idéeconforme à ce qrielle étoit de son temps ;selon lui c est la représentation de ce qu il y ade ridicule , de repréhenfible, ou de bizarredans le caractère & dans les actions des hom-mes. Nous disons que c est plutôt la représen-tation de ce que la vie civile , les caractères,les mœurs & les actions ont d J amufant& deréjouissant. Chacun fait par expérience quedes actions raisonnables ôC vertueuses, des

C O M

mœurs conformes à la nature, des caractèresexempts de ridicule & dc biíarrerie, peuventplaire fur le théâtre ; nous voyons que la co-médie romaine a déja su employer clés sujetsun peu nobles. La vie civile présente plusd'une face fous laquelle on la volt avec plai-sir. La nature toute pure peut même déjafournir des mœurs & des actions qui nousamusent. Comment ne n ou virions-nous pasplus d’intérêt encore à voir agir les hommesdans Pimmense variété des conjonctures dela vie;Tout tableau moral qui nous présentelliomme dans fou véritable caractère, toute; scene qui exprime bien les fentimens, lespensées, les projets & ìes entreprises deshommes, sont pour le spectateur qui pense,un coup d'ccii agréable. Pourquoi interdireau peintre des mœurs, tout sujet qui ne ferapas risible ; pourquoi verrions - nous avecmoins de plaisir le côté aimable & raifon-, nable de i’homme, que ses défauts 8c sesridicules ?

ll est très-utile fans doute d'cxpofer lesfolies des hommes dans leur vrai jour ; maisferoit-il moins utile de mettre sous nos yeuxdes exemples de procédés honnêtes, de íên-timens nobles , de droiture , de routes lesvertus civiles ; en forte que ces exemples noustouchent, nous attendrissent, & fassent surnous une impression durable ; Et qu on necraigne pas que le beau 8c l’honnête soientmoins propres à donner du plaisir, que le ridi-cule ; nous voyons au contraire que Plaute 8CMolière riexcellent nulle part davantage quedans le sérieux. Ainsi fans rien retrancher deson prix à la comédie fatytique & enjouée, liefermons pas nos théâtres à la comédie quinous amuse par des tableaux plus nobles, 8cqui, aulieu de nous frire rire des foiblessies deInhumanité, nous réjouit par la vue de sesperfections.

Ne nous laissons pas alarmer par les in-quiétudes de quelques critiques , qui sem-blent craindre que fin traduction du genresérieux ne confondît les limites qu’on a misesentre la comédie 8c la tragédie , & ne pro-duisît un ambigu monstrueux. La natureconnoît point ces limites, aussi peu q llCcritique pourrait en assigner entre le haut oíle bas , le grand & le petit, la chanson c ^I ode, aussi peu a-r-elle droit d'en mettre en^

tre 1e tragique 8c le co/nique ; ils ne dis#"