Band 
Tome huitième.
Seite
761
JPEG-Download
 

COM

. Mais les ioix de la composition étant un peuÇltis vagues dans les autres peintures qued ^ns riiistorique, c'est à celle-ci, sur-tout,51 u e nous nous attacherons , observant feu-lent de répandre dans le cours de cet arti-les réglés communes à la représentationtous les sujets, historiques ou poétiques.

Vunité de temps en peinture. La loi dec ette unité est beaucoup plus sévere encorePour le peintre que pour le poëte : on ac-corde ’ ' - - - ■ -

trois heures que dure une représentation,tous les évènemens qui ont pû se succédernaturellement dans l’efpace d'un jour. Maisle peintre n a qu’un instant presqu’indivi-uble ; c est à cet instant que tous les mou-v emens de fa compofhion doivent se rappor-ler : entre ces mouvemens , fi j’en remar-strre quelques-uns qui soient de l’inftantquiPrécede ou de Tinstant qui suit, la loi de* u nité de temps est enfreinte. Dans le mo-5) er >t où Calchas leve le cou-.eau fur le seinj Iphigénie , l’borreur , la compassion , laou eur , doivent se montrer au plus haute 8re lur les visages des aiïìftans; Clitem-Uest re furieuse s’élancera vers f autel , &'i e fforcera , malgré les bras des soldats quit retiendront, de saifir la main de Calchas,âe ssopposor entre ía fille & lui ; Aga-et tUion aura la tête couverte de son man-&Cm

p eut distinguer dans chaque action

e ,Multitude d’instans dissérens , entre les-c V e ! S U y auroit de la mal-adrestê à ne pas^u»i r le pl us intéreílànt ; c’est , selon la

/•Ure d u sojet, ou l’instant le plus pathéti-

^ 5 °u le plus gai, ou le plus comique ; à

trç ^que des loix particulières à la pein-

ïe e 11 e n ordonnent autrement ; que l’on

s! ulf jl1e ^oté de l’esset des couleurs, des

Síiì ,se ^ ^ âes lumières , de la disposition

tót| j a e âes figures, ce que l’on perd du

ce s p c hoix de l’instant & des circonstan-

de v J°P res à faction ; ou qu on ne croye

Un e c r soumettre son goût & son^ génie à

*j rtaine puérilicé nationale, qu’cn n h.o-

g-„^. Ue p°P souvent du nom de délicatejfe

P^rr-er' . "‘bien cette délicatesse qui ne

PouíTe jj° mt uux malheureux Philoctete de

7> es " lS articulés íur notre scelle, &J ume y m

COM

de se rouler à l’entrée de sa caverne, nebannit-elle pas d objets strcéressins de lapeinture !

Chaque instant a ses avantages Sc désa-vantages dans la peinture ; l’instant une sois.choisi, tout le reste est donné. Prodicuîsuppose qu’Hercule dans fa jeunesse , après,la défaite du sanglier d’£rimanth e , sot ac-cueilli dans un lieu solitaire de la sorêr parla déesse de la gloire & par celle des plaisirs,qui se le disputèrent : combien d’instans dif-ferens cette fable morale n’ossriroit-eíle pasà un peintre qui la choisiroit pour objet ? o ,en ccmposeroit une galerie. Il y a l’instantoù le héros est accueilli par les déesses ; l’ins-tant où la voix du plaisir Ce fut entendre ;celui où l’honneur parle à son cœur; l’ins-tant où il balance en lui-même la raison del'honneur & celle du plaisir ; l’instant où lagloire commence à l’emporter ; l’instant oùil est entierement décidé pour elle.

A l’aspect des dédies il doit être saisid’admiration & de surprise : il doit s’atten-drir à la voix du plaisir ; il doit s’enflammerà celle de l’honneur : dans l’instant où il ba-lance leurs avantages , il est rêveur, incer-tain , suspendu ; à mesure que le combatintérieur augmente, & que le moment dusacrifice approche, le regret, l’agitation ,le tourment, les angoiíìes, s’emparent delui : & pranitur rat'wne animus , vinciqueìáborat.

Le peintre qui manqueroit de goût aupoint de prendre l’instant où Hercule est en-tierement décidé pour la gloire , abandon-neroit tout le sublime de cette fable , Sc se-roít contraint de donner un air affligé à iadécile du plaifir qui auroir perdu sa eau le ;ce qui est contre son caractère. Le choix d’uninstant interdit au peintre tous les avantagesdes autres. Lorsque Calchas aura enfoncé lecouteau sacré dans le sein d’Iphigenie , iamere doit s’évanouïr ; les efforts qu este fe-roit pour arrêter le coup sont d un instantpassé : revenir sor cet instant d une minute,c’est pécher aussi lourdement que d antici-per de mille ans si.tr l avenir.

Il y a pourtant des occasions où la présenced un instant n’est pas incompatible avec destraces d’un instant passé : des larmes de dou-leur couvrent quelquefois un visage dont lajoie commence à s emparer. Un peintre

Ddddd