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Tome huitième.
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autre différence que du plus ou du moins ;il s’ensuit que des noms 6c des signes parti-culiers font plus nécessaires à chacune de cescombinaisons distinctes, qu'à aucune autreeí'pece d’idées. La raison de cela est que sansde tels noms & signes qui les caractérisent,nous ne pouvons faire aucun usage des nom-bres en comptant, sur-tout lorsque la com-binaison est composée d une grande multi-tude d'unités ; car alors il seroit difficile,ou presque impossible, d'empccher que deces unités jointes ensemble fans avoir dis-tingué cette collection particulière par unnom & un signe précis, il ne s'en fasse unparfait chaos.

Céest-là la raison pourquoi certains peu-ples ne peuvent en aucune maniéré compterau-delà de vingt, de cent, de mille ; parceque leur langue, uniquement accommodéeau peu de besoins d 1 une pauvre 6c simplevie, iLa point de mots qui signifient vingt,cent, mille ; de forte que, lorsqu’ils fontobligés de parler de quelque grand nombre,ils montrent les cheveux de leur tête, pourmarquer en général une grande multitudequ ils ne peuvent nombrer.

Jean de-Léry quia été chez les Toupi-nambes, peuple sauvage de l’Amérique mé-ridionale au Brefil, nous apprend dans sonvoyage fait en la terre du Brefil, ch. xx.qiLils n avoient point de. nombre au-deíìusde cinq; 6c que loríqu'ils vouloient.expri-mer quelque nombre au - delà, ils mon-traient leurs doigts 6c les doigts des autrespersonnes qui étoient avec eux. Leur cal-cul n alloit pas plus loin ; ce qui prouve quedes noms distincts font absolument néces-saires pour compter ,. 6c que pour aller auxprogressions les plus étendues du calcul,les langues ont besoin de dénominationspropres 6c de signes propres , que nous ap-pelons chiffres , pour exprimer ces progres-sions. Or voici comment cela s’exéc.ute dansnotre langue.

Lorsquhl y a plusieurs chiffrés fur unemême ligne , pour éviter la confusion, onles coupe dé trois en trois par tranche , ouseulement on laisse un petit espace vuide >6c chaque tranche ou chaque ternaire a spnnom. Le premier ternaire s'appelle unité ;le second , mille ; le troisième , million ; lequatrième, billion le cinquième, trdlmn ;

COM

le sixième , quatrillion ; puis quintillion,tillion , septiilion ; ainsi de fuite , la délions'nation des nombres 6c des signes peut êtreinfinie.

Les enfans commencent assez tard à com'pter , 6c ne comptent point fort avant n 1d’une maniéré fort assurée, que long-teslisaprès qusils ont 1 esprit rempli de quantitéd autres idées; foie que d’abord il leur man-que des mots pour marquer les différentesprogressions des nombres, ou qu’ils nayet> cpas encore la faculté de former des idéescomplexes de plusieurs idées simples 6c dé-tachées les unes des autres; de les dispos 1dans un certain ordre régulier , 6c de les re-tenir ainsi dans leur mémoire, comme il efnécessaire pour bien compter. Quoiqu'il enloir, on peut voir tous les jours des enfin 1 *qui parlent 6c raisonnent assez bien, 6c on cdes notions fort claires de bien des choses,avant que de pouvoir compter juíqffà vin if"Il y a des personnes qui, faute de mémoff e>ne pouvant retenir différentes combinais 011 *de nombres, avec les noms qu on leur don llSpar rapport aux rangs distincts qui leur s° llCassignés, ni la dépendance d\me fi long 1 ' 2fuite de progressions numérales, dans I 3lation qu elles ont les unes avec les auf#*’font incapables durant toute leur vie °compter , ou de suivre régulièrement une ^fez petite suite de nombres : car quicompter quatre-vingt, ou.avoir unede ce nombre, doit savoir que soixa 11 ^dix-neuf le précede , 6c connoître le .ou le signe de ces deux nombres , selon q usont marqués dans leur ordre ; parce q llC ’dès que cela vient à manquer , il se fié 1breche, la chaîne se rpmpt, 6c. il n'y 3 P uaucune progression.

; Il est donc nécessaire, pour bien com Pf e a %i°. que 1 esprit distingue exactementidées , qui ne diffèrent Lune de Lautre íL,par Laddition ou la soustraction d'une lllll jfl j2°. qusi conserve dans la mémoire l^fnité. des différentes combinaisons depuis f ' j ajusqua ce nombre qu il a à compter , c •sans aucune confusion, 6c selon cet ° [ j eS .exact dans lequel les nombresuns les autres : J°- qu'il connoissè fuiserreur chaque chiffre ou ligne dist 111( j s 0 l-venté pour représenter précisément 3 ^A, section des diverses unités , qui ° llC