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ces deux idées d’un fèul coup , 8c Ce lesrendre présentes en même temps.
Quand on compare, par exemple, deuxpieces de monnoie , ou on les regarde Tune8c l’autre d’un seul coup-d’œil, ou sonconserve sidée de la premiere qu’on a vue ,& on la consulte dans le temps qu’on jetteles yeux fur la seconde ; car íi son n’avoitplus d’idée de cette premiere , il ne seroitpas possible de décider si elle est egale a laseconde , ou si elle en différé.
Deux objets peuvent nous être présens enmême temps , lans que nous les compa-rions : il y a donc un acte de sesprit quifait la comparaison ; 8c c’est cet acte quiconstitue selsence de ce qu’on appelle rela-tion , rapport , lequel acte est tout entierchez nous.
Comme en comparant des objets ensem-ble , il régné entr’eux divers rapports defigure , d etendue , de durée, 8c (saturesáccidens, on se sert de ces rapports enqualité d’images & d exemples pour illus-trer ses pensées, soit en conversation , soitpar écrit : mais il ne fàut pas leur donnerune valeur plus étendue, ni prendre les si-militudes pour des identités ; ce soroit unesource féconde d’erreurs 8c de méprises,dont on doit «fautant plus se garder , quenous sommes naturellement disposés à ydonner notre acquiescement. Il est commo-de à sesprit humain de trouver dans uneidée familière , simage ressemblante d’unobjet nouveau : voilà pourquoi res imagesqui roulent sor les rapports lui plaisent ; &comme il les aime , parce quelles lui épar-gnent du travail, il ne se fatigue pas à lesexaminer , 8c il se persuade aisément-quelles font exactes. Bien-tôt il se livre auxcharmes de cette idée , qui ne peut cepen-dant tendre qu’à gâter k jugement, 8c àrendre sesprit faux.
Quelquefois même ce goût à chercherdes rapports de ressemblance, fait qu’onen suppose où il n’y en a point, 8c qu onvoit dans les objets tout ce que l’imagina-tion présente. Mais quand on ne suppose -roit rien , quand ces ressemblances existe-raient , quelqu’exactes quelles puissent êtreentre deux objets de différente espece, ellesne forment point une identité ; elles ne con-cluent donc rien en matière de raisonne-\
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ment. C est pourquoi la logique abandon-ne les images , les ressemblances , à la rhé-torique 6c à la poésie , qui s’en sont empa-rées fous le nom de comparaisons , pour enfaire le plus brillant usage, ainsi qu’on leverra dans l’article suivant. Cet article est deM. le Chevalier DE JAU court.
Comparaison , s. f. ( Rhét. & Poéf. )figure de rhétorique 8c de poésie, quisert à fomentent & à leclairciffement d’uudiscours ou d’un poème.
Les comparaisons sont appelées par Longin,8c pard’autres rhéteurs, icônes , c’est-à-direimages ou ressemblances. Telle est cetteimage , pareil à la foudre , il frappe , 8cc. ilse jette comme un lion , &C.Toute comparaisonest donc une espece de métaphore. Maisvoici la différence. Quand Homere ditqu Achille va comme un lion , c’est une com-paraison ; mais quand il dit du même hé-ros , ce lion s’élançait , c’est une métaphore.Dans la comparaison ce héros ressemble aulion ; 8c dans la métaphore , le héros est ur*lion. On voit par-là que quoique la compasraison se contente de nous apprendre à quoiune chose ressemble , sans indiquer íà na-ture , elle peut cependant avoir l’avantageau-deísosde la métaphore, d’ajoûter, quandelle est juste , un nouveau jour à la pensési Pour rendre une comparaison juste, nffaut i°. que la chose que son y employ esoit plus connue, ou plus aisée à conce-voir que celle qu’on veut faire connoître :i°. qu’il y ait un rapport convenable entresune 8c sautre : «5°. que la comparaison f°j ccourte autant qu’il est possible, 8c relevéepar la justesse des expressions. Aristote r e 'connoît dans fa rhétorique, que fi ^comparaisons sont un grand ornement dan 5• un ouvrage quand elles sont justes , elles Rrendent ridicule quand elles ne le sont p? s 'il en rapporte cet exemple ; ses jambes J° ntortues ainji que le persil.
Non seulement les comparaisons doivessêtre justes , mais elles ne doivent être 1basses , ni triviales, ni usées , ni misesnécessité, ni trop étendues, ni trop sosss srépetées. Elles doivent être bien chPr 1On peut les tirer de toutes sortes de8c de tous les ouvrages de la nature. ^doubles comparaisons qui sont nobles.bien prises i sont un bel effet en po^jz