762 COM.
habile saisit un viíâge dans l'instant du pas-sage de lame d'une passion à une autre, &fait un chef-d'œuvre. Telle est Marie deMédicis dans la galerie du Luxembourg ;R ubens l'a peinte de maniéré, que la joied’avoir mis au monde un fils , n’a pointeffacé Impression des douleurs de l’en-fantement. De ces deux passions contrai-res , lune est présente, Sc 1 autre n est pasabsente.
Comme il est rare que notre ame soitdans une assiette ferme 8c déterminée, &qu'il s’y ‘ait presque toujours un combat dedifférens intérêts opposés, ce n'est pas aílêzque de savoir rendre une passion simple;tous les iii(tans délicats font perdus pour ce-lui qui ne porte son talent que jusque-là : ilne sortira de son pinceau aucune de ces figu-res qu'on n'a jamais aííez vues , 8c dans les-quelles on apperçoit fans celle de nouvellesfineílès à mesure qu'on les considéré : sescaractères seront trop décidés pour donnerce plaisir ; ils frapperont plus au premiercoup-d'ceil, mais ils appelleront moins.
Del’uniond* a?ion. Cette unité tient beau-coup à celle de temps : embrasser deux ins-tans, c'est peindre à-la-fois un même faitíòus deux points de vue différens ; fautemoins sensible, mais dans le fond plus lourdeque celle de la duplicité de sujet. Deux ac-tions ou liées, ou même séparées , peuventse passer en même temps, dans un mêmelieu ; mais la présence de deux instans diffé-rées implique contradiction dans le mêmefút ; à moins qu’on ne veuille considérer 1l'un & l’autre cas comme la représentationde deux actions différentes fur une mêmetoile. Ceux d entre nos poètes qui ne se sen-tent pas allez de génie pour tirer cinq actesintéressai s d'un sujet simple , sondent plu-sieurs actions dans une, abondent eh épiso-des , Sc chargent leurs pieces à proportionde leur stérilité. Les peintres tombent quel-quefois dans le même défaut. On ne niepoint qu'une action principale n’en. entraîned’accklentelles ; mais il faut que celles-cisoient des circonstances essentielles -à la pré-cédente : il faut qu’il y ait entr’elles tant deliaison Sc tant de subordination, que lespectateur ne soit jamais perplexe. Variez lemassacre des Innocens en tant de maniérésqu'il vous plaira; mais qu’en.quelqu’endroit.
COM
de votre toile que je jette les yeux, je remcontre par-tout ce massacre ; vos épisodes,ou m’attacheront au sujet, ou m’en écarte-ront ; Sc le dernier de ces effets est toujoursun vice. La loi d’unité d’action est encoreplus sévere pour le peintre que pour le poste.Uir bon tableau ne fournira guere qu’un ss"jet, ou même qu'une scene de drame; Sc uhseul drame peut fournir matière à cent ta-bleaux différens.
De Vunité de lieu. Cette unité est pl uSstricte en un sens Sc moins en un autre p° usle peintre que pour le poète. La scene estétendue en peinture, mais elle est plus uN-qu’en poésie. Le poète, qui n’est pas restre 1IlCà un instant indivisible comme le p elirtre, promene successivementl’auditeur d’fhappartement dans un autre ; au lieu que » ‘ epeintre s’est établi dans un vestibule , da 115une salle, sous un portique, dans une ca®'pagne, il n’en fort plus. Il peut à l'aide dejjjperspective agrandir son théâtre autant \le juge à-propos , mais íâ décoration relst'il n’en change pas. , .
De la subordination des figures. Il est cv ' 1dent que les figures doivent se faire re® ar fquer à proportion de l’intérêt que j'yprendre ; qu'il y a des lieux relatifs aux clí rconstances de faction, qu'elles doivent pc cl1per naturellement, ou dont elles doi vfêtre plus ou moins éloignées ; que chac u ,doit être animée Sc de la passion & du deS s gde passion qui convient à son caractère ;s'il y en a une qui parle, il faut que le s ^tues écoutent ; que plusieurs incerlocut- ^à-la-fois font dans un tableau un aussi la-vais effet que dans une compagnie ; q ue ^° i)5étant également parfait dans la nature, “ t
un
être
morceau parfait toutes les parties dost^-^e également soignées, &: ne déter®*attention que par le plus ou moins d'i®m ^tance seulement. Si le sacrifice d’Abrai^ ^étoit présent à vos yeux , le buiílbn c j £bouc n'y auroient pas moins de vérité stV csacrificateur Sc son fils ; qu'ils soient ^également vrais fur votre toile , Scgnez pas que ces objets subalternes tanégliger les objets importans. Ils ne P r ° oU ['sent point ces effets dans la nature , Pquoi le produiroient-ils dans l'imita n0i) Ivous en ferez ?
Des or ne mens , des draperies Sc uutf 2