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Tome huitième.
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à leur tour

esclaves. Les Grecs, à leur tour , firent,pour fe justifier , un tableau affreux , maisrelie mblant, des brigandages des occiden-taux qui, la croix fur leurs habits, violoientles femmes & mastàcroient les enfans. Alexisaccablé également par ses alliés 8c par les in-fidèles , ne put être que malheureux dansla guerre ; mais on ne put lui contesterles talens d’un prince véritablement népour occuper le trône. Son malheur fut denaître dans un fiecle ou il y avoir plus deférocité que de grandeur d J ame -, plus deperfidie que de candeur. Il fit éclater íàb'enfaisance & son amour pour Inhumanité,par la sageíîè de íès établiflèmens : il fondades hospices où les orphelins de f un 8clautre sexe étoient élevés aux dépens dutrésor public. Indulgent pour les coupa-bles, il eut tant d'horreur pour les sup-plices , qu'il laistà souvent la licence impu-nie. Sa clémence fut taxée de foiblesiè pqrun peuple familiarisé avec les empoisonne-mens&les assassinats. Cette humanité, quifait plutôt f éloge de son cœur que de íàpolitique, est la feule foibleíîè que shistoirepuiílè lui reprocher. Ce prince , ami dessavans, 8c savant lui-même , en eût été leprotecteur , fi les dépenses de la guerren’euíîènt épuisé ses trésors. Il tomba dansune maladie de langueur qui f emportadans fa soixante & dixieme année : il avoitrégné trente-trois ans.

Comnene (Calo-Jean) , fils d’Alexis ,lui succéda en 1116. Irene fa mere , quiavoit des sentimens de prédilection , em-jdoya de criminelles intrigues pour placerfur le trône son gendre Nicéphore Briene.Cette mere dénaturée paya des assassins quisurent découverts avant d’exécuter leurcrime. On prétend que ce Nicéphore pressépar ses remords, s opposa lui-même à cetteatrocité dont il auroit retiré tout le fruit.Cette modération le fit tomber dans le mé-pris de fa femme, qui étoit plus ambitieuseque lui. Calo-Jean , héritier de la clémencede son pere , frit aíìez maître de lui, pourne punir les conspirateurs que par la con-fiscation de leurs biens: il crut que les mé-dians étoient suffisamment châtiés, quandils étoient réduits à simpuiíïance de nuire.

Il eut ensuite des guerres à soutenir contreles Turcs, les Perses, les Serviens 8c les

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Patzînaces , qu il vainquit dans plusieurscombats fans pouvoir les détruire. DeSennemis plus redoutables profitèrent deses embarras pour sa t raquer. Les Françoisligués avec les Vénitiens , lui enlevèrentles îles de Samos, d’Andros, de Rhodes8c de Lesbos. Ce prince, qui avoit tropd'ennemis pour faire la guerre avec gloire,avoit toute la capacité d'un grand capitaine,comme il en avoit la valeur : fa passion pourla chassie lui devint funeste. Un jour qu ilpoursuivoit un cerf dans une forêt de Gi-licie , une fléché empoisonnée lui perça lamain : les médecins furent d’avis de lacouper, & assurèrent que déçoit le seulmoyen de conserver sa vie : Calo-Jean leurrépondit avec une intrépidité tranquille,qu’il préséroit la mort à cette mutilation ,& q u’il ne convenoit pas à un empereur detenir d’une main les rênes du gouvernement.Le poison fit de prompts ravages. Alors,sentant approcher sa fin , il fit venir sesofficiers , 8c nomma en leur présence pourion successeur le plus jeune de ses fils, endisant: queji ses freres av oient fur lui le privi-lège d 3 aînesse, il leur étoit supérieur en courage& en capacité pour les affaires. Ce choix dict epar ion amour pour les sujets, fut généra-lement applaudi, Lc fut le dernier de íèsbienfaits. Il mourut en 1145 , âgé de soi-xante & six ans : ce fut le plus grand Em-pereur de la maison des Comnenes. Lesoccidentaux , accoutumés à défigurer lestraits des princes Grecs , ont respecté &mémoire.

Comnene ( Manuel ou Emanuel ) -étoit le plus jeune des fils de Calo-Jean >dont quelques-uns prétendent quil étoitle frere. Les penchans heureux qu'il ma-nifesta dans son enfance, déterminèrent Conpere à le choisir pour son succestèu r 'Conrad, empereur d’Ailemagne, recherchason alliance contre Roger , roi de Sicile ’leur ennemi commun. Ce prince Normandétruisoit la domination Allemande d 3 * 1sltalie , tandis que ses flottes ravageons?,toutes les côtes de la Grece. ConradManuel réunirent ensuite leurs forces p°jlchasser les Musulmans de la Palestine- *eurent dssoord quelques succès , s } aíS .jalousie du commandement en fit d imP ^cables ennemis. Manuel qui étoit au m"^